Cameroun - Ce comptable qui «touche» le salaire d’un militaire
© Kalara : louis Nga Abena | 15 Nov 2019 00:38:00 | 7631En jugement devant le TCS pour un supposé détournement de 187 millions de francs, il est soupçonné d’être le cerveau d’un réseau de trafic de salaire à la Fonction Publique.
La situation de Jean David Ona Ebo se complique devant le Tribunal criminel spécial (TCS). Alors que le concerné, ancien chef service de la comptabilité de la perception de Yaoundé-Ngoa Ekelle est en jugement pour un supposé détournement de la somme de 187 millions de francs, l’accusation vient de verser des éléments supplémentaires pour le noircir davantage. Outre les faits au centre de ce forfait, M. Ona Ebo est désormais soupçonné d’être impliqué dans un réseau de fraude de salaires à la Fonction publique.
Le 6 novembre dernier, M. Mbang Oliboko, le représentant du ministère des Finances (Minfi) partie civile (victime) dans la procédure a profité du contre interrogatoire de l’accusé pour alourdir les charges. Certaines de ses questions tendaient en fait à démontrer que le mis en cause serait au centre d’un autre forfait. En effet, l’accusé est un contractuel d’administration, et percevrait un salaire de 90 mille francs. Mais depuis ses démêlés avec la justice, ce salaire a été suspendu en 2015 par le ministre des Finances après sa «mise en détention provisoire» à la prison de Kondengui.. En dépit de la mesure du Minfi, M. Ona Ebo aurait continuer de toucher le salaire d’un militaire du grade d’adjudant dans un compte ouvert dans les livres de la microfinance dénommée Cepi.
«Comment depuis 2015 à décembre 2018, période pendant laquelle le ministre des Finances a fait suspendre votre salaire du fait de votre détention, vous percevez le salaire d’un adjudant de l’armée de terre ? Et de janvier à avril 2019 celui de contractuel d’administration ?» Répondant à ces interrogations, M. Ona Ebo déclare qu’il a été recruté dans la Fonction publique comme cadre contractuel en 1999. Il a ouvert un compte courant dans les livres de la Cepi «agence centrale » où son salaire est viré. Il avoue qu’après la décision du Minfi suspendant son salaire, il a continué de percevoir son salaire à travers sa carte bancaire «une ou deux fois».
«Sur la question, j’avoue que j’étais au courant de cette situation. Je touche mon salaire à la banque comme je suis régulièrement sur découvert. Maintenant que vous me le faites savoir, je vais prendre des dispositions pour remédier à la situation.» Pour le confondre, le représentant du Minfi a versé aux débats 46 bulletins de solde des salaires décriés. Le tribunal a admis «en la forme» les documents présentés par le représentant du Minfi comme pièce à conviction.
Stabilité financière
S’agissant des faits au centre de l’affaire, il est reproché à M. Ona Ebo d’avoir procédé à l’enregistrement de plusieurs faux bons de commande lorsqu’il occupait le poste de chef de service de la comptabilité à la perception de Yaoundé Ngoa-Ekelle en 2012. Ce qui aurait facilité le décaissement des fonds litigieux. Selon l’accusation, M. Ona Ebo aurait autorisé le paiement des bons litigieux sur des «lignes budgétaires épuisés» c’est-à-dire sans crédit. Le forfait a été découvert après l’affectation de l’accusé à Akonolinga. L’accusation estime que le mis en cause était la seule personne au moment des faits à recevoir et à traiter les bons de commande litigieux qu’il transmettait au percepteur pour validation, puis suivait le paiement.
Pour sa défense, M. Ona Ebo affirme qu’à l’époque des faits, la perception disposait de cinq ordinateurs auxquels les employés du service avaient accès. «Chacun avait accès aux données que lui permettait d’avoir son profil. Le portail des camerounais de Belgique. C’est le percepteur qui administrait les profils». Il indique que le traitement des bons de commande ne nécessitait pas toujours la présence du prestataire. «C’est le percepteur qui recevait les prestataires au moment du paiement». Le ministère public lui a demande s’il était possible que ses collègues utilise les éléments de sa machine. L’accusé répond par l’affirme en précisant qu’il transmettait souvent les dossiers traités au percepteur à l’aide d’une clef USB accompagnés de pièces physiques.
Le ministère public a rappelé à l’accusé qu’il a approuvé les résultats de la mission de vérification. M. Ona Ebo s’est ravisé en réclamant qu’on lui présente les documents querellés «pour voir si un élément a été mal saisi». L’accusé indique qu’il procédait à certaines «interventions » en faveur des usagers en contreparties de pourboires qui lui assurait «une stabilité financière» à la fin des mois. L’audience reprend le 22 novembre prochain pour les réquisitions finales du ministère public.
Pour plus d'informations sur l'actualité, abonnez vous sur : notre chaîne WhatsApp
Lire aussi
- Douala 5e : une femme enceinte meurt électrocutée à Bonabo
- SYNIES : « Pas de mandat », Bamenda et Buea recadrés
- Douala : le calvaire des familles face aux frais de morgue
- Inondations Douala 5e : Sable et Bonamoussadi sous les eaux
- 25 ans après, New York commémore le 11 septembre 2001 au Pentagone
LE DéBAT
- Afrique -Débat: Pourquoi la crise anglophone persiste au Cameroun?
- Divorces dans la diaspora camerounaise en Europe : explications ?
- Quand est-ce les Camerounais prendront enfin leurs responsabilités pour la gestion de leur équipe?
- Afrique : Quel droit à l'image pour les défunts au Cameroun ?
- Canada - Cameroun, Liberté de manifestation partisane au Cameroun : Encore une incurie liberticide de Biya Paul ?
POINT DU DROIT
- La problématique du changement de nom en droit comparé
- Les étapes et les frais de procédure du morcellement d'un terrain au Cameroun
- L'obtention d'un titre foncier au Cameroun à l'issue d'une vente de terrain
- Le jugement supplétif de rectification d'acte de naissance au Cameroun
- La procédure d'achat d'un terrain titré dans la ville de Yaoundé
partenaire
Vidéo de la semaine
Nadine de Liège: Retour triomphal à Lille Août 2026
Flore de Lille prépare son 06 Novembre 2026 à Sarcelles près de Paris
TEETY TEZANO à STRASBOURG Juillet 2026
AZIZ MOUNDE: HOMMAGE A ALAIN LE MIGNON
GASTON KELMAN décrypte NDAP BIKOKOO à Paris
Vidéo
Jeunesse engagée : retour sur la finale du Challenge PDF à Bruxelles
WILFRIED EKANGA À BRUXELLES : Il explique les objectifs du PDF, du MRC et les défis à venir
Charlotte Dipanda en concert à Bruxelles : une soirée qui restera dans les mémoires
Charlotte Dipanda au Cirque Royal : une première historique pour la musique camerounaise
Assassinat d'Anicet Ekanè : les révélations de sa sœur
il y a une semaine
Afrique - Sahel : Moscou accuse Paris et Kiev de soutenir les djihadistes
Cameroun - Douala : 2 bandits tués par la foule après un braquage
Cameroun - Drame à Balessing : une mère de 28 ans assassinée ?
Succession dynastique au Cameroun : le scénario secret
Cameroun - Affaire Martinez : la guerre des vérités éclate
il y a un mois
Maroc - LIONNES INDOMPTABLES : ELLES ONT BRISÉ LE SIGNE INDIEN EN BATTANT LE NIGERIA
Iran : les 6 conditions qui font trembler Washington
États-Unis - Trump a fui la Turquie caché dans un camion de restauration
Cameroun - Général Beko'o Abondo : l'arbitre de la guerre des clans
Cameroun - Johann Sitchom : de l'Église à la prison de Kondengui
il y a un an