Actualités

Allo Docteur Diaspora économie françaiscamer françafrique Géopolitique insolite LE SAVIEZ-VOUS Panafricanisme Politique Sérail

Culture

Art cinéma livre musique

Expression libre

débat droit point de vue

Cameroun - Ordures à Yaoundé : la capitale devient une poubelle

Yaoundé croule sous les déchets : 3 000 tonnes par jour, des quartiers entiers envahis, des risques sanitaires inquiétants. Où sont passés les bacs à ordures ?

Des montagnes d'ordures envahissent les trottoirs de Biyem-Assi et Nsimeyong, les bacs à ordures ont disparu des grands axes, et les habitants s'interrogent : la capitale camerounaise est-elle en train de devenir une poubelle à ciel ouvert ?

À Yaoundé, des milliers de tonnes de déchets ménagers s'accumulent depuis plusieurs semaines dans les quartiers de Biyem-Assi (Yaoundé VI) et Nsimeyong (Yaoundé III), transformant les trottoirs en décharges sauvages et compliquant la vie quotidienne des riverains. Face à cette crise sanitaire et environnementale sans précédent, les habitants dénoncent l'inaction des autorités et s'interrogent : où sont passés les bacs à ordures, et quelles mesures seront enfin prises pour rétablir une collecte durable ?

Une crise chronique qui s'aggrave

Yaoundé, capitale du Cameroun, produit chaque jour entre 2 000 et 3 000 tonnes de déchets ménagers. Un volume colossal qui ne cesse d'augmenter sous l'effet conjugué de la croissance démographique la ville compte désormais près de 5 millions d'habitants et de l'urbanisation accélérée. Pourtant, seule la moitié de ces déchets est effectivement collectée et traitée.

Le constat est alarmant : les caniveaux sont obstrués, les marchés deviennent des dépotoirs à ciel ouvert, et les quartiers populaires comme Biyem-Assi, Nsimeyong, Efoulan ou Mendong sont littéralement submergés. « Les ordures envahissent la chaussée, compliquent la circulation, dégagent des odeurs insupportables et font craindre de graves risques pour la santé des populations » , alerte une équipe de Canal 2 International qui s'est rendue sur place.

Biyem-Assi et Nsimeyong : le calvaire des habitants

À la Montée Maison Blanche, dans le quartier Biyem-Assi, les montagnes de déchets ont fini par s'imposer dans le décor. Les ordures débordent sur la chaussée, réduisant l'espace réservé à la circulation et compliquant l'accès aux habitations et commerces. Même constat à Nsimeyong, où les tas d'immondices jonchent les trottoirs depuis des semaines.

Une habitante du quartier Biteng témoigne : « Nous pouvons faire deux semaines dans ce quartier sans voir un camion de l'entreprise en charge de la collecte des déchets ménagers. Les gens n'arrivent même plus à circuler normalement sur le trottoir à cause des déchets. Les moustiques sont de plus en plus nombreux ainsi que les mauvaises odeurs rendent parfois la vie difficile dans ce secteur. Nous sommes fatigués de nous plaindre » .

Les commerçants ne sont pas en reste. Au marché du Mfoundi, une vendeuse de mangues confie : « Je ne respire pas bien ici à cause des déchets mais je n'ai pas véritablement le choix. La ville est sale partout » .

Les causes d'une crise annoncée

1. Une production de déchets qui explose

La population de Yaoundé augmente chaque jour, et avec elle, le volume d'ordures à collecter. Selon le maire Luc Messi Atangana, la ville produit 2 000 tonnes de déchets par jour contre seulement 1 300 tonnes traitées. D'autres sources évoquent même 3 000 tonnes quotidiennes. Un déséquilibre structurel qui condamne d'avance tout effort de collecte.

2. L'incivisme des populations

Les autorités pointent régulièrement du doigt le comportement des citoyens. « Les gens ignorent la présence des bacs à ordures et déversent leurs déchets sur le trottoir » , explique un employé d'Hysacam. À Biyem-Assi, des rivières de bouteilles plastiques témoignent de ce fléau.

3. Des opérateurs débordés

Hysacam, le principal opérateur historique, et Thychlof, le second opérateur, peinent à faire face à la demande. Les employés dénoncent des moyens insuffisants et des rotations de ramassage limitées. Un contrat de 45,7 milliards FCFA sur cinq ans a pourtant été attribué à Hysacam en novembre 2024 pour résorber la crise, mais les résultats tardent à se matérialiser.

4. La disparition des bacs à ordures

Question cruciale : où sont passés les bacs à ordures ? En janvier 2026, le ministre de l'Administration territoriale, Paul Atanga Nji, a ordonné le retrait des bacs à ordures visibles sur les grands axes et les bordures de routes principales. Objectif affiché : améliorer l'esthétique urbaine. Résultat : des quartiers entiers se retrouvent sans points de collecte, poussant les habitants à abandonner leurs déchets n'importe où. Une décision qualifiée « d'incapacité à collecter les ordures » par certains observateurs.

Les risques sanitaires : une bombe à retardement

L'accumulation des déchets ménagers n'est pas qu'un problème esthétique. Elle constitue une menace sanitaire grave pour les populations. Les ordures attirent insectes, rongeurs et autres vecteurs de maladies, augmentant significativement les risques de transmission de pathologies.

Les risques sont multiples :
- Paludisme : la multiplication des moustiques dans les zones insalubres
- Choléra et typhoïde : la contamination des eaux de surface par les déchets
- Infections respiratoires : liées aux émanations toxiques des déchets en décomposition
- Accidents : les déchets débordant sur la chaussée réduisent l'espace de circulation

Comme le souligne une publication de Cameroon Tribune, « des riverains dénoncent une situation qui perdure depuis plusieurs semaines et s'inquiètent des risques sanitaires et d'accidents » .

L'opération « Yaoundé ville propre » : un coup d'épée dans l'eau ?

Face à une situation jugée préoccupante, le gouvernement a lancé l'opération spéciale d'hygiène et de salubrité « Yaoundé ville propre » , prescrite par le président Paul Biya. Objectif : restaurer l'image et le cadre de vie de la capitale en mobilisant des moyens additionnels.

Des « milliers de jeunes » ont été recrutés pour prêter main forte aux deux opérateurs. À Yaoundé II, environ 500 jeunes ont été engagés grâce à une dotation spéciale présidentielle de 265 millions de FCFA. À Yaoundé III, 350 jeunes ont été déployés.

Mais l'initiative est loin de faire l'unanimité. « Une question demeure : le renfort de jeunes, aussi massif soit-il, peut-il régler durablement l'insalubrité à Yaoundé ? » , interroge StopBlaBlaCam. Deux défis persistent : l'incivisme et une démographie galopante qui accroît chaque année la production de déchets sans que les infrastructures ne suivent.

« Sans évolution des comportements, amélioration de l'éducation à l'environnement et renforcement durable des capacités des opérateurs, "Yaoundé ville propre" risque de rester une campagne ponctuelle, davantage curative que structurelle » , conclut l'analyse.

Une solution durable est-elle possible ?

Pour le maire Luc Messi Atangana, une taxe sur le traitement des ordures ménagères pourrait constituer une réponse adaptée. Il mise également sur la diversification des opérateurs pour résoudre la crise. La Communauté urbaine de Yaoundé a d'ailleurs confié la supervision de la gestion des déchets à deux bureaux d'études pour la période 2025-2026.

Des initiatives émergent également de la société civile : des projets visent à recycler les déchets en sources d'énergie renouvelables comme le biogaz, ou à transformer les déchets plastiques en tuiles. Des plateformes de regroupement des déchets sont déjà opérationnelles dans certains arrondissements.

Mais ces solutions, aussi prometteuses soient-elles, ne pourront remplacer une volonté politique forte et un investissement massif dans les infrastructures de collecte et de traitement.

Une urgence qui ne peut plus attendre

Alors que les pluies s'intensifient en cette mi-août 2026, les risques d'inondations et de propagation de maladies augmentent. Les caniveaux obstrués par les déchets transforment chaque averse en catastrophe annoncée.

Les habitants de Biyem-Assi, Nsimeyong et des dizaines d'autres quartiers attendent des réponses concrètes. Les bacs à ordures doivent être réinstallés. La collecte doit être renforcée. Les comportements doivent évoluer. Et surtout, la gestion des déchets doit cesser d'être une variable d'ajustement budgétaire pour devenir une priorité nationale.

Car au-delà de l'image de la capitale, c'est la santé de millions de Camerounais qui est en jeu.

Pour plus d'informations sur l'actualité, abonnez vous sur : notre chaîne WhatsApp 

#Yaoundé #Ordures #Cameroun #SantéPublique #Environnement

partenaire

Vidéo de la semaine

Nadine de Liège: Retour triomphal à Lille Août 2026

Flore de Lille prépare son 06 Novembre 2026 à Sarcelles près de Paris

TEETY TEZANO à STRASBOURG Juillet 2026

AZIZ MOUNDE: HOMMAGE A ALAIN LE MIGNON

GASTON KELMAN décrypte NDAP BIKOKOO à Paris

Vidéo

Jeunesse engagée : retour sur la finale du Challenge PDF à Bruxelles

WILFRIED EKANGA À BRUXELLES : Il explique les objectifs du PDF, du MRC et les défis à venir

Charlotte Dipanda en concert à Bruxelles : une soirée qui restera dans les mémoires

Charlotte Dipanda au Cirque Royal : une première historique pour la musique camerounaise

Assassinat d'Anicet Ekanè : les révélations de sa sœur

il y a une semaine

il y a un mois

il y a un an