Cameroun - Bafoussam : les obstacles à la modernisation
© Le Jour : Franklin Kamtche | 06 Sep 2016 08:20:10 | 6347
Le désordre est la règle, à l’heure où l’on vante les performances réalisées dans l’hygiène et la salubrité.
L’actualité, ces derniers jours à Bafoussam en dehors de la destruction du chantier de la mairie de Bafoussam 1er, se conjugue avec ces nombreux trous qu’une entreprise chinoise fore sur les routes et ne referme pas ou referme mal. Les « petits hommes jaunes », comme les raillent les riverains, sont chargés d’étendre le réseau urbain d’adduction d’eau, par la pose de grands tuyaux. Dans des conditions qu’aucune autorité ne maîtrise.
Un épais brouillard entoure le cahier de charges de cette entreprise qui prend la liberté de laisser pendant des semaines des regards béants au milieu des routes courues par les mototaxis, de fragiliser des ponts ou de remplacer un morceau de goudron acceptable par une couche de ciment chiche ou même la terre, etc. Dès la première pluie, la boue s’installe, la terre est lessivée et un creu prend la place. Dans une ville qui n’a pas de route, cette manière de travailler est jugée scandaleuse mais personne ne les a jusqu’à présent rappelé à l’ordre. A la moindre protestation, on crie à la manipulation.
L’eau est toujours rare. Au quartier Djeleng, les riverains du « camp sable » se plaignent de l’envahissement des routes par les tas de sable et les camions affectés à son transport. Avec le temps est née la fabrique des parpaings. Des pans de route sont occupés par ces nouveaux opérateurs dont le nombre croit chaque jour. Les disputes sont inévitables entre les propriétaires de voiture et les négociants de sable, quand faute de passage, une roue rase les rebords de leur patrimoine.
Plus haut, au quartier Nylon, les vendeurs de planches qui occupent plusieurs rues, ont bloqué la circulation sur ce qui y reste de route et vendent des lits, des meubles ou des matelats sur la chaussée. Les automobilistes sont insultés par ces opérateurs qui ont colonisé le quartier et dictent leur loi. Au quartier Banengo, les longs véhicules rouges qui viennent charger à l’usine des Brasseries du Cameroun, constituent une entrave sérieuse à la mobilité des citadins et des voyageurs qui vont à Bameka ou Bamendjou. Il y a quelques mois, ils garaient entre le marché Socada et la sortie de l’usine. Ce qui n’était déjà pas une garantie pour la sécurité des riverains et passants.
Il a suffi qu’une semi-remorque en panne fasse 7 mois sur un nid de poule, près de la Caplami, pour que les autres commencent à garer grossièrement le long de cette route. Sous la barbe des agents de la communauté urbaine, qui y viennent prétendument lutter contre le désordre urbain. « Seul le délégué du gouvernement peut vous répondre », avons-nous appris du secrétaire général et du chef de service technique, en l’absence d’Emmanuel Nzete. Néanmoins, après notre passage, ils sont allés planter des panneaux d’interdiction de stationner devant les Brasseries, qu’aucun camionneur ne respecte.
Ville émergente ?
« A Bafoussam, [en 2009], des tas d’immondices inondaient la ville, uriner ou déféquer là où l’envie nous prend était un geste naturel ; le rond point marché central et le carrefour Total d’en bas en ont payé le plus grand frais. De même, installer son commerce en pleine chaussée était tout à fait normal. C’était la cour du Roi Pétaud », résumait Emmanuel Nzete lors de la célébration du « balai d’or », le vendredi 24 juin 2016. En est-on désormais éloigné ? Bafoussam en effet, est un contraste de bâtisses inspirées des nouvelles techniques architecturales et des anciennes maisons en brique.
De nombreux autochtones ont été rattrapés et dépassés par la modernité. « Maison familiale. A ne pas vendre » ou encore « Interdit d’acheter » sont lisibles sur des murs défraîchis, habités par des gens qui résistent à déménager. Champs de maïs et porcheries bordent de nombreuses concessions. Les nouveaux quartiers se créent sans plan et on y manque de commodités élémentaires.
Quelques usines, notamment des savonneries se trouvent à l’intérieur de la ville et l’évacuation des déchets ou la circulation des camions industriels sont des vecteurs de catastrophe. L’administration publique, jadis en location, a fait quelques efforts, en construisant quelques délégations régionales mais Bafoussam attend ses routes. Si la ville venait à être désservie par avion comme projeté par Camair.co, les passagers seront désillusionnés par l’inexistence des taxis dignes et des embouteillages.
Après avoir fait Douala – Bafoussam en moins d’une heure, on pourrait prendre plus de temps pour arriver à Bandjoun, à 15km de l’aéroport.
Pour plus d'informations sur l'actualité, abonnez vous sur : notre chaîne WhatsApp
Lire aussi
- Drame à Douala : trois ouvriers chutent du 8e étage
- Cameroun : Joseph Fouda accusé d'escroquerie et d'espionnage
- Drame à Dschang : trois corps découverts à Mingmeto
- Diplomatie culturelle : Jean-Marc Châtaigner, plus loin, plus proche de Bangoulap
- Ebebda : une fille de 14 ans violée à la gendarmerie ?
LE DéBAT
- Afrique -Débat: Pourquoi la crise anglophone persiste au Cameroun?
- Divorces dans la diaspora camerounaise en Europe : explications ?
- Quand est-ce les Camerounais prendront enfin leurs responsabilités pour la gestion de leur équipe?
- Afrique : Quel droit à l'image pour les défunts au Cameroun ?
- Canada - Cameroun, Liberté de manifestation partisane au Cameroun : Encore une incurie liberticide de Biya Paul ?
POINT DU DROIT
- La problématique du changement de nom en droit comparé
- Les étapes et les frais de procédure du morcellement d'un terrain au Cameroun
- L'obtention d'un titre foncier au Cameroun à l'issue d'une vente de terrain
- Le jugement supplétif de rectification d'acte de naissance au Cameroun
- La procédure d'achat d'un terrain titré dans la ville de Yaoundé
partenaire
Vidéo de la semaine
Nadine de Liège: Retour triomphal à Lille Août 2026
Flore de Lille prépare son 06 Novembre 2026 à Sarcelles près de Paris
TEETY TEZANO à STRASBOURG Juillet 2026
AZIZ MOUNDE: HOMMAGE A ALAIN LE MIGNON
GASTON KELMAN décrypte NDAP BIKOKOO à Paris
Vidéo
Jeunesse engagée : retour sur la finale du Challenge PDF à Bruxelles
WILFRIED EKANGA À BRUXELLES : Il explique les objectifs du PDF, du MRC et les défis à venir
Charlotte Dipanda en concert à Bruxelles : une soirée qui restera dans les mémoires
Charlotte Dipanda au Cirque Royal : une première historique pour la musique camerounaise
Assassinat d'Anicet Ekanè : les révélations de sa sœur
il y a une semaine
Cameroun - Bus Mangwa Boy : 4h du matin, le drame de Ndikiniméki
France - CRISE DE LA SOIXANTAINE OU TRISTE RÉALITÉ ?
Turquie - Onana victime d'un accident : plus de peur que de mal
Cameroun - Ntimbane Bomo : l'article du Figaro est un message subliminal
Cameroun - Cédric Ketchanga : entre réussite entrepreneuriale et tempête médiatique
il y a un mois
Rd Congo - Archives minières de la RDC : la guerre des cartes avec la Belgique
France - Michael Olise accusé d'abandonner sa fille
France - Raïssa Zemoniako : l'ascension d'une femme qui s'impose dans le showbiz africain
France - Jacky M. du micro de journaliste au micro de chanteur
France - Festival Oumba 2026 : Teety Tezano illumine la scène avec une prestation magistrale
il y a un an