Les petits pas du e-commerce au Cameroun :: CAMEROON
© Le Jour : Elsa Kane | 14 Jan 2017 05:30:28 | 19157Dans un contexte économique difficile où l’usage du cash l’emporte largement sur la technologie, des acteurs du secteur ont réussi à proposer des services de qualité.
Avec une population estimée à 23,63 million d’habitants, un taux de pénétration d’internet de 20 % pour 2,61 millions internautes, le Cameroun attire de plus en plus les acteurs du e-commerce. La vente en ligne d’articles divers s’est développée dès 2013 avec l’ouverture de plusieurs sites. Il s’agit parfois des agences de grands groupes internationaux ou panafricains. C’est le cas de « Jumia Markets » fondé en 2012 au Nigéria par Tunde Kehinde et Raphael Afaedor. La branche camerounaise fait partie des 20 agences dispersées en Afrique Centrale, de l’Ouest et au Maghreb.
Le site compte 254 bureaux de postes sur l’ensemble du territoire camerounais. « Jumia Markets » qui s’appelait « Kaymu » avant juin 2016 se présente comme une vaste galerie commerciale où on vend un peu de tout. De l’électroménager et la technologique (Smartphones, téléphones portables, téléviseurs, tablettes, ordinateurs). De la mode (vêtements, chaussures, montres, sacs), des articles de beauté (huiles, parfums, maquillage), de la décoration pour maison (vaisselle, produits ménagers, ameublement), etc.A côté de ce géant panafricain, il y a « Wandashop », l’un des premiers sites de e-commerce camerounais créé en 2013 par une jeune femme, Anaise Tchienda.
« Wandashop » propose en plus la vente des biens culturels (Cd, Dvd, livres), de la boisson (vin, whisky, cognac). Tandis que sur « Kerawa », lancé en 2008 par Nino Njokpou, on peut acheter des biens immobiliers, des terrains, des produits hight-tech et l’automobile. A la fois site de e-commerce et de petites annonces, il propose aussi des offres de location.
Le cyberconsommateur camerounais
Pour faire des achats sur ces différentes plates-formes, le processus est généralement le même. « Il faut aller sur le site de son choix, créer un compte client ensuite choisir son ou ses articles, les mettre dans le panier virtuel. Puis valider l’achat, le mode de paiement et l’adresse de livraison », explique Didier Kuitcheu, un habitué des achats en ligne.
Au moins trois modes de paiements sont proposés par les sites installées au Cameroun : le payement par carte bancaire, par mobile money. Les entreprises ont ajouté le paiement à la livraison pour coller aux réalités du pays où le taux de bancarisation reste encore faible. Pour Beaugas-Orain Djoyum, directeur de l’agence de veille stratégique, Ict Média Stratégies, on ne peut pas encore parler d’un secteur de e-commerce dynamique avec la fermeture de l’agence du site français « C-Discount » en 2016.
Il reconnait cependant que la tendance est plutôt progressive. Certains acteurs ont su s’imposer et fidéliser des clients en offrant des services où le rapport qualité-prix est jugé satisfaisant. «C’est vrai que les délais de livraison sont souvent longs. Je trouve cependant les prix assez abordable pour les bourses modestes. Il y a des articles vendus à partir de 10 000 F Cfa parfois moins. Il y a un an, j’ai acheté un appareil photo numérique Canon à 50 000 F Cfa. Il fonctionne toujours », apprécie Roger Lontchi. Ces cyberconsommateurs se recrutent selon Beaugas-Orain Djoyum au sein des classes moyennes. Particulièrement parmi les 25-44 ans habitués à l’usage des tics.
Plusieurs études menées par les observateurs des start-up et les entreprises de e-commerce ellesmêmes indiquent les hommes font plus d’achats en ligne que les femmes. Et contrairement à ce qu’on pourrait penser, les camerounais sont fidèles aux sites où ils ont déjà effectué une transaction (achat).
Le high-tech à la côte
En 2016, les produits les plus vendus sur internet sont les téléphones, les tablettes, les ordinateurs viennent ensuite les produits électroménagers, de mode et de beauté. Douala, Yaoundé et Maroua s ont les places fortes du e-commerce. Pour autant : « la rentabilité n’est pas encore au rendez-vous et peu d’acteurs enregistrent des chiffres d’affaires annuels importants », analyse le Dg d’Ict Média Stratégies.
Un manque de dynamisme du à plusieurs facteurs. « Le premier frein à l’essor du ecommerce est d’ordre culturel. Les africains en général sont plus rassurés quand ils détiennent leur argent en main, touchent et palpent le produit et entre directement en sa possession. Payer en ligne et attendre la livraison fait peur à certains », explique Beaugas-Orain Djoyum.. Autres freins, le faible l’accès à l’énergie électrique et surtout le coût d’internet jugé onéreux par les sites de e-commerce. Malgré tout l’avenir s’annonce radieux pour la vente en ligne au Cameroun. L’engouement des africains pour les Smartphones, la montée en puissance du paiement mobile sont des atouts à exploiter par les acteurs du secteur.
« Il est important que les promoteurs de ces plates-formes sensibilisent sur les avantages du e-commerce en proposant davantage des réductions et des bonus », recommande Beaugas-Orain Djoyum. « Le payement en ligne doit aussi être sécurisé pour arssurer les clients », ajoute Didier Kuitcheu.
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