CAMEROUN :: Brand Kamga déclaré non coupable :: CAMEROON
© Camer.be : Toto Jacques | 21 Jul 2026 18:53:45 | 535« Ce matin, Brand Kamga a été déclaré non coupable des faits de tentative d'enlèvement d'enfant, pour faits non établis » : c'est par ces mots que Me Hippolyte Meli, avocat du journaliste, a annoncé la relaxe de son client.
Il était accusé d'avoir tenté d'enlever un enfant à la sortie de l'école. Il clamait son innocence depuis six mois. Ce mardi 21 juillet 2026, le Tribunal de première instance de Yaoundé-Ekounou a tranché : Brand Kamga est déclaré non coupable.
Le journaliste et présentateur de l'émission Sans Tabou sur NAJA TV, arrêté le 19 janvier 2026 et incarcéré à la prison centrale de Kondengui, a finalement obtenu gain de cause. La justice a estimé que les faits reprochés n'étaient pas établis.
Mais cette affaire, qui a fait couler beaucoup d'encre et de salive sur les réseaux sociaux, n'est pas qu'une simple histoire judiciaire. Elle révèle les coulisses d'une enquête journalistique, une plainte instrumentalisée et une détention provisoire qui interroge sur la facilité avec laquelle un citoyen peut se retrouver derrière les barreaux.
Une arrestation qui avait choqué l'opinion
L'affaire remonte au 19 janvier 2026. Brand Kamga, journaliste à NAJA TV, est interpellé à la suite d'une plainte déposée par Annette Josiane Wandji Njikeu. Cette dernière l'accuse d'avoir tenté d'enlever son enfant à la sortie d'un établissement scolaire.
La gravité des faits allégués attire rapidement l'attention du public, alimentant un débat intense sur les réseaux sociaux et dans les milieux journalistiques. Brand Kamga, mari et père de famille, est immédiatement placé sous mandat de dépôt et écroué à la prison centrale de Kondengui.
Une démarche journalistique au cœur du dossier
Mais au fil de l'instruction, les éléments examinés par la justice conduisent à une tout autre lecture des événements. Selon les informations versées au dossier, Brand Kamga avait pris contact avec la plaignante dans le cadre d'un travail de vérification journalistique.
Le journaliste cherchait à confirmer une information selon laquelle Annette Wandji Njikeu aurait entretenu une relation avec un ressortissant français, Denis Gréard, dans l'espoir d'obtenir un voyage à l'étranger pour ses enfants. Toujours selon les éléments présentés devant la justice, cette prise de contact aurait été interprétée, ou instrumentalisée, comme une tentative de kidnapping.
Des révélations accablantes contre la plaignante
Le dossier a pris un tournant décisif lorsqu'un communiqué de l'avocat de Denis Gréard a retourné intégralement l'accusation. La plaignante s'est retrouvée au centre d'allégations graves qui sapent la crédibilité de sa plainte.
Il est allégué qu'elle aurait orchestré une falsification d'acte de naissance avec la complicité d'un agent public, payant 400 euros pour inscrire « père inconnu » tout en modifiant l'âge de l'enfant. Après avoir obtenu d'importantes sommes d'argent et un visa pour la France, elle aurait bloqué toute communication avec M. Gréard. La reconnaissance de paternité qu'elle avait obtenue a été annulée en juillet 2025 par la justice française pour fraude.
Selon des sources citées, elle se serait ensuite réfugiée au Nigeria.
Deux semaines de détention, puis une libération provisoire
À la suite de son arrestation, Brand Kamga a passé deux semaines en détention avant d'obtenir une liberté provisoire accordée le 3 février 2026 par le Tribunal de première instance de Yaoundé. Même après cette remise en liberté, les poursuites étaient restées en cours, maintenant le journaliste sous la menace d'une condamnation.
Me Hippolyte Meli, son avocat, a salué cette décision comme une « victoire sur les violences policières, sur les violences judiciaires et sur les forces tapies dans l'ombre et qui veulent faire taire le journaliste ».
Le verdict : relaxe pour faits non établis
Après plusieurs mois de procédure, le tribunal a rendu son verdict ce 21 juillet 2026. Brand Kamga est déclaré non coupable des accusations de tentative de kidnapping d'enfant. « Ce matin, Brand Kamga a été déclaré non coupable des faits de tentative d'enlèvement d'enfant, pour faits non établis », a écrit Me Hippolyte Meli sur ses réseaux sociaux.
Cette décision met officiellement un terme à une affaire qui avait largement alimenté les débats au Cameroun depuis plusieurs mois.
Une affaire qui interroge sur la liberté de la presse
Au-delà du cas individuel, l'affaire Brand Kamga soulève des questions fondamentales sur la liberté de la presse et la facilité avec laquelle des dénonciations calomnieuses peuvent conduire à une détention.
Jean Bruno Tagne, directeur général de NAJA TV, avait pris publiquement position en faveur de son collaborateur dès janvier 2026, dénonçant « la légèreté et la facilité avec lesquelles un magistrat décide d'écrouer un homme pour une accusation aussi grotesque ».
Le Committee to Protect Journalists (CPJ) avait également appelé les autorités camerounaises à libérer immédiatement Brand Kamga, soulignant les risques pour les journalistes exerçant leur métier au Cameroun.
Un signal pour la justice camerounaise ?
L'affaire est devenue un test de crédibilité pour l'institution judiciaire camerounaise. En relaxant Brand Kamga, le tribunal a démontré sa capacité à s'autocorriger face à des preuves accablantes.
Reste à savoir si des poursuites seront engagées contre la plaignante pour dénonciation calomnieuse. L'avocat de Brand Kamga envisageait déjà, en janvier 2026, un mandat d'arrêt international contre Annette Wandji Njikeu.
Qu'en pensez‑vous ? Ce verdict est‑il juste ? La justice camerounaise a‑t‑elle bien fait de relaxer Brand Kamga ?
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#Cameroun #BrandKamga #Justice #LibertéDeLaPresse #NAJATV #KondenguiLire aussi
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