Cameroun - Atteinte à la liberté d’expression : Atanga Nji menace de fermer Le Jour
© Le Jour : Thierry Etoundi | 10 Mar 2020 01:29:00 | 14923Le ministre a également fait une mise en garde hier aux chaines de télévision Equinoxes et Stv qu’il accuse d’accompagner les Ong qui « discréditent » le Cameroun.
Hier 9 mars 2020 au cours d’un point de presse tenu à Yaoundé, le ministre de l’Administration territoriale, Paul Atanga Nji, s’en est ouvertement pris à certains organes de presse audio-visuelle et écrite. Pendant son allocution, le membre du gouvernement a déclaré : « pour me faire bien comprendre je vais employer cette métaphore bien connue. Celui qui vend les oeufs ne doit pas chercher la bagarre. Equinoxes Tv, Stv, Rdio balafon et le journal le Jour sont particulièrement et singulièrement interpellés. Le Cameroun n’a pas besoin d’une radio mille collines ».
Réagissant à la sortie de Paul Atanga Nji, Xavier Messe directeur de la chaine Humanitarian Tv a affirmé : « C’est une sortie maladroite qu’on ne peut pas enregistrer dans un système qui a pour intention d’aller vers une démocratie. Si le Cameroun a l’intention de démocratiser son système ce ministre ne mérite pas d’occuper son poste. Le Cameroun n’est pas un pays isolé, car ce qui se fait dans notre pays, a des répercussions dans le monde entier.
Les journaux ont relayé juste les informations et lorsqu’une Ong publie un rapport sur le Cameroun, la seule possibilité de répondre à ces Ong c’est de donner les arguments solides et contradictoires. Annoncer la fermeture des organes de presse ou qualifier un organe de radio mille collines est une réaction dictatoriale ».
Le ministre « dénonçait » à travers sa sortie certaines Ong qui selon lui accable le Cameroun, particulièrement les forces de défense par la publication des rapports « erronés ».Ce dernier affirme que, « ces Ong aux ordres ont reçu plus de cinq milliards de Fcfa des réseaux occultes à l’intérieur et à l’extérieur du Cameroun pour déstabiliser les institutions de la République, de diffuser régulièrement dans certains médias à leur solde et dans les réseaux sociaux, des informations tronquées pour discréditer la gestion de la crise dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest par le Gouvernement, de démontrer que le Cameroun ne serait pas en mesure de gérer les déplacés internes, de prouver par tous les moyens que la crise dans les deux régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest s’enlise et de montrer à travers de faux reportages que l’armée camerounaise poserait des actes contre les populations civiles », a-t-il martelé.
Le Minat a confié que le gouvernement détient des preuves irréfutables de connivence entre certaines Ong et des terroristes dans les régions où sévit la crise et qu’il a été découvert dans les convois humanitaires de certaines Ong, des armes et des munitions, des téléphones portables, des téléphones satellitaires Thuraya et des jumelles destinés aux terroristes.
Pour terminer, Paul Atanga Nji a invectivé les Ong en ces mots, « Je donne à chaque responsable d’Ong 60 jours pour déposer dans mes services, notamment à la direction des affaires politiques, les rapports d’activités des exercices 2017 – 2018 et 2018 – 2019. J’ose croire que ma déclaration de de jour constitue un nouveau départ et que chacun va travailler désormais dans le strict respect des objectifs déclarés et non avec des agendas cachés qui sont voués à l’échec et celui qui vend les oeufs ne doit jamais chercher la bagarre ».
Pour le ministre Paul Atanga Nji, ces Ong mise en cause sont : Human Rights, Watch , « Amnesty International , International Crisis Group, Ocha et le Redhac. En décembre dernier, Paul Atanga Nji avait affirmé devant les médias qu’un véhicule d’une agence humanitaire avait été intercepté dans la région du Nord-Ouest avec des armes. Mais il n’avait présenté aucune image de ce véhicule devant les médias.
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