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Un Gabon sans Bongo, est-ce possible ?

Un Gabon sans Bongo ? La chose me paraît à peine envisageable. Après avoir trôné pendant 40 ans à la tête de ce pays si peu peuplé, mais si étonnamment riche en richesses minières, Bongo père, par un mécanisme bien huilé et un stratagème savamment constitutionalisé, cède sa place à Ali Bongo. Nommé ministre de la défense peu avant sa mort, c’est Ali qui deviendra le légataire universel du président de la république en cas de mort ou d’incapacité de ce dernier. Ainsi le prévoit la constitution. Et ainsi fut fait.

Pour conforter sa posture de nouveau président du Gabon et s’assurer la légitimité aux yeux de la communauté internationale, Ali organise une élection présidentielle anticipée. Les opposants remontent à la surface pour se positionner et fort curieusement, une bataille fratricide pour la course au trône oppose les enfants Bongo : Pascaline ; la fille chérie du feu président, se sent aussi des prétentions.

La chose a fait couler beaucoup d’encre et de salive. Et aussi, donné des cheveux blancs à Joséphine, la mère chanteuse star, et ex épouse du président Omar Bongo. Cette dernière s’inspirera d’ailleurs de ce feuilleton familial pour créer une chanson à succès . Une chanson et une mère qui parviennent à ramener le calme dans la famille.

Ali a  donc été le seul Bongo candidat. Elu ? Il a confirmé sa posture de chef d’état, et la survie de la lignée Bongo à la tête du Gabon. Bref, tout est redevenu normal « Normal » ! Le Gabon, une histoire de famille et d’héritage ? Pour plus d’un observateur, la chose serait bien loin de ne pas être le cas mais ‘autres ne  l’entendent pas forcément de cette oreille .

Les gens veulent l’alternance. Le samedi 27 août 2016, une coalition de l’opposition gabonaise avec à sa tête un certain Juan Ping, et quelques 08 autres partis partaient donc, via les urnes, à l’assaut du palais présidentiel, d’où ils comptaient bien déloger Ali Bongo. Leur devoir accompli, les quelques 20% de Gabonais qui avaient consenti à aller voter attendaient donc le verdict des urnes, mais annoncés au début de la semaine dernière, les résultats, sans cesse reportés, se seront longtemps fait attendre.

Quant à Juan Ping, il s’empressera de s'auto proclamer président élu, suivi en cela par les vives félicitations du parti socialiste Français, que représente un certain François Hollande. Au bout du compte, c’est finalement (pourquoi ne suis-je pas surprise ?) Ali Bongo qui sera donné pour vainqueur. Ali Bongo qui ne l’emporte cependant qu’avec 01% de voix de plus que Juan Ping et ses amis ! La triche s’il y en a eu pendant l’interminable attente des résultats, c’était donc pour ne s’assurer que 01% de plus ! Tout çà pour çà ? Mais même ce peu-là vaut son pesant d’or. En effet, il s’en est vraiment fallu de peu pour que le fleuve tranquille de la dynastie Bongo change son cours.

Dans le camp Ping cependant, on retrouve des grosses pointures comme Casimir Oyé Mba, ancien 01er ministre du Gabon et ex gouverneur de la banque des états de l’Afrique Centrale (Béac). On se souvient aussi que l’homme est de ceux qui ont donné la conférence nationale souveraine au Gabon. Oyé Mba est aussi parmi les 01ers à présenter en 1991, sa candidature au poste de président de la république contre Omar Bongo. Zacharie Myboto pour sa part et un ancien ministre des postes et télécommunications. Jean Ping quant à lui a longtemps occupé de nombreux postes ministériels sous Omar Bongo, avant de se retrouver à la tête de l’organisation de l’union africaine.

On ne peut donc pas dire qu’Ali ait en face de lui, de vils aventuriers. Avec si peu d’écart de voix, on peut même parier sur un gouvernement d’union nationale dans les tous prochains jours. La dynastie Bongo a cependant perduré, et voici Ali de nouveau président. Mais, 01% de voix d’écart, tout de même ! En tout cas, ce n’est pas au Cameroun que cela risque d’arriver. Pas le Cameroun de Paul Biya. Alors Ali ferait mieux d’agir avec sagesse pour éviter que son Gabon à lui ne devienne un vaste champ de guerre

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