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FRANCE :: CONFERENCE A PARIS : FEMMES ET VALEURS AFRICAINES A L’EPREUVE DE LA DIASPORA

Samedi dernier, nous avons animé une conférence au Méridien de Paris, dans le 17ᵉ arrondissement, à l’initiative de Mme Crescence MBALA SOPIE(Kristhia Lauve). Le thème portait sur les valeurs africaines, « Femme architecte du présent »,  une notion qui m’était déjà familière pour l’avoir explorée lors d’un précédent échange à Lausanne. Il s’agissait ici de réfléchir à la transmission de ces valeurs par les Camerounais de la diaspora, non seulement à leurs familles, mais aussi à l’ensemble des communautés diasporiques. Très vite, les interventions ont gagné en densité et en profondeur, révélant l’importance du sujet et la diversité des sensibilités.

Mimi la Joie

Après le discours de la présidente madame Crescence Sopie, (Kristhia Lauve), on a assisté pendant près de deux heures, à un  débat  qui s’est structuré en une confrontation intellectuelle d’une rare intensité. D’un côté, ceux qui ont longtemps vécu en Europe, porteurs d’un regard critique façonné par l’expérience occidentale. De l’autre, ceux qui demeurent profondément enracinés dans les réalités africaines et en défendent la continuité. Moi personnellement, j’ai  eu à croiser des juristes brillants, d’une grande rigueur argumentative, dont les analyses, souvent incisives, obligeaient chacun à affiner sa pensée.

Macange Ngaska Raphoz

L’échange fut exigeant, parfois sans concession, mais toujours porté par une courtoisie remarquable. Les positions, bien que souvent irréconciliables, n’ont jamais rompu le fil du respect mutuel. Au cœur de cette rencontre s’est imposée une figure singulière. Kristhia Lauve elle-même. Elle  a, – c’est vrai,-   organisé  un débat, mais surtout, elle veut représenter  un  esprit. Dans sa manière d’agir et de rassembler, elle porte une vision élevée du bien commun, où l’intelligence se conjugue à l’intégrité et au courage. Il existe sans doute de nombreuses femmes de volonté, mais certaines se distinguent par une capacité rare à percevoir les besoins profonds de leur communauté avant même qu’ils ne soient formulés.

Maitre Zeifman

Elle appartient à cette catégorie. Elle conçoit des projets qui dépassent l’immédiat et s’inscrivent dans une temporalité plus large, celle de l’héritage et de la transmission. Son engagement ne relève ni de l’apparence ni du discours. Il s’enracine dans des principes universels, l’identité, la solidarité, la dignité, le partage et l’indépendance. Elle refuse les compromissions et demeure fidèle à ses valeurs, même lorsque cela exige des sacrifices personnels. Elle agit pour bâtir, non pour briller. En cela, elle s’inscrit dans la lignée de ces figures africaines qui, telles des phares, éclairent les zones d’ombre et rappellent aux peuples leur propre grandeur.

Jeanne Ntep

Dans la tradition panafricaniste, la véritable mesure d’un être ne réside ni dans la richesse ni dans la longévité, mais dans sa capacité à ouvrir des voies nouvelles et à inscrire son action dans l’histoire. Kristhia Lauve montre  cette continuité entre mémoire et devenir. Elle se tient à la fois héritière et bâtisseuse, consciente que la libération ne se joue pas seulement dans les structures visibles, mais aussi dans les esprits. Sa démarche participe d’une reconquête silencieuse, celle d’une Afrique pensée libre, souveraine et unie. Elle s’appuie sur l’éducation, la culture et la solidarité comme instruments d’émancipation.

La marraine Tuebou Michelle

 

Dans cette vision, la femme africaine ne subit pas l’histoire, elle la façonne. Elle avance debout, fidèle à ses racines, prête à laisser non une richesse matérielle, mais un héritage intellectuel et moral. La soirée a également été marquée par des interventions d’une grande qualité. Maître Zeifman, avocate au barreau de Paris, a rappelé avec force que les valeurs humaines doivent avant tout conduire au respect de la dignité. Mimi la Joie a salué cet espace de rassemblement qui permet de préserver l’identité sans se laisser dissoudre dans l’environnement d’accueil.

La journaliste Prisca Bardot, installée à Paris, a insisté sur le rôle essentiel des médias dans la diffusion de ces valeurs. La modération assurée par Suzanne, venue d’Espagne, a su maintenir un équilibre précieux entre liberté de parole et exigence du débat. Depuis le Canada, Hortense Fankem a apporté une contribution lumineuse sur la dynamique diasporique dans la libération de la femme comme otages du modernisme ambiant, tandis que d’autres voix se sont élevées depuis les États-Unis et le Cameroun.

Corinne Tonye, conseillère de la présidente,  engagée dans la lutte pour le don de moelle osseuse, a rappelé la dimension concrète de la solidarité humaine. Jeanne Ntep, invitée d’honneur, a souligné la portée symbolique d’un tel rassemblement, reflet d’une Afrique qui se reconnaît et s’unit au-delà des distances. Macange Ngaska Raphoz,  écrivaine,  qui, à travers son œuvre autobiographique, a offert un témoignage poignant sur la résilience et la mémoire.

 

L’écrivain Calvin Djouari, lauréat du Grand Prix Aimé Césaire, a pour sa part redéfini les valeurs africaines comme des vertus anciennes, profondément enracinées, que le modernisme a parfois altérées. Il a rappelé que la culture ne se limite pas à un héritage figé, mais qu’elle constitue un ensemble vivant de transmissions matérielles, intellectuelles et spirituelles entre les générations.

Son intervention a ouvert une réflexion exigeante sur la place de ces valeurs dans la construction des politiques publiques et dans l’inscription de nos sociétés dans la modernité. Ce qu’on peut retenir  de cette rencontre c’est le fait  qu’elle ait  dépassé  le simple cadre d’un débat. Elle nous a enseigné  que le désaccord n’est pas une fracture, mais une invitation à comprendre autrement.

Lyli  Paulson

Apprendre à écouter l’autre, même lorsqu’il contredit nos certitudes, relève d’une forme de sagesse. Il ne s’agit pas d’effacer les différences, mais de les élever. Comme le suggérait une pensée ancienne, il faut distinguer l’erreur de celui qui la porte, car c’est en soignant l’idée que l’on préserve l’homme. Je garde de cette soirée l’image d’un moment rare, où la pensée a circulé  librement, où la parole s’est  construite  dans l’exigence et où la fraternité demeure possible malgré les divergences. Merci à Kristhia Lauve d’avoir su réunir ces voix, ces regards et ces espérances. Ce sont là des graines semées dans le temps, appelées à grandir et à éclairer d’autres chemins.

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