Cameroun - Lionnes championnes : Biya les attendait… mais était absent
© Camer.be : Paul Moutila | 17 Aug 2026 16:20:28 | 596Sacrées championnes d'Afrique, les Lionnes Indomptables sont rentrées à Yaoundé ce lundi. Mais Paul Biya, qui avait promis de les attendre, était toujours absent. Décryptage. (155 caractères)
« Le président Biya et son épouse vous attendent à Yaoundé avec la coupe » c'est ce qu'avait promis le Premier ministre Joseph Dion Ngute aux Lionnes à Rabat. Ce lundi 17 août, les nouvelles championnes d'Afrique ont foulé le sol camerounais. Mais le président, lui, n'était pas là.
Une promesse présidentielle
Samedi 15 août 2026, veille de la finale de la CAN féminine. Dans la tanière des Lionnes Indomptables à Rabat, le Premier ministre Joseph Dion Ngute, accompagné du ministre des Sports Narcisse Mouelle Kombi et de la ministre Marie-Thérèse Abena Ondoua, s'adresse aux joueuses.
Le message est solennel : « Le Président, Papa Biya, et son épouse, Mama Chantal Biya, me chargent de vous dire qu'ils vous attendent à Yaoundé avec la coupe. Vous avez le devoir de leur faire cet honneur. »
Les Lionnes ont entendu. Elles ont vibré. Elles ont gagné.
Le sacre historique
Dimanche 16 août, au Stade de Rabat, les Lionnes Indomptables ont écrit l'une des plus belles pages de l'histoire du sport camerounais. Face au Malawi, elles ont livré une prestation majestueuse, s'imposant 3-0 et offrant au Cameroun son tout premier titre continental de football féminin.
Après trois finales perdues face au Nigeria, après des années de frustration et d'attente, les Lionnes ont enfin conquis le toit de l'Afrique. Une victoire qui a déclenché une vague d'émotion dans tout le pays, des rues de Yaoundé aux villages les plus reculés.
Le retour triomphal… sans le président
Ce lundi 17 août 2026, les nouvelles championnes d'Afrique sont rentrées au pays. Dès l'annonce de leur arrivée, une foule immense s'est massée à l'aéroport international de Yaoundé-Nsimalen. Drapeaux vert-rouge-jaune, maillots aux couleurs nationales, chants patriotiques l'effervescence était palpable. Le ministère des Sports avait appelé les Camerounais à se mobiliser pour réserver un accueil populaire aux héroïnes.
Le peuple était là. Fidèle au rendez-vous.
Mais il manquait une présence. Une présence que le Premier ministre avait pourtant promise.
Paul Biya n'était pas à Yaoundé. Le président, 93 ans, est absent du Cameroun depuis le 7 juin 2026. Plus de deux mois sans une apparition publique, sans une image, sans une déclaration. Le gouvernement assure qu'il « est en vie » et qu'il rentrera « très bientôt ». Mais les jours passent, et le mystère s'épaissit.
La tension entre la promesse et la réalité
La déclaration de Joseph Dion Ngute à Rabat était-elle une promesse sincère ou une formule de circonstance pour galvaniser les joueuses ? La question est désormais sur toutes les lèvres.
Car si le Premier ministre a parlé au nom du président, si le message était clair « le président vous attend » la réalité du retour des Lionnes à Yaoundé a offert un spectacle différent. Le peuple a accueilli ses héroïnes. Le président, lui, était aux abonnés absents.
Sur les réseaux sociaux, l'ironie a rapidement pris le relais. « Nous attendons les images et l'heure de l'apothéose en direct avec l'accueil par le couple présidentiel », commentent les internautes, avec une pointe de sarcasme. Car comment croire à une promesse d'accueil présidentiel lorsque le chef de l'État n'est pas apparu en public depuis plus de deux mois ?
Un exploit qui dépasse la politique
Au-delà de cette polémique, une vérité demeure : les Lionnes Indomptables ont réalisé un exploit historique. Elles ont offert à leur pays un premier titre continental, brisant une malédiction de plusieurs décennies.
Le parcours des Camerounaises est d'autant plus remarquable qu'elles n'avaient pas initialement qualifié pour la compétition, avant que la CAF n'étende le tournoi de 12 à 16 équipes. Une seconde chance qu'elles ont saisie avec une détermination sans faille.
À seulement 20 ans, l'attaquante Naomi Eto a vécu une soirée qu'elle n'oubliera jamais. La capitaine Gabrielle Aboudi Onguéné, émue, a salué le soutien du gouvernement et du chef de l'État.
La question qui fâche
Mais l'absence de Paul Biya à ce moment de liesse nationale relance une question plus large : un État peut-il fonctionner lorsque son chef est absent depuis plus de deux mois ?
Le gouvernement camerounais assure que tout va bien. Mais l'absence du président aux côtés des Lionnes alors même qu'il était annoncé illustre un décalage croissant entre le discours officiel et la réalité.
« Un président qui ne paraît pas, c'est un président qui n'est plus pleinement là », confie un observateur de la vie politique camerounaise. « On peut comprendre un séjour privé. On peut comprendre une absence discrète. Mais quand cette absence dure des mois, quand elle entre en contradiction avec les promesses faites au nom du président, elle devient un sujet d'interrogation légitime. »
Les Lionnes ont tenu leur promesse
Une chose est sûre : les Lionnes Indomptables, elles, ont tenu leur promesse. Elles sont allées chercher la coupe à Rabat. Elles l'ont ramenée à Yaoundé. Elles ont fait honneur à leur pays et à tous ceux qui les ont soutenues.
Le peuple camerounais, lui, était au rendez-vous. À Nsimalen, des milliers de supporters ont bravé la chaleur et les heures d'attente pour acclamer leurs héroïnes. Un accueil digne de l'exploit réalisé.
Reste à savoir quand, et si, le président Paul Biya tiendra sa promesse de les accueillir.
Pour plus d'informations sur l'actualité, abonnez vous sur : notre chaîne WhatsApp
#Cameroun #LionnesIndomptables #CAN2026 #PaulBiya #FootballLire aussi
LE DéBAT
- Afrique -Débat: Pourquoi la crise anglophone persiste au Cameroun?
- Divorces dans la diaspora camerounaise en Europe : explications ?
- Quand est-ce les Camerounais prendront enfin leurs responsabilités pour la gestion de leur équipe?
- Afrique : Quel droit à l'image pour les défunts au Cameroun ?
- Canada - Cameroun, Liberté de manifestation partisane au Cameroun : Encore une incurie liberticide de Biya Paul ?
POINT DU DROIT
- La problématique du changement de nom en droit comparé
- Les étapes et les frais de procédure du morcellement d'un terrain au Cameroun
- L'obtention d'un titre foncier au Cameroun à l'issue d'une vente de terrain
- Le jugement supplétif de rectification d'acte de naissance au Cameroun
- La procédure d'achat d'un terrain titré dans la ville de Yaoundé
partenaire
Vidéo de la semaine
Nadine de Liège: Retour triomphal à Lille Août 2026
Flore de Lille prépare son 06 Novembre 2026 à Sarcelles près de Paris
TEETY TEZANO à STRASBOURG Juillet 2026
AZIZ MOUNDE: HOMMAGE A ALAIN LE MIGNON
GASTON KELMAN décrypte NDAP BIKOKOO à Paris
Vidéo
Jeunesse engagée : retour sur la finale du Challenge PDF à Bruxelles
WILFRIED EKANGA À BRUXELLES : Il explique les objectifs du PDF, du MRC et les défis à venir
Charlotte Dipanda en concert à Bruxelles : une soirée qui restera dans les mémoires
Charlotte Dipanda au Cirque Royal : une première historique pour la musique camerounaise
Assassinat d'Anicet Ekanè : les révélations de sa sœur
il y a une semaine
Cameroun - Effoudou : « La DGRE est venue me tuer en France »
Cameroun - DGRE : Sani Mouhamadou aurait-il menti sur ses diplômes ?
Cameroun - Thomas Nkono : « Vive les Lionnes ! » après l'exploit
Cameroun - Faux capitaine arrêté à Maroua : le butin militaire
Cameroun - Conflit Baboke-Ngoh Ngoh : la guerre cachée d'Etoudi
il y a un mois
Assises de l’association des élus français au Cameroun : Entre boycott politique à Yaoundé et Paris
Visa France : le Cameroun seul visé par de nouvelles règles
Cameroun - « La Croqueuse de Diamants » traînée en justice pour body filler
Cameroun - Paradoxe,un peuple réclame l'immolation d'un voleur de chèvre mais soutient un voleur de milliards
Cameroun - Affaire Zogo : Amougou Belinga retente sa liberté
il y a un an