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CAMEROUN :: CONTRE L’OUBLI ET L’INGRATITUDE FACE AUX SYMBOLES ET AUX VALEURS FORTES :: CAMEROON

Du sanctuaire marial à la Basilique mineure de Mvolyé. Une mémoire qui interpelle, et une œuvre testamentaire pour l’éternité : MONSEIGNEUR JEAN ZOA
 
Combien le savent ? Combien peuvent l’imaginer ou même simplement le soupçonner ? Combien lui rendent sa véritable signification, sa fierté et son importance dans le paysage divers porté par notre conscience et notre esprits volatiles ? Ce n’était pas qu’une maison et un lieu d’expression et de magnificence de la foi chrétienne pour l’église catholique romaine qui est au Cameroun et principalement à Yaoundé. L’homme de coeur, le berger des fidèles, mais également des hommes, des femmes et des enfants de toutes les chapelles, rêvait d’un haut lieu de culture, de rassemblement, de prières, de solidarité, de foi polyvalente et de paix. Voilà ce qui trônait dans l’esprit de Monseigneur Jean Zoa. Voilà comment lui était venue en révélation divine, l’idée du Sanctuaire élevé en basilique mineure par le Vatican. Tout le plateau de Mvolyé devait devenir un chemin de pèlerinage de la fraternité sans frontières.
 
Rendons au Berger ses honneurs, la paternité de son œuvre et sa place dans son œuvre. 

« Nous commençons, les autres continueront ». Ainsi s’adressa l’Archevêque lors d’une séance de travail historique au père Procureur et principal collaborateur. Ainsi fut lancé la phase finale du chantier du Sanctuaire marial de Mvolyé en 1996.

Chaque matin, Monseigneur arpentait les talus qui longent le plateau, marchant doucement dans le vent glacial et innocent de 6hs, les mains croisées dans le dos, de sa résidence située à trois cent mètres, jusqu’au vaste chantier du sanctuaire. Il n’existe pas de moment de méditation et de pénitence plus fort que celui-là pour un responsable, pour un homme dont toute la vie était commise à la promotion pas seulement de la foi chrétienne, mais globalement des œuvres humaines. 

Mais nous voici aujourd’hui, dans ce qui est le meilleur symbole de cette passion pour le bien-être spirituel et social des chrétiens sous la conduite de leur berger, la basilique mineure de Mvolyé. La conception même de l’œuvre comme le disait ce grand homme parmi les hommes, était le résultat de ses voyages, de ses observations, de ses enseignements à travers le Cameroun, l’Afrique et le monde. L’ouvrage devait représenter toutes les cultures de l’universel. Et pour ceux qui ont du sens de l’observation, allez analyser, chercher et conclure, et vous ne verrez que cela, une majestueuse fresque architecturale réalisée avec toutes les essences de nos forêts, couverte de cuivre. Je n’en dirai plus, je n’en révélerai pas d’avantage. Il faut laisser à l’œuvre et à son auteur, le mystère sublime, leur mystère, en fragments d’intelligences, de foi et des spiritualités aussi plurielles qu’insondables. 

Pour qui comprendra l’interpellation, la réparation devra être soudaine, pas prochaine ni sujet de débat. A chaque cérémonie ou événement heureux ou malheureux en ce lieu, ma peine est immense, profonde, cruelle et insoutenable. Nulle part je ne vois quelque chose qui annonce, indique, conforte, rassure, alerte, prône ou associe l’image de Monseigneur Jean ZOA.

Où est passé le bâtisseur, le concepteur, le rêveur, le rassembleur, le polisseur, le donateur et consécrateur ? L’Afrique serait-elle vraiment maudite, contre sa propre histoire, ses propres symboles et valeurs ? Ni racisme ni sectarisme, mais y voir trôner des images de blancs, des figures ou représentations diverses, dans l’ignorance totale des mains et de la volonté par lesquelles et avec lesquelles, l’œuvre est debout me choque, me désole, me consterne, me trouble et me bouleverse à l’infini. 

Sans doute, il savait, riche de curiosités, de découvertes, d’annonces et d’anticipation qu’il était, combien nous ne donnons pas à nous-mêmes et à notre être, sa dimension spirituelle propre, indigène, originelle et progressiste. « Ne gâtez pas notre cathédrale, la cathédrale de tous les chrétiens quand ce sera mon tour, enterrez-moi au cimetière de Mvolyé, parmi les fidèles, et mon pauvre corps aidera comme des engrais, à faire pousser quelques herbes ». Voilà ce qu’il disait alors que nous préparions les obsèques de Mgr Etoga. Il méritait de reposer dans un espace du sanctuaire, mais l’homme profondément symbole et source d’humilité et de progrès, n’était pas des écoles de l’ostentation et de la pensée unique, ce que témoigne son combat, le seul combat des dernières années de sa vie, sur la nécessité de l’inculturation et l’association absolue des projets concrets de développement à la promotion de la foi chrétienne et de la pastorale. 

Monseigneur JEAN ZOA repose en paix parmi les siens au cimetière de Mvolyé, et non image ni son souvenir même implicite, ne sont nulle part visible à la basilique mineure située juste en face, une réalisation magnifique pour laquelle, il avait tant rêvé. Tout un message pour l’humanité./. 

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