CAMEROUN :: L’opération Epervier divise le Cerac :: CAMEROON
© Integration.org : Jean-René Meva’a Amougou | 30 Aug 2016 02:00:45 | 10773Une phrase-boutoir de l’épouse du chef de l’Etat face aux suppliques des compagnes de quelques dignitaires pousse certaines adhérentes d’envergure hors du cercle fermé de grandes dames du pays.
Paris, 16 avril 2016. Lily, Fayçal et Aïssatou, les trois enfants de Marafa Hamidou Yaya (incarcéré pour détournement de deniers publics) initient une campagne ayant pour objectif de faire pression sur le régime de Yaoundé pour la libération de leur père. La fratrie distribue des tracts aux passants, Place du Châtelet. Les documents (sortis par milliers des presses d’une imprimerie située au 67, Rue Dubois à Paris) traitent de l’injustice subie par leur géniteur.
Une phrase du texte promet «un déballage sans fard» sur les démarches de leur mère auprès de la présidente fondatrice du Cercle des Amis du Cameroun (Cerac). Deux jours plus tard, Aïssatou (la deuxième fille de l’ex-secrétaire général de la présidence de la République) tonne sur les ondes d’une radio parisienne. «Notre mère a, depuis le 16 avril 2012 (date de la présentation de Marafa Hamidou Yaya à un juge d’instruction du Tribunal criminel spécial de Yaoundé) sollicité Chantal Biya pour dénoncer l’arbitraire qui entoure l’arrestation de mon père.
Chantal Biya a choisi de s’éloigner des suppliques de notre mère. Vous comprenez pourquoi cette dernière, désabusée, est sortie du Cerac !», avoue-t-elle. Plus loin, elle lâche : «Ce silence de Chantal Biya a signé un appel en faveur des multiples démissions silencieuses enregistrées dans le Cerac !» La litanie ne manque pas de mentionner le décès en mars 2014 de Catherine Abena. Selon Aïssatou, l’ex-secrétaire d’Etat aux Enseignements secondaires (membre influente écrouée pour détournement de deniers publics) avait aussi fait les frais de «l’ingratitude» du Cerac: « Ses camarades l’ont laissé mourir malgré ses contributions consistantes dans la corporation ! »
Coups de pressions
A prendre les mots et leur sens, l’organisation que coiffe l’épouse du chef de l’Etat n’a pas joué le «bon rôle» dans le tourbillon judiciaire qui emporte quelques dignitaires de la République. «Malgré son poids, le Cerac ne parvient pas à articuler un discours convaincant, en lien avec les situations dans lesquelles se trouvent nos maris… Ce carburant manque cruellement au Cerac !», affirmait Jeannette Marafa, le 27 juin 2015 sur le plateau de TV5 Afrique.
Du coup, le sentiment se fait jour que les départs constatés de Gladys Inoni (épouse de l’ex-Premier ministre Ephraïm Inoni), Marie-Brigitte Atangana Mebara (épouse de l’exsecrétaire général à la présidence de la République), Rose Olanguena Awono (compagne de l’ex-ministre de la Santé Publique), Germaine Mendo Ze (épouse de l’ex-directeur général de la Cameroon Radio Television et auteur de ‘Mbamba Esaè’ dédié à Chantal Biya) insinuent le manque d’offre attractive du Cerac par rapport aux tourments de leurs maris, actuels prisonniers de l’Epervier.
Selon nos informations, le lobbying infructueux de ces dames auprès de Chantal Biya les a poussées volontairement vers la porte de sortie du Cerac. Et rendez-vous dans les cénacles privés et les médias. Où sont épinglés aussi bien les statuts que l'effroyable difficulté à bénéficier de certaines largesses présumées inhérentes à l’adhésion à l’amicale. A ce sujet, des indiscrétions soulignent qu’au moins deux parmi ces dernières auraient approché la première dame plus d’une fois tant à Yaoundé qu’à Mvomeka’a (village natal du chef de l’Etat).
L’on rapporte que les requérantes venaient la main sur le coeur, la larmichette au coin de l'oeil. A chaque fois qu’elles avaient la possibilité de soumettre leur « cas » à « Madame », elles corrigeaient une phrase maladroite prononcée lors d’une précédente entrevue. Et à chaque fois malheureusement, l’épouse de Paul Biya répondait selon un axe classique : «Le Cerac n’est pas l’antichambre de la justice».
«C’est la vérité contenue dans cette phrase, glisse sous anonymat une figure du Cerac à Yaoundé, qui a alimenté rancunes, rancoeurs et désespoirs. Là, on peut croire que nos camarades d’hier se trompent de colère en démissionnant. Même si on peut les comprendre, cela ne craquelle pas le verni de l’union entre celles qui restent».
Silence !
D’un point de vue factuel, ce «courant défait» ne quitte pas le «club des grandes dames du pays» après d’assourdissantes déflagrations. «Le Cerac vous prend quand vous venez et laisse quand vous décidez de partir pour une raison ou une autre. Un départ ne saurait s’inscrire sur le fronton d’une grande association. C’est ce que ces camarades ne comprennent pas», ironise une femme politique de la capitale.
A comprendre ici qu’au sein du Cerac, tout l’enjeu consiste à ne pas faire du bruit sur des départs prévisibles. «Le tapis vers la porte de sortie est soigneusement déroulé en amont par nos textes», insiste une autre membre de l’organisation humanitaire. Reste qu’à un moment ou à un autre, certaines cadres dont les époux sont aujourd’hui emprisonnés ont bien tenté de faire monter une mobilisation en parallèle du cercle.
A en croire une membre, l’opération Epervier a constitué une belle occasion pour cristalliser un vieux débat qui traverse la confrérie. Ce débat, apprend-on, porte sur la proximité ou non de l’association avec la sphère politique eu égard au profil de ses membres (selon Beatrix Verhoeven, auteure de «Chantal Biya, la passion de l’humanitaire», paru en 2008 aux éditions Khartala, «le Cerac est composé de femmes privilégiées: épouses des diplomates accrédités au Cameroun, femmes membres du gouvernement, épouses de membres du gouvernement, directrices générales de sociétés publiques et parapubliques, députées, secrétaires générales de ministères, juristes, médecins, éducatrices, femmes d’affaires».
«Beaucoup pensent que c’est un tremplin politique. C’est justement là l’origine du glissement entre les idéaux du Cérac, la politique et la justice», assume une membre influente qui brandit le «caractère apolitique» du Cerac. Et entre temps, on est sans nouvelle de la présidente fondatrice elle-même. Ce qui suscite d’autres interrogations.
Pour plus d'informations sur l'actualité, abonnez vous sur : notre chaîne WhatsApp
Lire aussi
:: Affaire Mengue : verdict renvoyé au 27 juillet
:: Baongla arrêté : le « fils » de Biya interpellé
:: Exploitation illégale de l'or : Steven Nbienou Kouadjo dément tout lien avec le secteur aurifère
:: MANDELA DAY: Défendre les droits humains dans le monde est une question de survie générationnelle
:: Héritage de 35 millions : son mari exige tout, elle divorce
LE DéBAT
Afrique -Débat: Pourquoi la crise anglophone persiste au Cameroun? :: AFRICA
AFRIQUE :: Divorces dans la diaspora camerounaise en Europe : explications ? :: AFRICA
AFRIQUE :: Quand est-ce les Camerounais prendront enfin leurs responsabilités pour la gestion de leur équipe? :: AFRICA
Afrique : Quel droit à l'image pour les défunts au Cameroun ? :: AFRICA
Canada - Cameroun, Liberté de manifestation partisane au Cameroun : Encore une incurie liberticide de Biya Paul ?
POINT DU DROIT
CAMEROUN :: La problématique du changement de nom en droit comparé :: CAMEROON
Les étapes et les frais de procédure du morcellement d'un terrain au Cameroun :: CAMEROON
L'obtention d'un titre foncier au Cameroun à l'issue d'une vente de terrain :: CAMEROON
Le jugement supplétif de rectification d'acte de naissance au Cameroun :: CAMEROON
CAMEROUN :: La procédure d'achat d'un terrain titré dans la ville de Yaoundé :: CAMEROON
partenaire
Vidéo de la semaine
TEETY TEZANO à STRASBOURG Juillet 2026
AZIZ MOUNDE: HOMMAGE A ALAIN LE MIGNON
GASTON KELMAN décrypte NDAP BIKOKOO à Paris
HERVE MATHOUX SON REGARD SUR LE FOOT AFRICAIN SES 10 DERNIRERE ANNEES
Dr Christian TCHAM entretien après la conférence de presse à Paris
Vidéo
Jeunesse engagée : retour sur la finale du Challenge PDF à Bruxelles
WILFRIED EKANGA À BRUXELLES : Il explique les objectifs du PDF, du MRC et les défis à venir
Charlotte Dipanda en concert à Bruxelles : une soirée qui restera dans les mémoires
Charlotte Dipanda au Cirque Royal : une première historique pour la musique camerounaise
Assassinat d'Anicet Ekanè : les révélations de sa sœur
il y a une semaine
CAMEROUN :: Nécrologie : Le Général de Brigade EZO'O MVONDO Simon tire sa révérence :: CAMEROON
CAMEROUN :: VBG : Le Minproff et Plan International Cameroon plaident pour l'adoption d'une loi
Body filler au Cameroun : le médecin qui dénonce est menacé :: CAMEROON
FRANCE :: À STRASBOURG, LE NDÉ CÉLÈBRE SA CULTURE, SON UNITÉ ET LE VIVRE-ENSEMBLE
FRANCE :: STRASBOURG : QUAND LA DANSE FOLKLORIQUE RÉVEILLE LES SOUVENIRS ET FAIT VIBRER L’ALSACE
il y a un mois
Biya en clinique suisse : et les hôpitaux camerounais ? :: CAMEROON
MONDE ENTIER :: Coupe du monde de la FIFA : la Colombie affronte la RDC :: WORLD
CAMEROUN :: Baloum : le chef, son fils et sept complices présumés en garde à vue :: CAMEROON
CAMEROUN :: Paul Biya, « prédateur de la liberté de la presse » :: CAMEROON
CAMEROUN :: « L'illettré » a réussi là où les « grands professeurs » ont échoué :: CAMEROON
il y a un an