Sur le jeu de dupes de M. Alain Foka au Cameroun
© Correspondance : Olivier J. Tchouaffe, PhD, Porte-parole du CL2P | 26 Aug 2019 09:10:00 | 3360Un journaliste peut-il prétendre être trop intelligent pour son propre bien en cette période particulièrement sensible et dangereuse au Cameroun? De manière générale un journaliste qui estime suivre la déontologie de sa profession doit au moins être précis. C’est Albert Camus qui a dit un jour que nommer mal les choses c’est ajouter au malheur du monde.
M. Foka a prétendu que la déontologie journalistique expliquait son silence sur le Cameroun. Par conséquent, appeler « agitateurs» des Camerounais ordinaires et les lanceurs d’alertes qui se soucient de leur pays et luttent au prix de leurs vies respectives pour faire cesser les multiples violations des droits humains commises par le gouvernement, plutôt que les nommer (ce qu’ils sont) des activistes des droits humains est non seulement désobligeant mais choquant. Car M. Foka refuse délibérément de s’enquérir des informations et des réquisitoires politiques exposées par ceux-ci, préférant se limiter à leurs origines sociales et/ou leurs opinions politiques. Il est vrai que Mr. Foka se voit et voudrait qu’on le voit comme un journaliste ô combien intègre, même s’il en est autrement. Mais il faut reconnaître qu’il fait partie en réalité d’un système archaïque devenu littéralement fou. Un système qui n’est plus contrôlé par la profession comme il le voudrait. Notamment parce que les nouveaux médias qui émergent du numérique, dont l’entrée et l’utilisation nécessitent peu de moyens, viennent concurrencer les grands médias parfois sous la tutelle diplomatique donc politique, comme RFI pour lequel Mr. Foka travaille prioritairement à destination de l’Afrique francophone. Aussi devront-ils rapidement revoir leur logiciel paternaliste, au lieu de s’en prendre inutilement aux “agitateurs.”
En fait, les organisations médiatiques qui refusent aujourd’hui délibérément de faire la promotion des droits de l’Homme ne font pas leur travail correctement.
En plus, faire des commentaires stupides et exagérés avec des termes comme « agitateurs » ne fera pas de bien à M. Foka ou à sa cause. C’est certes son droit de ne pas souscrire à l’idée de se battre pour les droits de l’Homme au Cameroun, mais c’est proprement idiot de penser que comparer les activistes des droits de l’Homme à de simples « agitateurs » est le moyen le mieux indiqué pour les amener à écouter voire partager son point de vue. Indépendamment de ses intentions, tout ce que M. Foka a fait dans son entretien polémique consistait à semer la division – et à être absolument certain que les « agitateurs » (comme il les appele de manière méprisante) et même le public visé ne suivraient pas son opinion.
En effet, M. FOKA, il est important que vous compreniez personne ne vous demande d’avoir un parti pris sur votre pays d’origine (Le Cameroun), mais d’être aussi réactif et objectif sur la tyrannie qui y sévit depuis 37 ans, avec son lot de mal gouvernance chronique, de massacres des populations civiles, de privations des libertés, et surtout de répression systémique …Comme vous le faîtes sur tous les autres pays africains.
Sinon il s’agit effectivement d’un silence pour le moins complaisant voire complice de la part d’un professionnel des médias.
Car il faut rappeler à M. Foka qu’un média d’information publique est essentiel au fonctionnement des droits de l’Homme et de la démocratie.
La couverture médiatique rapporte et met en valeur les informations et les récits qui façonnent les attentes du public et motivent les décisions publiques, et elle identifie des voix faisant autorité et « dignes » pour témoigner. Les médias publics mènent des enquêtes et demandent des comptes à des acteurs puissants. Leur analyse fournit une grille d’analyse et un cadre cohérent pour l’interprétation des événements complexes. Les médias renforcent l’empathie sociale en parlant aux autres des autres. Ils fournissent un forum social de dialogue et mobilisent les gens à travers des campagnes et des programmes d’information. Les médias font également la promotion des droits de l’Homme en mettant en lumière les violations et en approuvant des politiques conformes aux Conventions internationales signées puis ratifiées par les États. Le travail des médias libres incarne à suffisance le droit humain à la liberté d’expression en action.
C’est en ce sens, pour une question de citoyenneté et de démocratie, que les institutions doivent se ressaisir dans une période où des hommes et femmes politiques ne souhaitent pas donner les clés pour se faire comprendre. Ils sentent que ça donnerait beaucoup de pouvoir à cette base “d’agitateurs” dont ils se sont éloignés. Au contraire, l’éducation aux médias recrée du lien, du débat, atténue et même soigne la grande coupure entre la culture des élites et la culture populaire.
Parce que la culture des médias, c’est la culture populaire. Ce que tout le monde consomme mais méprise. Et c’est un incroyable outil de socialisation, qui permet de comprendre la société, donc d’agir dessus.
Pour plus d'informations sur l'actualité, abonnez vous sur : notre chaîne WhatsApp
Lire aussi
LE DéBAT
- Afrique -Débat: Pourquoi la crise anglophone persiste au Cameroun?
- Divorces dans la diaspora camerounaise en Europe : explications ?
- Quand est-ce les Camerounais prendront enfin leurs responsabilités pour la gestion de leur équipe?
- Afrique : Quel droit à l'image pour les défunts au Cameroun ?
- Canada - Cameroun, Liberté de manifestation partisane au Cameroun : Encore une incurie liberticide de Biya Paul ?
POINT DU DROIT
- La problématique du changement de nom en droit comparé
- Les étapes et les frais de procédure du morcellement d'un terrain au Cameroun
- L'obtention d'un titre foncier au Cameroun à l'issue d'une vente de terrain
- Le jugement supplétif de rectification d'acte de naissance au Cameroun
- La procédure d'achat d'un terrain titré dans la ville de Yaoundé
partenaire
Vidéo de la semaine
Flore de Lille prépare son 06 Novembre 2026 à Sarcelles près de Paris
TEETY TEZANO à STRASBOURG Juillet 2026
AZIZ MOUNDE: HOMMAGE A ALAIN LE MIGNON
GASTON KELMAN décrypte NDAP BIKOKOO à Paris
HERVE MATHOUX SON REGARD SUR LE FOOT AFRICAIN SES 10 DERNIRERE ANNEES
Vidéo
Jeunesse engagée : retour sur la finale du Challenge PDF à Bruxelles
WILFRIED EKANGA À BRUXELLES : Il explique les objectifs du PDF, du MRC et les défis à venir
Charlotte Dipanda en concert à Bruxelles : une soirée qui restera dans les mémoires
Charlotte Dipanda au Cirque Royal : une première historique pour la musique camerounaise
Assassinat d'Anicet Ekanè : les révélations de sa sœur
il y a une semaine
Monde Entier - David Lemos : « Le Mondial 2026 est le plus mercantile »
Espagne-Argentine : Ferran Torres offre la 2e étoile à la Roja
Monde Entier - Coupe du monde 2026:Kylian Mbappé termine meilleur buteur du tournoi avec 10 buts
France - Angers célèbre la solidarité : Tina Still réussit le pari d'un gala historique
Cameroun - Paul Biya : pourquoi les États-Unis et la France divergent
il y a un an