Cameroun - « Fermez votre clapet sur la Fecafoot » : Nang recadre Obama
© Camer.be : Toto Jacques | 02 Jul 2026 14:47:48 | 2387Le maire de Minta et ancien cadre de la CRTV, Jean Lambert Nang, a publiquement répliqué à Ernest Obama Nana après qu'une de ses publications sur les commentateurs sportifs de la chaîne publique a fait l'objet d'une heure d'émission télévisée.
Trois lignes. C'est tout ce qu'il avait fallu à Jean Lambert Nang pour déclencher, selon ses propres mots, une heure entière de programme télévisé consacrée à sa personne. L'ancien chef du desk sports de la CRTV, devenu maire de Minta début décembre, ne l'a pas laissé passer. Dans un message public signé "confraternellement", il a répondu point par point à Ernest Obama Nana, animateur bien connu du paysage audiovisuel camerounais. Entre rappel de ses états de service, revendication de sa liberté d'expression et allusions à peine voilées à la Fecafoot et à Samuel Eto'o, la riposte ne fait pas dans la demi-mesure.
Le maire de Minta hausse le ton face à Obama Nana
Une nouvelle passe d'armes agite le petit monde des médias camerounais. Jean Lambert Nang, élu maire de Minta le 4 décembre 2025 après une longue carrière à la CRTV où il a dirigé le desk sports et présenté l'émission culte "Fou Fou Foot", a publié une réponse cinglante adressée à Ernest Obama Nana, figure connue de Vision 4 puis de Bnews1 et maintenant de A1
À l'origine de cette passe d'armes : des propos publiés par Jean Lambert Nang. sur les commentateurs sportifs de la chaîne publique. Selon Nang, ces "trois lignes" auraient été reprises et commentées pendant "toute une heure de programme" par Obama Nana.
Dans son message, Nang ne mâche pas ses mots. Il retourne d'abord l'attaque en argument : si une heure d'antenne a été jugée nécessaire pour commenter trois lignes, c'est bien la preuve, selon lui, que sa parole "porte" dans la sphère médiatique camerounaise. Il revendique ensuite son droit, en tant que téléspectateur redevable de la redevance télé, d'analyser les productions du service public; un droit qu'il estime partagé par "le reste de mes autres compatriotes".
Le maire de Minta va plus loin en évoquant un épisode antérieur : il affirme avoir été sollicité, en son temps, par Obama Nana lui-même pour livrer son ressenti sur son passage dans une chaîne de télévision privée. Une manière, pour Nang, de souligner ce qu'il perçoit comme une forme de deux poids, deux mesures.
Sur le terrain institutionnel, Nang rappelle que sa fonction de maire ne le prive pas de sa liberté d'expression, qu'il qualifie de "droit fondamental". Il revendique au passage une expertise reconnue dans le domaine sportif et médiatique, se référant à un commentateur qui aurait salué son "excellence" en la matière propos que nous n'avons pas pu authentifier indépendamment.
La charge se conclut sur un ton plus offensif. Nang évoque son passage à la Fecafoot, la Fédération camerounaise de football qu'il a effectivement dirigée quelques mois en 2006, et interpelle directement Obama Nana sur sa propre couverture de l'institution ainsi que sur ses commentaires passés à l'égard de Samuel Eto'o, qu'il aurait qualifié de "Dieu". Il met ainsi en balance, selon lui, la légitimité de la critique de chacun.
Deux figures issues du même écosystème médiatique
L'échange prend un relief particulier du fait des parcours croisés des deux hommes. Jean Lambert Nang, 63 ans, diplômé de l'École supérieure des sciences et techniques de l'information en 1985, est une figure historique du sport à la télévision publique camerounaise avant de rejoindre la mairie de Minta, dans la Haute-Sanaga. Ernest Dieudonné Obama Nana, né en 1980, diplômé de l'ESSTIC, a construit sa notoriété à Vision 4 puis à Bnews1. Il a par ailleurs fait l'objet de plusieurs sanctions du Conseil national de la communication (CNC), la dernière en date remontant à 2025 pour des propos jugés "inappropriés et irrévérencieux".
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