Afrique - Sahel : Mali, Burkina Faso, Niger envisagent une Cour pénale sahélienne pour se distancier de la CPI
© Camer.be : La rédaction | 17 Sep 2025 16:23:47 | 5787Au Sahel, une transformation juridique majeure se prépare alors que le Mali, le Burkina Faso et le Niger envisagent un retrait de la Cour pénale internationale pour instaurer une justice régionale autonome. Lors d’une réunion des ministres de la Justice de l’Alliance des États du Sahel (AES) tenue à Bamako les 29 et 30 mai 2025, ces pays ont annoncé la création prochaine d’une Cour pénale sahélienne des droits de l’homme (CPS-DH), accompagnée d’une prison de haute sécurité, afin de répondre aux défis persistants du terrorisme, des crimes graves et de l’impunité.
Le Premier ministre nigérien par intérim a ouvert les travaux en dénonçant ce qu’il appelle une transformation de la CPI en « instrument de répression contre les pays africains », estimant que les mécanismes internationaux sont souvent au service de puissances impérialistes et entravent toute velléité d’émancipation nationale. Selon des documents officiels, les textes légaux destinés à concrétiser ce retrait seraient finalisés, avec une annonce attendue sous peu.
La future Cour pénale régionale aura pour mission de juger les crimes les plus graves, incluant les crimes contre l’humanité, les crimes de guerre, le génocide, le terrorisme, le financement du terrorisme et le blanchiment de capitaux, ainsi que les violations graves des droits humains. Elle fonctionnera en complément des juridictions nationales et vise à harmoniser les législations dans l’espace sahélien. Une prison régionale de haute sécurité viendra renforcer l’application des sentences dans un cadre respectant les normes internationales.
Cette initiative s’inscrit dans un contexte plus large de retrait des trois États de la CEDEAO, effectif au 29 janvier 2025, et de renforcement de la souveraineté judiciaire. Le vide laissé par la sortie de la CEDEAO, selon les autorités sahéliennes, justifie la nécessité d’une justice endogène, visible, accessible et légitime aux yeux des populations.
Les enjeux sont multiples : restaurer la légitimité régionale, garantir une réponse judiciaire rapide aux crimes transnationaux, éviter la dépendance aux tribunaux internationaux, et offrir une justice plus proche des victimes. En revanche, les critiques soulignent les risques potentiels de dérive autoritaire, d’absence d’indépendance judiciaire, ou d’isolement international si les décisions sont perçues comme un abandon des engagements envers les droits universels.
Pour sortir de ces tensions, il importe que les États sahéliens précisent les mécanismes de nomination des juges de la CPS-DH, les garanties d’impartialité, les périodes de transition, et les modalités du retrait ou du maintien des interactions avec la CPI. Ils devraient aussi engager un dialogue avec la société civile, les victimes, et les partenaires internationaux pour bâtir une justice crédible.
Pour plus d'informations sur l'actualité, abonnez vous sur : notre chaîne WhatsApp
#Sahel #Justice #AES #CPI #DroitsDeLHomme #CrimeGrave #IndependanceJudiciaireLire aussi
- Ehrhardt ambassadeur des USA au Cameroun : ce que ça change
- Uranium : le Niger met fin à 50 ans de monopole français
- Qassem Bassir : le missile qui a fait reculer l'US Navy
- Delcy Rodriguez a-t-elle livré Maduro aux États-Unis ?
- COLOGNE : RUDOLF DOUALA MANGA BELL ENTRE DANS LA MÉMOIRE DE LA VILLE
LE DéBAT
- Afrique -Débat: Pourquoi la crise anglophone persiste au Cameroun?
- Divorces dans la diaspora camerounaise en Europe : explications ?
- Quand est-ce les Camerounais prendront enfin leurs responsabilités pour la gestion de leur équipe?
- Afrique : Quel droit à l'image pour les défunts au Cameroun ?
- Canada - Cameroun, Liberté de manifestation partisane au Cameroun : Encore une incurie liberticide de Biya Paul ?
POINT DU DROIT
- La problématique du changement de nom en droit comparé
- Les étapes et les frais de procédure du morcellement d'un terrain au Cameroun
- L'obtention d'un titre foncier au Cameroun à l'issue d'une vente de terrain
- Le jugement supplétif de rectification d'acte de naissance au Cameroun
- La procédure d'achat d'un terrain titré dans la ville de Yaoundé
partenaire
Vidéo de la semaine
ELVIS KOYAWEDA de SCI CAPITALNOTRE INVITE
Nadine de Liège: Retour triomphal à Lille Août 2026
Flore de Lille prépare son 06 Novembre 2026 à Sarcelles près de Paris
TEETY TEZANO à STRASBOURG Juillet 2026
AZIZ MOUNDE: HOMMAGE A ALAIN LE MIGNON
Vidéo
Jeunesse engagée : retour sur la finale du Challenge PDF à Bruxelles
WILFRIED EKANGA À BRUXELLES : Il explique les objectifs du PDF, du MRC et les défis à venir
Charlotte Dipanda en concert à Bruxelles : une soirée qui restera dans les mémoires
Charlotte Dipanda au Cirque Royal : une première historique pour la musique camerounaise
Assassinat d'Anicet Ekanè : les révélations de sa sœur
il y a une semaine
Cameroun - Chedjou vs Eto'o : l'histoire derrière la rupture
Cameroun - Eboa Lotin : 2 000 FCFA de droits d'auteur, la colère
Cameroun - Bibou Nissack à Cabral Libii : la lettre qui brise quinze ans de fraternité
Cameroun - Le piège que Biya s'est tendu avec la vice-présidence
Cameroun - E-LEXT officiellement présentée à Yaoundé avec un ouvrage consacré aux industries extractives
il y a un mois
Coup d’État au Niger : ce qu’on sait
Bretton Woods en Afrique : 80 ans de pillage ?
Monde Entier - MICHAEL JACKSON AURAIT EU 68 ANS CE 29 AOÛT 2026 : LE ROI EST MORT, VIVE LE ROI
Cameroun - MRC-MINAT : la guerre des lettres est déclarée
Cameroun - AS Monaco - Olympique Marseille : 1er choc de la saison en Ligue 1
il y a un an