CAMEROUN :: Portrait : Paul Atanga Nji, le « joker » de Biya :: CAMEROON
© Le Jour : Jean-Philippe Nguemeta | 14 Jul 2016 10:56:10 | 37550Contre vents et marées, le ministre chargé de mission à la présidence de la République s’illustre comme un fervent défenseur du régime.
Il s’appelle bel et bien Paul Atanga Nji. Il est originaire de la région du Nord-Ouest. Appelez le fou de Biya ou la taupe du régime. Telle une taupe, ce petit mammifère fouisseur de l’ordre des insectivores, qui vit sous terre dans les sols humides et meubles, en se signalant par des monticules de terre, les taupinières, il aime à se retrancher dans sa tour d’ivoire, mieux à la présidence de la République.
A l’image de la taupe qui ravage les cultures, il terrasse les ennemis du chef de l’Etat. Son arme, son apparente solitude. Dans le quotidien gouvernemental du 7 juillet, il est sorti de ses gongs pour défendre la souveraineté de la grâce présidentielle accordée à Me Lydienne Eyoum. Dans cette tribune qui n’est pas la première, il soutient que le président de la République « n’agit jamais sous une quelconque pression ».
Mais qui est ce défenseur invétéré du président ? Sur le site du gouvernement, on n’a aucune trace de son parcours. Il ne prend pas les appels des numéros inconnus. Pourtant, son militantisme au sein du Rdpc n’est plus à démontrer. Il s’oppose spontanément aux « ennemis de la République » et du chef de l’Etat. Des exemples pullulent à cet effet. Généralement dans des circonstances où l’honneur du régime doit subir un coup.
Opération Epervier
En février 2016, il lance à la surprise de tous, l’idée de la présidentielle anticipée. Alors que les fameux appels à la candidature du chef de l’Etat battent leur plein. Ministre chargé de mission à la présidence de la République, les Camerounais ont découvert en lui, un « féru de littérature ». Sa littérature spontanée l’amène à « déchirer » les livres écrits par des hauts cadres tels que Mebara, Olanguena et Marafa, poursuivis dans le cadre de l’Opération Epervier.
Oubliant presque sa convocation au Tribunal criminel spécial (Tcs) dans le cadre de l’enquête sur les détournements de fonds publics à la Campost, que Paul Biya fait et défait ses créatures, il a écrit il y a quelques temps que « le Chef de l’Etat, de manière discrétionnaire, nomme aux fonctions civiles et militaires, et peut à tout moment révoquer les personnes nommées ».
Feinte ou roublardise ? La créature du créateur accuse « les écrivains de circonstance ». C’était au lendemain de la parution de « Mensonges d’Etat. Déserts de république au Cameroun », paru le 3 mars 2016 aux éditions du Schabel à Yaoundé. Un livre d’Urbain Olanguena Awono, ex-membre du gouvernement, condamné pour détournement de fonds publics. Contre Mebara, Marafa, Olanguena, tous auteurs de la dynamique maison d’édition du Schabel basé à Yaoundé, Paul Atanga Nji écrit : « il est surprenant de constater que ces anciens hauts commis de l’Etat prétendent tous être détenus pour des raisons politiques et non pour des délits de droit commun. Et comme par enchantement, chacun se met dans la posture d’un homme politique d’envergure qui aurait passé sa vie à servir le pays. »
On peut également questionner sa posture, mais l’homme de Biya a choisi son camp. Espérons que dans quelques mois ou années, il ne deviendra pas un renégat. Pour l’instant, fort de sa casquette de membre du comité central du Rdpc, il monte courageusement au créneau, attaque et contre-attaque les opposants de la machine Biya. Paul Atanga Nji avait rédigé toute une tribune à la page 9 dans le quotidien Cameroon Tribune du 16 mars 2016, pour défendre son mentor et son créateur.
Villes mortes
Ce cadre du parti au pouvoir, par ailleurs président de la section Mezam I dans la région du Nord-Ouest, a fortement contribué à la promotion et aux victoires de son parti dans sa région d’origine. Normal. Au sein de l’appareil gouvernant de l’Etat, il occupe les fonctions de ministre chargé de mission à la présidence de la République et celles de secrétaire permanent du Conseil national de la sécurité. Des actions contagieuses aux allures de militantisme ne manquent donc pas à l’appel.
Proche du président Biya, il n’a cessé d’inviter les siens à magnifier l’intérêt porté par le chef de l’Etat à la région du Nord-Ouest. Ce fut le cas lors des cérémonies marquant le Cinquantenaire de l’armée camerounaise, le 10 décembre 2010 à Bamenda. Quand l’occasion s’est prêtée, il n’a pas hésité à exhiber le chapelet des « grandes réalisations ». Au point de se considérer implicitement comme un exemple de patriote. Sans surprise, il nie tout nationalisme et tout patriotisme à ceux qui sont détenus aujourd’hui.
Le jeune opérateur économique qui est réputé avoir soutenu Paul Biya en 1990-1992, en offrant 100 taxis à l’Etat pour lutter contre les villes mortes à Douala. Un patriotisme jaugé à l’aune du militantisme à l’égard du Rdpc donc ! Le moins que l’on puisse dire, c’est que Paul Atanga Nji est encore sous les projeteurs ces dernières semaines. Sa fidélité est pour l’instant sans faille et il est prêt à descendre dans les coins et recoins les plus insoupçonnés pour empêcher toute traversée du désert. L’homme d’affaires était déjà descendu au fond de la prison de New-Bell pour signer une motion de soutien des prisonniers originaires du Nord-Ouest. Discret mais efficace et rude, certaines langues estiment que le « joker » de Biya généralement présent est à l’origine de la rencontre historique en 2010 entre Fru Ndi et Paul Biya.
Pour plus d'informations sur l'actualité, abonnez vous sur : notre chaîne WhatsApp
Lire aussi
LE DéBAT
Afrique -Débat: Pourquoi la crise anglophone persiste au Cameroun? :: AFRICA
AFRIQUE :: Divorces dans la diaspora camerounaise en Europe : explications ? :: AFRICA
AFRIQUE :: Quand est-ce les Camerounais prendront enfin leurs responsabilités pour la gestion de leur équipe? :: AFRICA
Afrique : Quel droit à l'image pour les défunts au Cameroun ? :: AFRICA
Canada - Cameroun, Liberté de manifestation partisane au Cameroun : Encore une incurie liberticide de Biya Paul ?
POINT DU DROIT
CAMEROUN :: La problématique du changement de nom en droit comparé :: CAMEROON
Les étapes et les frais de procédure du morcellement d'un terrain au Cameroun :: CAMEROON
L'obtention d'un titre foncier au Cameroun à l'issue d'une vente de terrain :: CAMEROON
Le jugement supplétif de rectification d'acte de naissance au Cameroun :: CAMEROON
CAMEROUN :: La procédure d'achat d'un terrain titré dans la ville de Yaoundé :: CAMEROON
partenaire
Vidéo de la semaine
TEETY TEZANO à STRASBOURG Juillet 2026
AZIZ MOUNDE: HOMMAGE A ALAIN LE MIGNON
GASTON KELMAN décrypte NDAP BIKOKOO à Paris
HERVE MATHOUX SON REGARD SUR LE FOOT AFRICAIN SES 10 DERNIRERE ANNEES
Dr Christian TCHAM entretien après la conférence de presse à Paris
Vidéo
Jeunesse engagée : retour sur la finale du Challenge PDF à Bruxelles
WILFRIED EKANGA À BRUXELLES : Il explique les objectifs du PDF, du MRC et les défis à venir
Charlotte Dipanda en concert à Bruxelles : une soirée qui restera dans les mémoires
Charlotte Dipanda au Cirque Royal : une première historique pour la musique camerounaise
Assassinat d'Anicet Ekanè : les révélations de sa sœur
il y a une semaine
CAMEROUN :: Nécrologie : Le Général de Brigade EZO'O MVONDO Simon tire sa révérence :: CAMEROON
CAMEROUN :: VBG : Le Minproff et Plan International Cameroon plaident pour l'adoption d'une loi
Body filler au Cameroun : le médecin qui dénonce est menacé :: CAMEROON
FRANCE :: À STRASBOURG, LE NDÉ CÉLÈBRE SA CULTURE, SON UNITÉ ET LE VIVRE-ENSEMBLE
FRANCE :: STRASBOURG : QUAND LA DANSE FOLKLORIQUE RÉVEILLE LES SOUVENIRS ET FAIT VIBRER L’ALSACE
il y a un mois
Biya en clinique suisse : et les hôpitaux camerounais ? :: CAMEROON
MONDE ENTIER :: Coupe du monde de la FIFA : la Colombie affronte la RDC :: WORLD
CAMEROUN :: Baloum : le chef, son fils et sept complices présumés en garde à vue :: CAMEROON
CAMEROUN :: Paul Biya, « prédateur de la liberté de la presse » :: CAMEROON
CAMEROUN :: « L'illettré » a réussi là où les « grands professeurs » ont échoué :: CAMEROON
il y a un an