Cameroun-Novembre des engagements aux lois:Le plaidoyer de la Lefe pour les femmes et les enfants
© Camer.be : Caroline Bassomo | 21 oct. 2026 07:53:00 | 381Le 6 novembre 2026, le Cameroun entrera dans la deuxième année du nouveau septennat. Un an après les engagements pris au plus haut sommet de l'Etat, la Ligue pour l'éducation de la femme et de l'enfant (Lefe) pose une question simple mais essentielle : quand la protection des femmes et des jeunes va-t-elle devenir une réalité juridique ?
Dans un visuel de plaidoyer fort, qui montre une mère et sa fille regardant vers l'avenir, la Lefe lance un appel clair : faire de la session parlementaire de novembre 2026 celle de l'adoption de deux textes fondamentaux pour la République.
1. Le contexte : une urgence qui ne peut plus attendre
Au Cameroun, les violences faites aux femmes et aux enfants ne sont plus des faits divers. Elles sont une réalité quotidienne et documentée.
Selon les données du système d'information du Minproff, des milliers de cas de violences physiques, sexuelles, psychologiques et économiques sont enregistrés chaque année. Les féminicides, ces meurtres de femmes parce qu'elles sont femmes, restent pourtant sans qualification pénale spécifique dans notre arsenal juridique. Les victimes sont souvent sans protection immédiate, sans prise en charge psychologique structurée et sans accès effectif à la justice.
De l'autre côté, le droit de la famille reste régi par une mosaïque de textes hérités, coutumiers et incomplets. En l'absence d'un code des personnes et de la famille moderne, ce sont les femmes et les enfants qui paient le prix fort : inégalité dans l'héritage, précarité du mariage coutumier, non-reconnaissance de certains droits de l'enfant, insécurité juridique des familles.
La Lefe estime que l'on ne peut pas parler de souveraineté, d'émergence ou de capital humain sans sécuriser les deux piliers de la société : la femme et l'enfant.
2. La session de novembre 2026 : deux textes pour changer des vies
La Lefe ne demande pas une énième promesse. Elle demande deux lois, avec un budget dédié et des mécanismes effectifs de protection.
Texte 1 : une loi contre les féminicides et les violences faites aux femmes et aux enfants.
Ce que ce texte doit apporter :
- Une définition claire du féminicide et son inscription comme infraction autonome et aggravée.
- La prévention, par l'éducation, la sensibilisation et la formation des forces de l'ordre, des magistrats et des travailleurs sociaux.
- La protection immédiate des victimes : ordonnance de protection, hébergement d'urgence, ligne verte fonctionnelle.
- L'organisation de la prise en charge : médicale, psychologique, juridique et socio-économique.
- La sanction effective et dissuasive des auteurs, sans impunité.
Texte 2 : le code des personnes et de la famille.
Attendu depuis plus de vingt ans, ce code est le socle de la modernisation de notre société. Ce que ce texte doit garantir :
- L'égalité entre l'homme et la femme dans le couple et dans la famille.
- La sécurité juridique de tous les types de familles camerounaises.
- La protection supérieure de l'intérêt de l'enfant, conformément à la Convention relative aux droits de l'enfant ratifiée par le Cameroun.
- La clarification des régimes matrimoniaux, de la filiation et de la succession.
3. L'appel : gouvernement, députés, sénateurs, l'histoire vous regarde
Le message de la Lefe s'adresse directement aux décideurs : gouvernement, députés, sénateurs.
Il ne s'agit plus de déposer des propositions. Il s'agit de les inscrire à l'ordre du jour, de les examiner et de les adopter lors de la session parlementaire de novembre 2026. Et de les accompagner d'un budget dédié. Une loi sans budget est une déclaration d'intention. Une loi sans mécanisme de mise en oeuvre est une lettre morte.
Comme le rappelle la Lefe : les femmes et les enfants ne peuvent plus attendre.
Conclusion : un test pour le septennat
Faire de novembre 2026 la session de la protection des femmes et des enfants, ce serait transformer le discours politique en droit positif. Ce serait donner un contenu concret à l'engagement du Chef de l'Etat à faire de la protection des couches vulnérables une priorité.
Le plaidoyer est lancé. Il appartient désormais à chaque citoyen, chaque organisation, chaque média de le partager.
A propos de la Lefe
La Lefe - Ligue pour l'éducation de la femme et de l'enfant - est une organisation de la société civile camerounaise engagée dans le plaidoyer pour les droits des femmes et des enfants.
Contacts : Facebook / LinkedIn : LEFE - Ligue pour l'Education de la Femme et de l'Enfant - Instagram : lefe_ong - TikTok : http://lefe.ong - Téléphone : +237 696 03 02 95.
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