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Valère Bessala : « La Constitution du 4 avril 2026 est un torchon pour le peuple camerounais » :: CAMEROON

Une opposition qui nomme ce que d'autres taisent

7 ans. C'est la durée d'un mandat présidentiel camerounais. Valère Bessala pose une équation simple : celui qui demande ce mandat doit l'exercer en totalité. La révision constitutionnelle du 4 avril 2026 crée un vice-président. Pour Bessala, c'est un aveu déguisé.

Qui est Valère Bessala, et que dit-il exactement ?

Valère Bessala est une voix connue de l'opposition et de la société civile camerounaise. Il prend position publiquement contre la modification de la constitution camerounaise nouvellement adoptée. Son rejet est total et argumenté sur trois axes distincts.

Il refuse un vice-président de "vacance" c'est-à-dire un titulaire activé uniquement en cas d'empêchement du président. Il refuse un vice-président d'"assistance"; une fonction de suppléance que le peuple n'a jamais votée. Il refuse enfin ce qu'il appelle une "monstruosité institutionnelle" la création d'un poste destiné à masquer les dysfonctionnements d'un autre.

Sa déclaration est directe : le mécanisme de proposition de loi au Cameroun suffit, à lui seul, pour abroger ce texte. Une majorité à l'Assemblée nationale peut y suffire.

Pourquoi cette réforme concentre autant de rejet

La réforme constitutionnelle de Biya ne surgit pas dans un vide politique. Elle s'inscrit dans un contexte précis : Paul Biya, 93 ans, gouverne le Cameroun depuis 1982. Les questions sur sa capacité à exercer ses fonctions circulent depuis plusieurs années. Aucune réponse officielle n'a jamais été apportée.

Créer un vice-président de la République au Cameroun dans ce contexte précis envoie un signal ambigu. Pour les partisans du pouvoir, c'est une modernisation institutionnelle. Pour Bessala et les forces qu'il représente, c'est une gestion de crise habillée en réforme d'État.

La critique de fond est constitutionnelle. Un président élu assume un mandat complet. S'il est dans l'incapacité d'exercer, les mécanismes existants tels que Premier ministre renforcé, délégation de pouvoirs réaménagée peuvent suffire. Inventer un poste supplémentaire revient à reconnaître implicitement une défaillance que personne n'ose nommer.

Le mécanisme de proposition de loi : une arme parlementaire réelle

La proposition de loi se définit comme une initiative législative émanant des parlementaires eux-mêmes, par opposition au projet de loi gouvernemental. En droit camerounais, ce mécanisme est constitutionnellement prévu et praticable.

Bessala l'invoque comme levier concret. Une coalition majoritaire à l'Assemblée nationale si elle se constitue peut déposer une proposition de loi abrogeant ou modifiant la réforme du 4 avril. Ce scénario n'est pas purement théorique. Il suppose une discipline de vote et une coordination que l'opposition camerounaise n'a pas encore historiquement démontrée à grande échelle.

Reste que l'argument a une force symbolique réelle. Il replace le débat sur le terrain du droit, et non sur celui de la contestation de rue. C'est un choix rhétorique significatif.

Entre recomposition politique et précédent constitutionnel

La prise de position de Valère Bessala va alimenter la dynamique de contestation autour de la constitution camerounaise 2026. Elle offre un cadre argumentaire aux forces d'opposition et structure un discours jusqu'ici épars. Les prochains mois diront si ce cadre parvient à fédérer au-delà des cercles déjà convaincus.

À moyen terme, l'existence de ce vice-président va poser une question que la réforme n'a pas résolue : qui sera nommé, avec quelles attributions réelles, et selon quel processus ? La réponse à ces trois questions redéfinira les rapports de force au sommet de l'État camerounais. Elle déterminera aussi si ce poste est un outil de gouvernance ou un outil de succession préparée.

Le précédent constitutionnel, lui, est déjà posé. Le Cameroun a modifié sa loi fondamentale dans un contexte de fragilité présidentielle assumée. Cela n'est pas sans conséquence pour la stabilité institutionnelle à long terme.

La Constitution comme révélateur d'un État en transition non assumée

Valère Bessala pose une question que la classe politique camerounaise évite depuis des années : qu'est-ce qu'un mandat présidentiel, si ce n'est un contrat avec le peuple ? Ce contrat inclut la pleine capacité à gouverner. La créer une fonction de substitution sans débat public, sans consultation, et sans transparence sur les raisons réelles, c'est rompre ce contrat en silence. Le peuple camerounais a-t-il vocation à accepter des réformes conçues pour lui sans lui ?

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