LA SDFISATION DE L'OPPOSITION CAMEROUNAISE
© Correspondance : Amedee Dimitri Touko Tom | 19 oct. 2026 14:59:00 | 273La trajectoire du parti jadis majeur de l'opposition Camerounaise, le SDF, révèle une période initiale faste, portée par des espoirs, des espérances politiques, économiques, sociales et même spirituelles.
Puis vint la renonciation de John Fru Ndi à défendre la victoire électorale du Peuple en 1992 : ce leader nous indiqua au terme de sa résidence surveillée, lors d'un meeting à Mbouda, "qu'il ne marchera pas sur le sang des Camerounais pour aller à Etoudi". Titus EDZOA, alors Secrétaire Général de la présidence de la République à l'époque, révélera plus tard dans ses mémoires, qu'il s'était rendu à Ntarikon Palace pour y rendre visite au Président Élu pendant sa privation de liberté. Personne n'en avait été informé dans le parti.
Dès lors, le SDF, nanti d'une position hégémonique dans l'opposition, progressivement glissa vers les corridors des ors du pouvoir auxquels des strapontins d'élus locaux et nationaux ouvraient le chemin. À défaut du Changement, on se contente de son changement personnel. S'en suivra un découragement du Peuple et son éloignement de la chose Politique.
L'année 2018 signe la renaissance de l'opposition sur la scène politique Camerounaise. Le MRC et son Président charismatique Maurice KAMTO, accompagnés d'une diaspora activiste et militante talentueuse, réinstallent dans le Peuple l'idée d'un Changement systémique et ça marche si fort que le pouvoir politique de Yaoundé, n'a pour seule alternative que de recourir à la disqualification du leader de l'opposition pour tenter de stopper la razzia électorale.
À l'élection présidentielle d'octobre 2025, le Peuple résilient et agile, choisira parmi les 10 candidats en compétition, celui qui apparaissait le plus apte à incarner ses espoirs, ISSA Tchiroma BAKARY, et il eût raison. Ce dernier atomisa le dictateur BIYA. Il réalisa une performance électorale inédite.
Mais le tyran vaincu refuse de quitter le pouvoir, il se maintient au moyen d'un hold-up électoral, de gigantesques massacres et incarcérations de populations, qui en protestation venaient de faire la démonstration de la plus grande révolte populaire de ces 30 dernières années.
Alors que le Peuple meurtri attend que s'expriment des voix pour saluer son sacrifice, poursuivre son combat, porter sa défense et demander justice pour ces crimes d'ampleur jamais enregistrés dans l'histoire de la défense des victoires volées au Cameroun, on remarque dans la quasi-totalité de l'opposition partisane, un empressement à valider la forfaiture, à accompagner la plus vieille dictature au monde. On enjamba les corps des dizaines de martyrs dont Ekane Anicet, pour vendre à l'opinion l'idée fantasque d'une possible victoire de l'opposition aux élections législatives et municipales. En clair, on fait croire au Peuple que des élections dont BIYA a dans la poche le calendrier et l'arbitrage, sont subitement devenues l'opportunité pour l'opposition qui espère une majorité à l'Assemblée de former le gouvernement. En d'autres termes, BIYA aura ainsi massacré le Peuple pour se soumettre en toute justice au verdict d'une autre élection perdue...
Dans ce contexte, s'ouvre un nouveau chantier : réduire, invisibiliser, faire disparaitre le Président Élu ISSA TCHIROMA BAKARY, coupable de troubler par la revendication de la victoire électorale du Peuple Camerounais, l'ordre politique nouveau en cours de redéfinition. En effet, sur ce chantier, il porte avec courage la cause du Peuple. Son bilan dans ce registre n'a pas d'équivalent de mémoire d'acteur central des entreprises de revendication des victoires volées.
Malgré ces éléments visibles, tangibles et des engagements répétés, des esprits malins sont dressés à dire la même chose : " Tchiroma est où, il a fui, l'élection présidentielle est derrière nous...". Pendant ce temps, le Peuple silencieux, émancipé des logiques d'appareils continue d'espérer, malgré l'arrogance affichée dans la mise en place d'une entreprise mafieuse de dévolution du pouvoir par la seule volonté de BIYA, dont la nomination supersonique du nouveau Président du Conseil Constitutionnel, choisi parmi les plus fidèles des obligés, après le décès du précédent titulaire du poste, est le corollaire.
La question Centrale reste donc inchangée : se SOUMETTRE à l'ordre institutionnel BIYA ou le COMBATTRE.
ISSA TCHIROMA BAKARY a choisi sa voie et vient une fois de plus à l'occasion de l'anniversaire de cette victoire du Peuple et la commémoration de la mémoire des victimes, de faire le serment de sa fidélité à son engagement initial. Ceci n'empêchera évidemment pas les pessimistes intégristes de continuer leur entreprise de distraction en qualifiant ceux qui ambitionnent de stopper le cycle des victoires volées de traîtres, pour le bonheur de la Dictature Camerounaise. Mais cette fois-ci, les forces du Changement savent exactement quel est leur cap.
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