Liberia: George Weah investi devant des dizaines de milliers de personnes
© Afrikactuelle.com : Georges-Henri KOFFI | 23 janv. 2018 11:02:13 | 12149L’ancienne star de football devenu président a prêté serment ce 22 janvier devant plus de 35 000 personnes et une dizaine de chefs d'État. Plusieurs heures avant la cérémonie officielle, le stade Samuel Kanyon Doe était déjà plein à craquer. De belles images et des leçons à tirer.
Le nouveau président du Liberia a officiellement pris ses fonctions ce lundi, en présence de la présidente sortante Ellen Johnson Sirleaf. Cette première passation de pouvoirs entre deux présidents élus dans ce pays depuis 1944 s’est déroulée devant une foule en liesse. Deux heures avant le début de la cérémonie, le stade était déjà plein. Dehors, des milliers de personnes faisaient la queue, sur plusieurs kilomètres, espérant toujours entrer. Ses premiers pas de président, George Weah les a faits sur un terrain qu’il connaît bien : celui du stade Samuel Kanyon Doe, celui-là même dans lequel joue l’équipe nationale de football, avec laquelle la star du football a connu de très bons souvenirs.
Passation de pouvoir pacifique
Après deux tentatives manquées (en 2005 il était candidat à la présidence et en 2011 à la vice-présidence), la troisième fois a été la bonne pour l’ancien footballeur, qui a été élu le 26 décembre avec 61,5% des voix Mister George a prêté serment devant plus de 35 000 personnes et une dizaine de chefs d'État. Le moment était historique, car c’est la première fois qu’une passation de pouvoir pacifique a lieu dans ce pays marqué par quinze années de guerre civile, entre 1989 et 2003. Autour de George Weah et de la vice-présidente Jewel Howard-Taylor, la présidente sortante, Ellen Johnson Sirleaf, mais aussi son vice-président, le candidat battu au second tour de la présidentielle, Joseph Boakai, ont pris place. Une belle image comme on en voit moins en Afrique.
Plusieurs chefs d’États présents
Pour l’occasion, de nombreux chefs d’États étrangers étaient présents. Alpha Condé, le président guinéen et président en exercice de l’Union africaine, Alassane Ouattara, le président ivoirien, le Sierra-léonais Ernest Bai Koroma, Roch Marc Christian Kaboré, du Burkina Faso, le Malien Ibrahim Boubacar Keïta, le président nigérien Mahamadou Issoufou, le Congolais Denis Sassou Nguesso, mais aussi le Gabonais Ali Bongo et le Sénégalais Macky Sall, deux chefs d’Etat dont George Weah est particulièrement proche. À leur côtés, des stars du football africaines actuelles à l’instar de l’international camerounais Samuel Eto’o.
Il faut dire que depuis plusieurs jours, l’effervescence régnait déjà dans la capitale Monrovia, où les hôtels affichaient complet. Tout le monde se préparait à cette passation de pouvoir. T-shirt, casquettes, pagnes, beaucoup ont investi quelques dollars libériens dans des gadgets. D’autres arboraient la nouvelle coupe en vogue : celle du nouveau président, cheveux rasés et barbe naissante. Sur les artères principales, des portraits de George Weah ont été dressés. « Congratulations Mr. President, Thank You Mama Ellen ! », pouvait-on lire en grosses lettres sur le boulevard Tubman, qui traverse la capitale.
Les attentes sont immenses
Prix Nobel de la paix en 2011 et première femme chef d’Etat en Afrique, Ellen Johnson Sirleaf quitte ainsi la présidence en étant parvenue à maintenir la paix. Si elle bénéficie d’une très bonne image à l’international, elle est plus contestée dans un pays où la frustration est importante face au manque de développement économique et à la corruption endémique.
Manque d’infrastructures, chômage élevé, système de santé et d’éducation défaillants… les attentes des Libériens sont immenses. Et les défis tout aussi importants pour le gamin des bidonvilles qui, ce lundi, devient le nouveau président du pays.
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