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CAMEROUN :: Olanguena : le ministre qui a dragué Chantal Biya ? :: CAMEROON

Le 31 mars 2008, Urbain Olanguena Awono, ministre de la Santé du Cameroun, est arrêté à son domicile. Officiellement : détournement de deniers publics. Dix-huit ans plus tard, il est toujours à la prison centrale de Yaoundé-Kondengui. Officieusement : aucune preuve de détournement n'a jamais été produite. La justice camerounaise a même dû inventer un chef d'accusation inexistant dans le Code pénal : le « détournement par assimilation ».

Derrière cette affaire judiciaire qui défie le droit le plus élémentaire, une rumeur persistante : l'arrestation du « sémillant ministre » serait née d'une crise de jalousie présidentielle. La première dame Chantal Biya aurait eu des mots trop élogieux pour ce ministre compétent. Paul Biya, mari jaloux et maître absolu de la justice, aurait ordonné son arrestation. La formule prêtée au chef de l'État résume tout : « On ne s'amuse pas avec la femme du chef. »

Ce qui s'est passé

Urbain Olanguena Awono, né le 16 juillet 1955 à Sa'a,était ministre de la Santé publique du Cameroun entre 2001 et 2007. Il gérait le budget du Global Fund, le fonds mondial de lutte contre le VIH/sida, la malaria et la tuberculose. Un budget de plus de 68 millions de dollars américains pour la deuxième phase de quatre programmes. Sous sa direction, le Cameroun a fourni un accès gratuit aux antirétroviraux à tous les patients séropositifs. Son bilan était salué sur la scène internationale.

Mais en 2007, il est limogé du gouvernement. Le 31 mars 2008, il est interpellé à son domicile et conduit menotté à la police judiciaire, sous les huées de la foule.

Une accusation qui s'effrite

Au fil des audiences, les charges s'effritent. Les témoins à charge et le collège d'experts judiciaires le mettent hors de cause. Le professeur Michel Kazatchkine, directeur du Global Fund, écrit noir sur blanc pour le disculper : les fonds avaient été correctement gérés. Les audits internationaux confirment l'absence de détournement.

Mais la justice camerounaise persiste. Elle invente un chef d'accusation introuvable dans le Code pénal : le « détournement par assimilation ». Une construction juridique sans précédent, qualifiée par des juristes de « fiction pénale ». L'ancien ministre lui-même dénonce une « notion absurde ».

« Factuellement et rigoureusement parlant, aucune preuve, absolument rien, n'a établi à mon encontre, selon les exigences de la loi, ni un détournement des deniers publics ni un enrichissement personnel. »
Urbain Olanguena Awono, 31 mars 2024

Condamnations sans crime

En juin 2012, Olanguena Awono est condamné à 15 ans de prison pour « détournement par assimilation ». Le 12 août 2013, le Tribunal criminel spécial (TCS) ajoute 20 ans de prison ferme. Au total, 35 ans de réclusion pour un crime que le droit camerounais ne définit pas. Un préjudice évalué à environ 120 000 euros une somme dérisoire au regard des peines infligées.

La vraie raison : la jalousie présidentielle ?

Selon des sources concordantes, Chantal Biya aurait formulé des éloges trop marqués envers ce « ministre compétent » devant son époux. Olanguena Awono était devenu une figure centrale de l'écosystème humanitaire gravitant autour de la première dame : Synergies Africaines, la Fondation Chantal Biya, la venue du prix Nobel Luc Montagnier au Cameroun.

Paul Biya, dans une réaction décrite comme celle d'un mari jaloux, aurait ordonné son arrestation. Depuis lors, Urbain Olanguena est en prison. Seule accusation inavouée : il a osé faire le beau chez Chantal Biya.

Un système judiciaire aux ordres

Paul Biya préside le Conseil supérieur de la magistrature. Ce double rôle chef de l'État et chef des magistrats lui confère un contrôle structurel sur les décisions judiciaires. Les magistrats ayant montré de la bienveillance envers Olanguena Awono auraient été sanctionnés ou écartés.

L'opération Épervier, censée lutter contre la corruption, est dénoncée par de nombreuses voix pour ses arrestations sélectives et la lenteur de la justice. Une trentaine de personnes sont détenues dans ce cadre, dont six sont mortes en prison.

L'homme brisé, le système intact

Aujourd'hui, Urbain Olanguena Awono est décrit comme l'ombre de lui-même. Son père est décédé pendant sa détention. Il souffre de problèmes de santé sérieux. Il entame en avril 2026 sa dix-neuvième année d'enfermement.

Le chef de l'État a jusqu'à récemment botté en touche toutes les suppliques de l'ancien ministre expliquant son innocence. L'homme a la rancune tenace doublée d'une mémoire d'éléphant, lui assurant le contrôle quasi-permanent de ses punitions.

La question qui reste entière

Combien de dossiers similaires dorment dans les prisons camerounaises, fabriqués non par la loi mais par la rancune d'un homme au pouvoir depuis 1982 ? Le cas Olanguena Awono illustre une mécanique précise : au Cameroun sous Paul Biya, le pouvoir punit sans preuves, maintient sans jugement définitif, et dure parce qu'il a verrouillé toute alternative politique.


Qu'en pensez-vous ? Paul Biya a-t-il vraiment fait emprisonner Olanguena Awono par jalousie ? Donnez votre avis en commentaire.

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#Cameroun #OlanguenaAwono #PaulBiya #ChantalBiya #Justice #PrisonPolitique #Kondengui

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