Convocation Présidentielle : Polémique sur une Réunion avant l'Élection 2025
© Camer.be : Paul Moutila | 02 juil. 2025 15:32:09 | 4568Une convocation administrative à la Présidence de la République du Cameroun suscite de vives interrogations. Signée en l’absence du président Paul Biya et du Premier ministre, elle invite par région les membres du gouvernement, députés et sénateurs tous partis confondus officiellement "dans la perspective de l’élection présidentielle". Le politicienValère Bertrand Bessala y décèle des manœuvres occultes visant à contenir une crise politique latente.
L’analyse du document révèle plusieurs incohérences selon les règles administratives. La compétence du signataire, l’habilitation à traiter d’un tel objet, et le lieu choisi (la Présidence plutôt que le siège du RDPC, parti au pouvoir) soulèvent des doutes. La convocation cible explicitement l’élite administrative, technique et politique, dans un contexte de rumeurs persistantes sur "un président qui ne dirige plus". L’exclusion du chef du gouvernement accrédite la thèse d’une opération contournant les canaux officiels.
Pour Bessala, l’objectif réel serait de prévenir des défections massives au sein de l’appareil d’État. Face aux récentes démissions et aux "sons de cloche dissonants", les organisateurs tenteraient de préserver un "petit équilibre" menacé. Ces rencontres régionales serviraient à rassurer les cadres sur la stabilité du système, évitant ainsi un effondrement prématuré.
Le soupçon majeur porte sur l’ignorance supposée de Paul Biya quant aux motivations profondes de l’initiative. Ses collaborateurs immédiats, redoutant que des démissions ne provoquent un réveil du chef de l’État et un remaniement fatal à leurs positions, agiraient pour :
- Gagner du temps face à l’inéluctable ;
- Présenter un compte rendu biaisé assurant que "la situation est maîtrisée" ;
- Permettre à Biya d’aller à l’élection 2025 avec l’équipe actuelle.
Cette manœuvre refléterait une gouvernance de plus en plus fragile, où des cercles restreints orchestrent la survie du régime. Les convocations, bien qu’autorisées formellement, trahiraient une lutte interne entre factions privilégiant leurs réseaux établis. L’issue, selon l’analyse, pourrait sceller "la fin du président ou la leur".
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