Cameroun - Lobbying : Les chefs ignorent le problème anglophone
© Le Jour : Assongmo Necdem | 10 Jan 2017 01:00:31 | 4680Réunis en conseil exécutif national, Les autorités traditionnelles ont adressé une motion de soutien à Paul Biya.
A l’hôtel Mont Febe ce samedi 7 janvier 2017, il fallait adopter un pas mesuré et le geste modéré. Surtout lorsqu’on se retrouvait sur le chemin d’un roi bamiléké, d’un lamidot du Grand nord, d’un Fon du Nord-Ouest ou encore d’un Nkukuma du Centre, du Sud ou de l’Est, etc. A défaut de leur faire la révérence, il fallait s’éclipser ou éviter de trop se rapprocher. Dans tous les cas, la suite du chef était là pour vous rappeler que vous n’avez pas affaire à n’importe qui. Il y avait réunis en ces lieux des chefs traditionnels du Cameroun comme on n’en voit pas souvent. Dans leurs atours traditionnels, ils ne pouvaient guère passés inaperçus.
Untel arborant une grande gandoura assortie d’une cape. Un autre vêtu d’une veste ou d’un boubou taillé dans l’obom, cette écorce d’arbre bien connue par les peuples de la forêt. Un troisième portant fièrement un chapeau orné de plumes. Difficile de lister toutes les parures vues ici et là : colliers de cauris, talismans, divers bracelets, etc. Voilà pour le côté exotique de la réunion du bureau exécutif du Conseil national des chefs traditionnels du Cameroun. Cette instance regroupe plusieurs personnalités de la République qui y siègent sous leur casquette de chef traditionnel.
D’ailleurs, le président du Conseil s’appelle Alim Garga Hayatou, lamidot de Garoua et secrétaire d’Etat à la Santé publique. Etaient aussi présents le ministre de l’Enseignement supérieur, Jacques Fame Ndongo, chef de 3ème degré du village Nkolandom dans la région du Sud. A ses côtés, Camille Mouthé à Bidias, chef à Bafia et directeur général du Fonds national de l’emploi. Il s’est bien distingué avec son pantalon « bobaraba », son veston au motif de peau d’animal et une canne. Quant à Jean Jacques Ndoudoumou, ex-Dg de l’Agence de régulation des marchés publics, il a porté une veste en obom. Les chefs ont élargi leur réunion aux députés et aux sénateurs ; et le grand invité était le ministre de la Santé publique, André Mama Fouda.
Dossiers
Il n’y avait finalement rien d’anodin dans le propos de Jacques Fame Ndongo qui a rappelé que le président de la République, Paul Biya, est le « Fon des Fons », c’est-à-dire le roi des rois ; et si on veut le patron des chefs traditionnels, sinon le premier d’entre eux. Au terme des travaux, une motion de soutien a donc été adressée au chef de l’Etat. Pourtant, rien n’a été dit sur la crise sociopolitique qui secoue depuis au moins 2 mois les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Les revendications des Anglophones ont débouché sur des émeutes à Bamenda.
Les syndicats d’enseignants et les avocats maintiennent leur mot d’ordre de grève, alors que ce lundi 9 janvier 2017 marque le début du 2ème trimestre de l’année scolaire. En marge des travaux, Le Jour a posé des questions précises au secrétaire général du Conseil national des chefs traditionnels du Cameroun. Il s’agit du Fon Chafah Isaac XI, de Bangolan dans le Ngoketunja, département de la région du Nord-Ouest. Sur le travail fait par l’autorité traditionnelle pour résoudre la crise, il se contente de dire : « Nous sommes ravis que le président de la République ait reconnu qu’il y a un problème anglophone. Il est le bon père qui écoute les problèmes de ses enfants et cherchent des solutions. Une plateforme de dialogue a été créée.
Laissons la travailler pour trouver des solutions au problème. » Sur la contribution que les chefs traditionnels apporte dans cette quête des solutions, le Fon Chafah Isaac XI répond : « les cadres appropriés ont été créés ; les chefs traditionnels sont à l’écoute. Nous sommes prêts à appuyer les institutions de l’Etat. » Il ne dira plus rien. Pour revenir à la réunion de samedi dernier, elle a permis de signer une convention de partenariat entre les chefferies traditionnelles et le ministère de la Santé publique.
D’où la présence du ministre Mama Fouda lors des travaux. L’enjeu est de mettre en place dans chaque chefferie un plan d’action permettant de mener des actions de prévention de la maladie et de promotion de la santé. Le cas échéant, l’administration sera rapidement informée de toute épidémie ou pandémie qui pourrait survenir au sein de la population, et pourra endiguer le mal rapidement. La cible visée étant la mère et l’enfant.
L’autre grand dossier est la transformation du Conseil national des chefs traditionnels du Cameroun. L’idée de créer une Organisation non gouvernementale a été arrêtée. Ainsi, il sera possible de nouer des partenariats à l’international et de trouver des financements à l’étranger. Les chefs traditionnels croient pouvoir obtenir le décret présidentiel qui crée leur Ong. Jacques Fame Ndongo a émis l’idée d’adresser une demande d’aide financière au chef de l’Etat. Paul Biya est bien le chef des chefs. Le détail vaut son pesant d’or.
Pour plus d'informations sur l'actualité, abonnez vous sur : notre chaîne WhatsApp
Lire aussi
- Falaise de Dschang : deux corps ligotés retrouvés
- Cambriolage chez Luc Messi Atangana : non, il n'a pas été agressé
- ICT University ouvre un nouveau chapitre de partenariat avec l'enseignement supérieur au Cameroun
- BTE Engineering Group veut réduire la dépendance aux technologies étrangères dans les ascenseurs
- Le projet CAMERR et Orange œuvrent à la restauration et préservation de la mangrove
LE DéBAT
- Afrique -Débat: Pourquoi la crise anglophone persiste au Cameroun?
- Divorces dans la diaspora camerounaise en Europe : explications ?
- Quand est-ce les Camerounais prendront enfin leurs responsabilités pour la gestion de leur équipe?
- Afrique : Quel droit à l'image pour les défunts au Cameroun ?
- Canada - Cameroun, Liberté de manifestation partisane au Cameroun : Encore une incurie liberticide de Biya Paul ?
POINT DU DROIT
- La problématique du changement de nom en droit comparé
- Les étapes et les frais de procédure du morcellement d'un terrain au Cameroun
- L'obtention d'un titre foncier au Cameroun à l'issue d'une vente de terrain
- Le jugement supplétif de rectification d'acte de naissance au Cameroun
- La procédure d'achat d'un terrain titré dans la ville de Yaoundé
partenaire
Vidéo de la semaine
Flore de Lille prépare son 06 Novembre 2026 à Sarcelles près de Paris
TEETY TEZANO à STRASBOURG Juillet 2026
AZIZ MOUNDE: HOMMAGE A ALAIN LE MIGNON
GASTON KELMAN décrypte NDAP BIKOKOO à Paris
HERVE MATHOUX SON REGARD SUR LE FOOT AFRICAIN SES 10 DERNIRERE ANNEES
Vidéo
Jeunesse engagée : retour sur la finale du Challenge PDF à Bruxelles
WILFRIED EKANGA À BRUXELLES : Il explique les objectifs du PDF, du MRC et les défis à venir
Charlotte Dipanda en concert à Bruxelles : une soirée qui restera dans les mémoires
Charlotte Dipanda au Cirque Royal : une première historique pour la musique camerounaise
Assassinat d'Anicet Ekanè : les révélations de sa sœur
il y a une semaine
France - PARIS CROISIÈRE – ACTE II : LA SEINE A VÉCU L'UNE DES PLUS BELLES NUITS DE LA CULTURE CAMEROUNAISE
Cameroun - Effoudou : « Ngoh Ngoh est l'auteur de l'assassinat »
Cameroun - 50 jours d'absence : Paul Biya est-il toujours au travail ?
Cameroun - Un pasteur voit en Cabral Libii le successeur de Paul Biya
Qui a volé les 44 tonnes d'or du Cameroun ?
il y a un mois
Cameroun - 44 tonnes d'or volatilisées : Nintcheu accuse les « hautes sphères »
Afrique - Burkina, Mali, Niger : la CPI craint un affaiblissement de la justice
15 tonnes d'or volatilisées : le scandale qui ébranle le Cameroun
Cameroun - Le ministre de la défense engage le BIR dans la sécurité et la protection des intérêts stratégiques
Or du Cameroun : la mafia est à la douane, pas à la mine
il y a un an