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Nalova Lyonga ferme 205 écoles au Cameroun :: CAMEROON

À quelques mois de la rentrée scolaire 2026-2027, le ministre des Enseignements secondaires signe un arrêté de fermeture visant 205 établissements. Parmi eux, des écoles des régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, dont Etoke High School, propriété présumée d'un ancien député du parti au pouvoir.

Le couperet tombe avant la rentrée

Le 13 juillet 2026, Pauline Nalova Lyonga a signé trois communiqués. Bilan : 205 écoles secondaires camerounaises ne rouvriront pas leurs portes à la prochaine rentrée scolaire.

La raison ? Ces établissements ont fonctionné en marge de la loi, sans autorisation de création, d'ouverture ou d'extension une violation directe des lois d'orientation de l'éducation du 22 juillet 2004 et du 15 décembre 2008.

Parmi les institutions concernées, 16 écoles sont situées dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, épicentre de la crise anglophone qui secoue le Cameroun depuis 2016. Et parmi elles, un nom fait particulièrement réagir : Etoke High School, à Mutengene, propriété présumée de l'ancien député RDPC Hon. Etoke.

Une décision qui interroge. Jusqu'où le gouvernement est-il prêt à aller pour assainir le secteur éducatif, même lorsque cela touche les siens ?

Un assainissement récurrent du secteur éducatif

Ce n'est pas la première fois que Nalova Lyonga procède à une telle purge. En juillet 2024, elle avait déjà annoncé la fermeture de 172 établissements secondaires à travers le Cameroun. En 2019, 62 écoles privées avaient été interdites.

La méthode est toujours la même : des communiqués rendus publics, une liste d'établissements épinglés, et des motifs identiques défaut d'arrêté de création, environnement non propice à l'apprentissage, absence d'autorisation d'extension.

Mais en 2026, l'ampleur est plus grande. Trois communiqués, 205 établissements concernés, et une opération qui survient à quelques mois de la rentrée scolaire 2026-2027, laissant des milliers d'élèves dans l'incertitude.

« Cette opération vise les écoles clandestines qui fonctionnent sans agrément officiel », insiste la ministre.

Les chiffres clés de la fermeture

Selon les données du MINESEC, sur les 205 écoles concernées :

Motif   Nombre d'établissements
Fonctionnement sans autorisation de création 77 
Fonctionnement sans autorisation d'ouverture 19 
Environnement non propice à l'apprentissage 1
 Fonctionnement sur un site non autorisé 1
Fonctionnement sans autorisation d'extension en enseignement technique 3
Cessation d'activité 4
Total 105/205 annoncés

La région du Littoral enregistre le plus grand nombre d'écoles fermées, avec 52 établissements. La région du Centre en compte 13. L'Ouest et le Sud-Ouest en comptent 11 chacun. Le Nord-Ouest enregistre 5 écoles, le Sud 4, et l'Adamaoua 2.

Focus sur les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest 16 écoles fermées

La présence de 16 écoles fermées dans les régions anglophones est particulièrement significative. Ces régions, en proie à une crise socio-politique profonde depuis 2016, voient leur système éducatif fragilisé par les fermetures d'écoles, les enlèvements d'enseignants et la violence séparatiste.

Région du Nord-Ouest (5 écoles)

1. École secondaire baptiste, Jikejam, Oku
2. École secondaire King David, Ndu
3. École secondaire Diligic, Alakuma, Bamenda II
4. Collège technique et commercial Heritage, Banja, Bamenda II
5. École secondaire New Vision, Ndop

Région du Sud-Ouest (11 écoles)

1. Collège bilingue Excel Buea, Clark's Quarter, Buea
2. Collège Bexton Comprehensif, Wonya Emongo, Buea
3. Collège Gecoms, Muea, Buea
4. Collège technique et commercial Heritage, Mile 14, Dibanda, Buea
5. École secondaire Victoria, Mbonjo, Limbe I
6. Collège Comprehensif Victorial, Down Beach, Limbe I
7. Collège Glorieux d'Excellence, Ngome, Limbe II
8. Collège technique et commercial Abata, Batoke, Limbe II
9. Collège progressif de l'éducation, Boma Street, Tiko
10. École secondaire Etoke, Mutengene
11. École secondaire Miriam, Misselele, Tiko

Etoke High School, l'école d'un ex-député RDPC

Parmi ces établissements, Etoke High School à Mutengene attire l'attention. L'école serait la propriété de l'Honorable Etoke, ancien député du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), le parti au pouvoir.

La décision de fermer une école appartenant à un membre influent du régime est un signal fort. Elle montre que le MINESEC, sous l'impulsion de Nalova Lyonga, entend appliquer la loi sans considération politique.

Mais elle soulève aussi des questions. Pourquoi cette école a-t-elle pu fonctionner si longtemps sans autorisation ? La proximité politique de son propriétaire avec le pouvoir lui a-t-elle offert une protection ? Ou bien la ministre, originaire du Fako dans la région du Sud-Ouest, a-t-elle voulu prouver son impartialité en frappant chez elle ?

« Le ministre des Enseignements secondaires a ordonné la fermeture de onze établissements scolaires situés dans la région du Sud-Ouest », confirme une source proche du MINESEC.

Des milliers d'élèves dans l'incertitude

La fermeture de 205 écoles secondaires a des conséquences concrètes pour des milliers d'élèves, de parents et d'enseignants.

Pour les élèves : ils doivent trouver une nouvelle école à quelques mois de la rentrée. Un défi dans un système éducatif déjà saturé, où les places dans les établissements agréés sont limitées.

Pour les enseignants : certains pourraient perdre leur emploi si leur école ne rouvre pas.

Pour les parents : ils doivent assumer des frais de scolarité supplémentaires dans de nouveaux établissements, alors que le coût de la vie ne cesse d'augmenter.

Pour le système éducatif camerounais : cette opération de grande envergure vise à assainir le secteur, mais elle expose aussi les failles d'un système où des centaines d'écoles ont pu fonctionner illégalement pendant des années.

Réactions Entre soutien et inquiétude

Sur les réseaux sociaux, les réactions sont partagées. Certains saluent la fermeté de la ministre :

« Enfin une ministre qui fait son travail. Ces écoles clandestines volent l'avenir de nos enfants. »

D'autres s'inquiètent du sort des élèves :

« Et les enfants dans tout ça ? Ils n'ont rien demandé. On les renvoie où maintenant ? »

La présence d'Etoke High School dans la liste a également suscité des commentaires ironiques :

« Même l'école d'un député RDPC n'y a pas échappé. Nalova Lyonga ne rigole pas. »

Un signal pour l'avenir

La fermeture de 205 écoles secondaires est un signal fort envoyé par le MINESEC à l'ensemble du secteur éducatif privé. Les établissements qui ne respectent pas les formalités légales de création et d'ouverture sont désormais sur la sellette.

Pour Nalova Lyonga, cette opération est aussi un moyen d'affirmer son autorité. La ministre, qui a déjà dû gérer la crise du GCE 2026 reporté en raison de fuites d'examens montre qu'elle ne recule pas devant les décisions difficiles.

Reste une question : ces fermetures seront-elles suivies d'un plan d'accompagnement pour les élèves et les enseignants concernés ? Ou bien le gouvernement se contentera-t-il d'appliquer la loi, laissant les familles se débrouiller seules ?

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#Cameroun #NalovaLyonga #ÉcolesFermées #Rentrée2026 #Éducation #MINESEC

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