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ÉTATS-UNIS :: Raúl Castro visé : répétition du scénario Venezuela ? :: UNITED STATES

L’administration Trump inculpe l’ancien président cubain Raúl Castro pour la destruction de deux avions en 1996, tandis qu’un blocus naval et énergétique paralyse l’île. Répétition du scénario vénézuélien qui avait précédé l’enlèvement de Nicolás Maduro.

Le 24 février 1996, deux petits avions Cessna tombaient dans le détroit de Floride, touchés par un missile tiré d’un MiG-29 cubain. Quatre morts. Washington hurle au crime. La presse occidentale parle d’une attaque contre une « organisation humanitaire » : Brothers to the Rescue.

Vingt-neuf ans plus tard, l’administration Trump ressort ce dossier. Raúl Castro, alors ministre de la Défense, est inculpé. Mais ce n’est pas un geste isolé. Depuis trois mois, un blocus naval et énergétique étrangle Cuba. Les bateaux-citernes ne livrent plus de pétrole. Les hôpitaux tournent au ralenti. Les ordures s’entassent dans les rues de La Havane.

Exactement le même scénario qu’au Venezuela avant l’enlèvement de Maduro, le 3 janvier dernier.

Alors, simple coïncidence juridique ? Ou la mise en place méthodique d’une intervention militaire américaine contre l’île, à quelques mois des élections de mi-mandat ?

Le 20 avril dernier, le département de la Justice américain a inculpé l’ancien président cubain Raúl Castro, 93 ans, pour « destruction d’aéronefs ayant entraîné la mort ». L’accusation vise sa responsabilité en tant que ministre de la Défense au moment de l’abattage de deux avions appartenant à l’organisation cubano-américaine Brothers to the Rescue.

Mais selon Bloomberg et plusieurs sources géopolitiques, cette inculpation s’inscrit dans une stratégie plus large : préparer le terrain à une action militaire limitée contre Cuba, sans autorisation préalable du Congrès.

Le précédent vénézuélien

Le 3 janvier dernier, les forces spéciales américaines ont enlevé le président Nicolás Maduro et sa femme, la députée Cilia Flores, à Caracas. L’opération avait été précédée de plusieurs mois : accusations de narcotrafic (« Cartel des Soleils »), blocus maritime et coupure des approvisionnements pétroliers, puis inculpations de hauts responsables.

L’administration Trump applique la même séquence à Cuba :

- Blocus énergétique : depuis trois mois, les livraisons de pétrole à La Havane sont bloquées, paralysant transports, collecte des déchets, santé et éducation.
- Inculpations : outre Raúl Castro, le président actuel Miguel Díaz-Canel et plusieurs proches sont visés.
- Justification juridique : l’accusation de « destruction d’avions » servirait de prétexte à une intervention militaire sans vote du Congrès, comme ce fut le cas pour Maduro.

Une différence stratégique majeure

À Caracas, l’enlèvement de Maduro n’a pas entraîné l’effondrement du gouvernement ni des forces politiques chavistes. Pour Cuba, Washington viserait un « vide gouvernemental » : renverser non seulement les dirigeants actuels, mais aussi leurs successeurs potentiels, afin d’éviter une résistance organisée.

L’enjeu électoral de Trump

La Floride compte 2,9 millions de Cubains ou descendants, dont 1,2 à 1,5 million d’électeurs. Historiquement républicains, ils ont massivement soutenu Trump en 2020. Mais les sondages pour les élections de mi-mandat (novembre prochain) annoncent une victoire démocrate. Une intervention militaire victorieuse contre Castro symbole suprême de l’humiliation américaine depuis 1961 pourrait mobiliser votes et financements de cette diaspora.

Aucun président américain n’a osé envahir Cuba après l’échec de la Baie des Cochons et la crise des missiles de 1962. Rompre ce tabou enverrait un message : Trump n’a peur ni de l’histoire ni de l’absence d’enjeu stratégique.

Brothers to the Rescue : que s’est-il vraiment passé en 1996 ?

L’accusation contre Raúl Castro repose sur un événement réel : le 24 février 1996, deux Cessna de Brothers to the Rescue ont été abattus par un MiG-29 cubain. Quatre membres d’équipage sont morts.

Mais la caractérisation de « simple organisation humanitaire » est contestée.

- Fondateur : José Basulto, ancien agent de la CIA, formé aux États-Unis, au Panama et au Guatemala. Participant du débarquement de la Baie des Cochons (1961) et d’une attaque à la canonnière contre un hôtel de La Havane en 1962, qu’il a lui-même qualifiée de « terrorisme sans morts, juste pour terroriser ».
- Activités : avant 1996, Brothers avait multiplié les violations de l’espace aérien cubain, larguant des tracts appelant à la rébellion. L’organisation recevait des avions O-2 retirés de l’US Air Force, donnés sur ordre du président George Bush.
- Avertissements américains : la Federal Aviation Administration (FAA) et le Département d’État avaient prévenu à plusieurs reprises que Cuba était déterminé à défendre son espace aérien. Une note interne citée par l’auteur Fernando Morais indique : « Le pire scénario serait que Cuba abatte l’un de ces appareils. »

Le jour des faits, le propre avion de Basulto a pénétré l’espace aérien cubain après avoir été informé par la tour de contrôle de La Havane que la zone était « activée ». Les deux autres Cessna ont été abattus.

L’incident a conduit à l’adoption de la loi Helms-Burton, renforçant l’embargo contre Cuba et le rendant extraterritorial.

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#Cuba #Trump #Geopolitique #CriseDesMissiles #BlocusCuba

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