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CAMEROUN :: APPEL A L’APAISEMENT de Shanda Tonme: Les crimes de Zoélété nous interpellent :: CAMEROON

C’est dans les situations les plus dramatiques, les plus délicates, les plus sensibles, les plus chargées d’émotions et donc les plus dangereuses que les nations découvrent les richesses de leur unité, face aux risques de leur explosion voire de leur désagrégation tout court. Ainsi donc, si véritablement la cause sacrée demeure la survie et la prospérité, il n’y a plus de discours ni d’action qui vaille la peine, tant que leur substance ne privilégie pas la sauvegarde du trésor existentiel que constituent alors la responsabilité, l’humilité et le pardon de tous.

 Zoétélé n’est ni le début ni la fin, ni la première fois ni la dernière fois, ni extraordinaire ni exceptionnelle, ni importée ni imposée, ni cherchée ni recherchée, ni sournoise ni cynique et ni inhumaine. Zoétélé est plantée en nous. En effet la situation de Zoétélé puise sa source et développe ses ressources profondément dans notre ADN, celui d’une nation plurielle et arc-en-ciel cousue de diversités insondables, incontrôlables et ambivalentes. La richesse n’est pas toujours source de bonheur, ni témoignage de réussite et promesse de tranquillité.

Le Cameroun qui s’est exprimé dans la soirée du 19 mai 2026 à travers le drame de Zoétélé, est le vrai Cameroun, celui de nos veines, de notre cerveau, de nos valeurs troubles, de notre culture imparfaite ainsi que de l’ensemble de nos incompréhensions. En quelques heures, une vendetta cruelle et morbide aux relents tribalo-sataniques a bouleversé la quiétude d’une ville et défié tout ce qui peut être considéré comme le bon sens. Et on se souviendra, qu’en 1991, après avoir passé une nuit entière à casser l’unique boulangerie de la ville à Sangmélima, les mêmes meneurs et donneurs d’ordre se présentèrent le matin au lieu du crime pour demander à acheter du pain.

L’Afrique du sud sorti des affres de l’apartheid il y a quatre décennies, brûle aujourd’hui de plus belle, confondant tous les humanistes et tous les spiritualistes. C’est sans aucun doute plus le sens de l’histoire, l’essence versatile de la nature humaine, que la mise en exergue des programmes des gouvernances. Chaque incident peut réveiller des montagnes de rancœurs, de jalousies, de haines gratuites et de vengeances étouffées, endormies ou mal contenues. Mais alors, la buchette d’allumette n’a rien d’automatique, elle est subordonnée, conditionnée par une main, des mains, des esprits obscurs, sournois et malicieux qui savent jouer et créer des enjeux.

Zoétélé ne nous détruira pas, parce que nous ne devons pas laisser quelques perdus, quelques compatriotes sans mérites, nous conduire dans l’abîme. Ce n’est pas une affaire de bambins ou de désœuvrés, c’est bien plus que cela, c’est terrible. Le sous-préfet ? Le Commissaire ? Le commandant de brigade ? Au plus haut et plus puissant d’entre nous, d’entre les compatriotes, de décider de la suite, de nous tenir et retenir, de marquer le coup et de mettre ses obligés et serviteurs en mouvements. Nous ne sommes que ses brebis et lui le Berger.

Il ne s’agit pas de taire les crimes, d’excuser les fautes ou de banaliser les comportements et les dangers. Il s’agit de regarder devant, et de se dire : « après tout, tant que le monde existe, et tant que des femmes et des hommes existent, des dérapages existeront, et il faudra avancer avec, faire avec, vivre avec ». Je lis déjà avec peine, des insanités manipulatoires, des écrits malhonnêtes tendant à justifier, bêtement, maladroitement le drame. Qui veut noyer le poisson ? Non, on ne cache pas le feu et on n’oublie pas des mots d’ordre du genre, « allez-y, cassez tout, brûlez, prenez, les étrangers dehors, les envahisseurs dehors, tuez-les tous ». Zoélété n’est pas Gaza, mais en sommes-nous éloignés ? Flavien Nziko n’est pas Steve BIKO ni le capitaine Dreffus, mais en sommes-nous éloignés ? Pourtant, un drame s’est noué avant, une femme est décédée, et la justice a dit le droit, un droit devenu un prétexte de feu. Paix à l’âme de notre sœur et compatriote.

Pauvres citoyennes et citoyens du Cameroun. Si seulement l’apaisement pouvait devenir une philosophie de vie, et la réconciliation puis la paix une profession de foi ? Ceux qui brûlent brûleront toujours, mais ceux qui construisent construiront toujours et avec plus de détermination et plus d’ingéniosité qu’avant les drames. Vanité des vanités. La justice qui vient de la main de dieu, n’a pas besoin de la vanité des hommes. Cette justice viendra, oui elle viendra, et ce sera pour nous tous, pas seulement pour Zoétété. En attendant, il faut que chacun assume ses responsabilités et fasse son mea-culpa, que chacun lave son linge et que chacun se regarde dans un miroir. Si vous êtes né voleur vous volerez. Si vous êtes né travailleur vous travaillerez. Si vous êtes né tricheur vous tricherez et si vous êtes né bâtisseur vous bâtirez. Ne forcez ni la nature ni le temps, cultivez l’apaisement et la reconnaissance de ce que chacun de nous est et vaut. Et la paix règnera./.

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