Aliko Dangote veut exploiter la potasse du Congo : un géant africain à l'assaut des engrais
© Camer.be : Paul Moutila | 30 janv. 2026 15:11:27 | 4555Le milliardaire nigérian Aliko Dangote ne compte pas s'arrêter en si bon chemin. Après avoir bâti un empire industriel s'étendant du ciment aux engrais, l'homme le plus riche d'Afrique lorgne désormais les gisements de potasse du Congo-Brazzaville. Une ressource stratégique qui pourrait transformer la production agricole du continent.
Selon plusieurs sources proches du dossier, Dangote aurait récemment rencontré le président Denis Sassou-Nguesso pour discuter d'un projet d'exploitation minière. L'objectif est clair : sécuriser un accès privilégié à cette matière première indispensable à la fabrication d'engrais, un secteur où le groupe Dangote Industries multiplie déjà les investissements massifs.
Le timing n'est pas anodin. L'Afrique importe encore plus de 80 % de ses engrais, malgré des sols souvent appauvris et des besoins agricoles croissants. En produisant localement à partir de ressources congolaises, Dangote pourrait non seulement réduire cette dépendance, mais aussi peser sur les prix à l'échelle régionale. Une ambition qui s'inscrit dans sa vision d'une industrialisation africaine portée par des champions locaux.
Le Congo-Brazzaville, riche en ressources naturelles mais encore largement sous-exploité dans le secteur minier non pétrolier, voit dans ce rapprochement une opportunité de diversification économique. Reste à savoir quelles contreparties seront négociées, notamment en matière de retombées locales et de partenariats publics-privés.
Pour Dangote, déjà présent dans le pays avec une cimenterie, cette expansion dans la potasse représente une continuité logique. Elle s'inscrit dans une stratégie verticale visant à contrôler toute la chaîne de valeur, de l'extraction à la distribution. Un modèle qui a fait ses preuves dans le ciment, et qu'il entend répliquer dans l'agroalimentaire.
Mais cette offensive ne va pas sans questions. L'exploitation minière, même encadrée, soulève toujours des enjeux environnementaux et sociaux. Et dans un contexte où les ressources africaines sont souvent extraites sans bénéfice durable pour les populations locales, les observateurs scruteront de près les termes de cet accord.
Ce projet marquera-t-il un tournant dans l'autonomie alimentaire africaine, ou ne sera-t-il qu'une nouvelle captation de ressources par un géant privé ?
Lire aussi
Texticules de Hugues Seumo: Vous avez dit que nous avons tous faim ?
La SNH met six blocs sur le marché pour relancer la production
Pénurie de poisson au Cameroun : Congelcam sonne l'alerte
Douala-Bafoussam : l'accord de 139,2 milliards FCFA enfin signé à Bangkok
Douala-Yaoundé : enquête sur les blocages du fret aérien
AfCRA : l'Afrique crée son agence de notation, les créanciers haussent les épaules
La circulaire présidentielle relative au budget2027 en déphasage avec les faits économiques du pays
Biya veut réduire les importations : 848 milliards FCFA en 2025, en hausse
RÉSIDENCE HÔTELIÈRE MATROX À BAFOUSSAM: L’HÉRITAGE FAMILIAL DEVIENT UN JOYAU DE L’HOSPITALITÉ
Suspension ITIE : la société civile, point de blocage
Canal de vie
POINT DU DROIT
partenaire
évènement
vidéo de la semaine
vidéo camer
il y a une semaine
Conseil constitutionnel : l’Assemblée nationale enclenche le remplacement de Bah Oumarou Sanda
Enquêtes sur la délivrance de la carte nationale d’identité: Shanda Tonme écrit à Mbarga Nguélé
L'actualité lue pour vous dans la presse camerounaise de ce 12 octobre 2026
Conseil constitutionnel du Cameroun : l'intérim d'un anthropologue
12 octobre 2006- 12 octobre 2026: 20 ans déjà comme le coupé décalé perdait son «président»
il y a un mois
il y a un an