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CAMEROUN :: Douala-Bali : un assassinat, un corps bloqué, une famille brisée :: CAMEROON

Employée chez Nevittes, partenaire Orange Money, Lole Saffo Stéphanie a été mortellement blessée à l'arme blanche dans une boutique du quartier Bali à Douala le 14 mai. Des semaines plus tard, son corps reste sous scellés judiciaires et sa famille, perdue dans les procédures, attend toujours de pouvoir l'enterrer.

Elle est allée travailler ce matin-là. Comme tous les autres matins.

Elle s'est installée derrière sa caisse, dans cette boutique habituellement sécurisée du quartier Bali. Elle avait 44 ans. Elle avait une vie. Une maman.

Ce 14 mai, des hommes sont entrés. L'un d'eux l'a suivie. Derrière la caisse. Là où personne ne devrait pouvoir la menacer.

Elle n'est jamais rentrée chez elle ce soir-là.

Et depuis, sa famille attend. Le corps est sous scellés. La maman ne comprend pas ce qui se passe. Et personne, semble-t-il, ne lui explique rien.

Lole Saffo Stéphanie, tuée à son poste de travail et sa famille coincée dans un silence judiciaire

Ils sont nombreux à en avoir parlé sur les réseaux sociaux. La découverte de la dépouille de Lole Saffo Stéphanie, 44 ans, dans le quartier Bali à Douala, a provoqué une vague d'émotion et d'indignation. Mais derrière les commentaires, il y a une réalité plus lourde, plus silencieuse et tout aussi révoltante.

Le 14 mai : une journée de travail qui tourne au drame

Ce jour-là, Lole Saffo Stéphanie se trouve à son poste. Employée de l'entreprise Nevittes, partenaire d'Orange Money, elle travaille dans une boutique située en face de la Société Générale de Bali. Une boutique habituellement sécurisée par un vigile.

Habituellement.

Des malfrats s'introduisent dans les locaux. L'un d'eux repère la caissière. Il la suit derrière le comptoir. Et c'est là dans cet espace qui aurait dû être protégé qu'il lui porte le coup mortel à l'arme blanche.

Lole Saffo Stéphanie est conduite en urgence à la clinique Edimed. Elle n'en ressortira pas vivante.

Un deuil suspendu, une famille dans le vide

Le pire, pour la famille, est peut-être venu après.

Depuis le décès de Lole, son corps est placé sous scellés judiciaires mesure standard dans le cadre d'une enquête criminelle. Mais pour la famille, cette procédure est devenue un mur opaque et douloureux.

Sa maman, dont le nom n'a pas été rendu public, confie son incompréhension totale. Elle ne sait pas quand elle pourra enterrer sa fille. Elle ne comprend pas les étapes de la procédure. Elle ne sait pas à qui s'adresser.

"Perdre son enfant, c'est déjà insupportable. Ne pas pouvoir lui offrir une sépulture digne, c'est une deuxième mort."

Des questions qui restent sans réponse

Plusieurs zones d'ombre entourent encore cette affaire. Comment des malfrats ont-ils pu pénétrer dans une boutique habituellement gardée ? Où se trouvait le vigile ce jour-là ? L'enquête judiciaire est-elle en cours ? Des suspects ont-ils été interpellés ?

Pour l'heure, aucune communication officielle de Nevittes ni des autorités compétentes n'a été rendue publique. La famille, elle, continue d'attendre dans le silence et dans la douleur.

Un cas qui interroge la protection des travailleurs

Au-delà du drame individuel, la mort de Lole Saffo Stéphanie soulève une question de fond : quelle protection réelle est offerte aux employés des boutiques de transfert d'argent mobile au Cameroun ?

Ces points de vente, souvent situés en zone commerciale dense, manipulent des liquidités quotidiennement. Ils constituent, de fait, des cibles pour les malfrats. La présence d'un vigile ne suffit visiblement pas et ce jour-là, il n'était même pas là.

La mort de Lole n'est pas un fait divers ordinaire. C'est le signe d'une faille systémique dans la sécurité des travailleurs du secteur financier informel.

La suite

Cette affaire sera suivie. Les questions posées par la famille méritent des réponses publiques. Et Lole Saffo Stéphanie, 44 ans, mérite que son nom ne disparaisse pas dans l'indifférence.

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