Tchad: l'agression contre un avocat paralyse l'appareil judiciaire :: CHAD
© Source : Xinhua | 01 Jun 2018 13:13:27 | 6986Les avocats, notaires et huissiers de justice tchadiens ont entamé ce jeudi une grève d'une semaine dans tout le pays pour protester contre l'agression contre un avocat il y a une dizaine de jours au sud du pays. Ils sont soutenus par les magistrats, déjà en grève.
Tout est parti le 22 mai 2018 à Doba, le chef-lieu de la région pétrolifère du Logone oriental, au sud du Tchad. Ce jour-là, le tribunal de grande instance de Doba a relaxé trois prévenus poursuivis pour complicité d'association de malfaiteurs. Leur conseil, Doumra Manassé, s'est rendu à la maison d'arrêt de la ville, muni de trois ordres de mise en liberté délivrés par le juge, pour leur élargissement. En quittant la prison, l'avocat et ses trois clients ont essuyé des tirs nourris de gendarmes, arrivés dans trois véhicules et conduits par le commandant de la légion de gendarmerie de la région. Les gendarmes sont entrés dans l'enceinte du palais de Justice où ils ont passé à tabac les trois prévenus fraichement libérés, enfermé les magistrats et avocats qui se trouvaient sur les lieux et suspendu les audiences.
Les gendarmes sont repartis, emportant les trois hommes relaxés. Vingt-quatre heures plus tard, deux ont été relâchés et le troisième est toujours entre leurs mains, "dans un endroit ignoré de tous, sauf eux", a affirmé Emmanuel Djimadoum Koumtog, secrétaire général de l'Ordre des Avocats du Tchad, au cours d'une conférence de presse conjointe organisée mercredi soir.
Les trois prévenus ont été arrêtés en août 2017, soupçonnés de complicité avec les coupeurs de routes ou bandits de grands chemins.
Selon le secrétaire général de l'Ordre des Avocats du Tchad, le tribunal de Doba a convoqué le commandant de la légion et son adjoint, le sous-préfet, le gouverneur, plusieurs fois, mais personne ne s'est pas présenté à la justice parce qu'il n'y avait pas d'argument à opposer. Le tribunal, estimant que les faits n'étaient pas avérés, a fini par relaxer les trois prévenus pour infraction non constituée.
Dans ce dossier, il n'y a jamais eu de parties civile; les avocats, notaires et huissiers expriment leur surprise que le gouverneur de la région du Logone oriental soit en train de "se fabriquer des témoins pour essayer de se justifier". "On n'a jamais fait état d'une partie civile quelconque dans la procédure qui était ouverte et close. La constitution de partie civile peut intervenir à tout moment, mais avant la clôture des débats. C'est maintenant qu'une décision est rendue que le gouverneur se fabrique des parties civiles", a martelé Elysée Eldjimabye Mbaihoudou, président de la Chambre des huissiers du Tchad.
Au cours d'une réunion organisée mercredi à Doba, le gouverneur de la région, Adam Nouky Charfadine, a resté droit dans ses bottes et martelé que le présumé brigand relâché sera maintenu en prison. "Quelqu'un de très dangereux comme ce coupeur de routes, un chef de gang, un coordonnateur de toutes les actions de malfrats dans la zone, le laisser en dehors de la prison, c'est trahir la confiance du chef de l'Etat", a-t-il expliqué.
Une mission du ministère de la Justice, chargé des Droits de l'homme, a été dépêchée à Doba pour situer les responsabilités. On promet que s'il y a une petite erreur dans la procédure, les responsabilités payeront.
Réunies mercredi en assemblée générale extraordinaire, les trois professions judiciaires libérales ont décidé de cesser leurs activités sur toute l'étendue du territoire national, à compter de ce jeudi et jusqu'au 6 juin 2018.
"Dans cet intervalle, si le gouverneur de la région du Logone oriental et le commandant de la Légion de Gendarmerie de Doba ne sont pas relevés de leurs fonctions, une marche pacifique en robe sera organisée, après évaluation. Nous sommes prêts à mourir lors de cette marche pacifique pour faire entendre notre cause", a déclaré Emmanuel Djimadoum Koumtog.
Après avoir déposé une plainte auprès du parquet général de Moundou, contre le gouverneur du Logone oriental, le commandant de Légion de Gendarmerie et leurs complices, les avocats, notaires et huissiers entendent adresser une lettre ouverte au chef de l'Etat, pour dénoncer les multiples agressions dont sont victimes les acteurs judiciaires, et lui demander une audience pour des explications détaillées de leurs difficultés à exercer.
Le 29 mai, le Syndicat autonome des magistrats du Tchad (SYAMAT), réuni en assemblée nationale au Palais de justice de N'Djaména, ont également réclamé la suspension du gouverneur du Logone oriental qu'ils qualifient de "récidiviste", et sa mise à la disposition de la justice. Pour les magistrats, les tirs contre l'avocat et ses trois clients, constituent un acte de rébellion, une violation du tribunal de Doba et une résistance à l'action judiciaire.
Le ras-le-bol des magistrats, avocats, notaires et huissiers intervient alors que le Tchad est frappé par une nouvelle grève sèche et illimitée, déclenchée depuis le 28 mai par les principales organisations syndicales du pays. Les secteurs publics (écoles, hôpitaux et tribunaux notamment) sont fermés ou tournent au ralenti.
Pour plus d'informations sur l'actualité, abonnez vous sur : notre chaîne WhatsApp
Lire aussi
:: SNH : Me Akéré dévoile un scandale de 10,5 millions d'euros
:: Pont Mayo-Palar : un camion gros porteur bascule à Maroua
:: Affaire Mengue : verdict renvoyé au 27 juillet
:: Baongla arrêté : le « fils » de Biya interpellé
:: Exploitation illégale de l'or : Steven Nbienou Kouadjo dément tout lien avec le secteur aurifère
LE DéBAT
Afrique -Débat: Pourquoi la crise anglophone persiste au Cameroun? :: AFRICA
AFRIQUE :: Divorces dans la diaspora camerounaise en Europe : explications ? :: AFRICA
AFRIQUE :: Quand est-ce les Camerounais prendront enfin leurs responsabilités pour la gestion de leur équipe? :: AFRICA
Afrique : Quel droit à l'image pour les défunts au Cameroun ? :: AFRICA
Canada - Cameroun, Liberté de manifestation partisane au Cameroun : Encore une incurie liberticide de Biya Paul ?
POINT DU DROIT
CAMEROUN :: La problématique du changement de nom en droit comparé :: CAMEROON
Les étapes et les frais de procédure du morcellement d'un terrain au Cameroun :: CAMEROON
L'obtention d'un titre foncier au Cameroun à l'issue d'une vente de terrain :: CAMEROON
Le jugement supplétif de rectification d'acte de naissance au Cameroun :: CAMEROON
CAMEROUN :: La procédure d'achat d'un terrain titré dans la ville de Yaoundé :: CAMEROON
partenaire
Vidéo de la semaine
TEETY TEZANO à STRASBOURG Juillet 2026
AZIZ MOUNDE: HOMMAGE A ALAIN LE MIGNON
GASTON KELMAN décrypte NDAP BIKOKOO à Paris
HERVE MATHOUX SON REGARD SUR LE FOOT AFRICAIN SES 10 DERNIRERE ANNEES
Dr Christian TCHAM entretien après la conférence de presse à Paris
Vidéo
Jeunesse engagée : retour sur la finale du Challenge PDF à Bruxelles
WILFRIED EKANGA À BRUXELLES : Il explique les objectifs du PDF, du MRC et les défis à venir
Charlotte Dipanda en concert à Bruxelles : une soirée qui restera dans les mémoires
Charlotte Dipanda au Cirque Royal : une première historique pour la musique camerounaise
Assassinat d'Anicet Ekanè : les révélations de sa sœur
il y a une semaine
CAMEROUN :: Nécrologie : Le Général de Brigade EZO'O MVONDO Simon tire sa révérence :: CAMEROON
CAMEROUN :: VBG : Le Minproff et Plan International Cameroon plaident pour l'adoption d'une loi
Body filler au Cameroun : le médecin qui dénonce est menacé :: CAMEROON
FRANCE :: À STRASBOURG, LE NDÉ CÉLÈBRE SA CULTURE, SON UNITÉ ET LE VIVRE-ENSEMBLE
FRANCE :: STRASBOURG : QUAND LA DANSE FOLKLORIQUE RÉVEILLE LES SOUVENIRS ET FAIT VIBRER L’ALSACE
il y a un mois
Biya en clinique suisse : et les hôpitaux camerounais ? :: CAMEROON
MONDE ENTIER :: Coupe du monde de la FIFA : la Colombie affronte la RDC :: WORLD
CAMEROUN :: Baloum : le chef, son fils et sept complices présumés en garde à vue :: CAMEROON
CAMEROUN :: Paul Biya, « prédateur de la liberté de la presse » :: CAMEROON
CAMEROUN :: « L'illettré » a réussi là où les « grands professeurs » ont échoué :: CAMEROON
il y a un an