CAMEROUN :: UN CERTAIN MONSIEUR NGUEFACK :: CAMEROON
© Correspondance : Shanda Tonme | 19 Jun 2026 10:45:49 | 476Sans doute un poison violent comme source de la recrudescence des diatribes ethno-tribales dans la capitale économique
Ce qui est en cause, ce n’est ni la haine ni la jalousie contre une ethnie, c’est la manifestation d’un instinct profond de survie, d’un doute sur la résistance dans la postérité, et d’une perte pour certains des éléments culturels du creuset de leur identité et valeurs ancestrales. Ne pas le comprendre, ne pas le considérer, ne pas l’accepter et le traiter honnêtement est une faute. Il y a dorénavant un devoir impérieux d’assurer la maîtrise de cette question pérenne.
La pire des manières d’aborder un problème, c’est de le considérer au premier degré, c’est-à-dire d’en appréhender seulement les conséquences et traductions immédiates, sans chercher à réfléchir, à s’interroger à la fois sur les sources réelles et profondes, les conséquences et implications effectives ainsi que la projection des effets collatéraux sur la postérité. Toutes les composantes culturelles de notre pays ont un égal intérêt, une égale préoccupation et un égal amour pour la patrie, pour son progrès, pour son développement et pour son rayonnement, n’en déplaise à quelques cinglés et égarés qui travaillent à l’envers et trahissent des instincts regrettables. Mais le dire, l’affirmer, c’est automatiquement s’inscrire dans une volonté et surtout une obligation de protection, de solidarité, de compassion, de bonheur, d’attention et de survie pour tous.
Dans le champ chaotique construit malheureusement et insidieusement par la prolifération des discours inadéquats et abjects qui se nourrissent des faits divers toxiques, on a le sentiment que nombre de grands esprits perdent le nord, s’éloignent de la raison et versent dans l’accompagnement des haines et l’aggravation des préjudices. Le break s’impose.
Des noms, des causes, des plaintes, des revendications ainsi que des appels et des recommandations fusent de partout, exprimant plus la vivacité d’une société en ébullition troublée et inquiète pour son futur, que l’existence ou le développement réel d’une ambition de guerre civile voire de division et de fracture de notre pays. Il importe en conséquence de savoir et pouvoir circonscrire les faits, les sources, les acteurs et les implications. A trop étaler et tirer par devant les moindres incidents, nous ne rendons pas service à nos familles, à nos enfants. Les crimes rituels existent et ont toujours existé, les provocations même gratuites ou soutenues par quelques folies et dérapages manipulés existent et ont toujours existé. Et puis, à chaque moment de l’histoire d’une nation, d’une cité, d’une communauté de gens, peut émerger une source de polarisation négative, un nom, une étincelle. Tout le monde à Douala vous parlera d’un certain monsieur Nguefack, lequel commanderait des magistrats, des chefs de terre, des chefs de guerre, des plumes de journalistes, et qui serait le chef des chefs intronisé on ne sait comment pour les transactions foncières gloutonnes. Il n’est pas Chinois, il est bien Camerounais.
A la vérité, l’honnêteté nous commande de saluer le génie, la ruse, le cynisme et l’esprit d’entreprise outrancier de certains individus, mais au-delà, mais pour cela, mais à cause de cela, si la cohésion nationale doit pâtir de leurs méthodes, de leurs mécanismes, de leur peu de considération pour la postérité et pour la solidarité nationale, alors il y a un problème. Il s’agit donc de l’art et de la manière, d’en produire un jugement correct à l’observation. Levez-vous pour parler de CONGELCAM, et je vous expliquerai comment un petit débrouillard, vendeur sur les étals de petits tas de trois quatre voire cinq poissons, a travaillé durant quatre décennies pour se projeter aux sommets et aux quatre coins du pays. Là, levez-vous, saluez et faites profil bas. Par contre entendre qu’un monsieur sorti de l’au-delà, a créé sa propre chefferie, dans les terres d’une entité traditionnelle remplie de coutumes et de valeurs propres, c’est tout à fait un autre débat. J’ai grandi sur les berges du Wouri, à Deido, mais comment m’imagier créant ma propre chefferie au milieu des terres Sawa de Déido ? Non, non, non. ,
Le phénomène Nguefack à Douala est une terrible et insoutenable hérésie, et pour lui comme pour ceux qui croient créer leur propre chefferie partout, avec la corruption de certains préposés de l’Etat, ce n’est pas seulement inacceptable, c’est dangereux. On peut devenir Maire à Edéa ou à Kribi sans être Bassa ou Batanga, mais chef traditionnel, c’est non, absolument non. Fermez le débat et parlons d’autre chose, de la paix au Cameroun, de notre destin commun, de nos rêves pour une société apaisée, pour la réconciliation des cœurs./.
Yaoundé, le 18 juin 2026
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