Afrique - CAN 2025 : Pourquoi le retrait du titre au Sénégal menace la sécurité juridique du football africain
© Camer.be : Léandre Nzié | 18 Mar 2026 13:06:35 | 3342La récente décision de la Confédération Africaine de Football (CAF), à travers son jury d’appel, annonçant le retrait du titre de la Coupe d’Afrique des Nations au Sénégal, a suscité de vives réactions dans l’opinion sportive. Une telle mesure, rare et hautement symbolique, interroge à la fois sur sa base juridique et sur sa compatibilité avec les principes fondamentaux qui régissent le jeu.
D’un point de vue strictement réglementaire, la CAF fonde sa décision sur ses textes disciplinaires, notamment l’article 82, qui encadre les cas d’abandon de match ou de comportement antisportif grave. Le jury d’appel, en requalifiant les événements survenus lors de la rencontre, semble avoir estimé que les conditions d’une sanction lourde étaient réunies, allant jusqu’à remettre en cause l’issue sportive.
Cependant, cette lecture appelle une analyse plus approfondie à la lumière des Lois du Jeu de l’IFAB, en particulier la Loi 5.2, qui stipule clairement que « les décisions de l’arbitre sur des faits en relation avec le jeu sont définitives ». En l’espèce, l’arbitre a mené la rencontre à son terme, validé le but décisif et sifflé la fin du match sur le score de 1-0 en faveur du Sénégal. Mieux encore, la cérémonie officielle de remise du trophée est venue consacrer cette décision, conférant au résultat une valeur institutionnelle et sportive incontestable.
Le rôle de l’arbitre
Ce point est central dans l’analyse. Au regard de l’article 82 évoqué, l’arbitre aurait pu, dans une application stricte du règlement, mettre un terme définitif à la rencontre lors de la sortie des joueurs sénégalais. Toutefois, cela n’a pas été le cas. Au contraire, il a autorisé la reprise du jeu. En permettant cette reprise, il a validé la continuité du match.
Ce choix n’est pas anodin : en relançant la partie, l’arbitre a implicitement considéré que les conditions de poursuite de la rencontre étaient réunies. Dès lors, il a pleinement exercé son pouvoir d’appréciation, consacré par les Lois du Jeu.
Or, comme le rappelle la Loi 5.2 de l’IFAB, « les décisions de l’arbitre sur des faits en relation avec le jeu sont définitives ». Cela inclut non seulement la validation des buts, mais également le résultat final du match. Ces décisions, intrinsèquement liées au déroulement du jeu, ne peuvent être remises en cause a posteriori par des instances disciplinaires.
Un élément déterminant renforce cette lecture : malgré l’incident lié à la sortie temporaire des joueurs sénégalais, ces derniers sont revenus sur la pelouse, permettant la poursuite et l’achèvement de la rencontre. Ce retour empêche juridiquement de qualifier la situation d’« abandon » au sens strict, condition pourtant nécessaire pour appliquer une sanction de forfait (3-0). Ainsi, si des sanctions disciplinaires amendes ou suspensions individuelles peuvent être envisagées, elles ne sauraient logiquement remettre en cause un résultat acquis sur le terrain et validé par l’autorité arbitrale.
Enfin, revenir sur un résultat après le coup de sifflet final et, plus encore, après une cérémonie officielle de remise de trophée, constitue une exception quasi inexistante dans l’histoire moderne du football. Une telle décision fragilise la sécurité juridique des compétitions et ouvre la voie à des contestations en chaîne.
En conclusion, si la CAF, à travers ses organes disciplinaires, dispose du pouvoir de sanctionner des comportements fautifs, la remise en cause du titre du Sénégal apparaît difficilement conciliable avec les principes fondamentaux du droit du sport. En l’absence de faits d’une gravité exceptionnelle, tels que la corruption ou le dopage systémique, le sacre sénégalais, validé sur le terrain et homologué officiellement, devrait, en toute rigueur, demeurer acquis.
Pour plus d'informations sur l'actualité, abonnez vous sur : notre chaîne WhatsApp
#can2025 #senegal #caf #footballafricain #droitdusport #ifab #arbitrage #leandrenzie #actufoot #lionsterangaLire aussi
- Michel Ange Angouing : « La vérité affranchit »
- Paul Biya K.O : et maintenant, on fait quoi ?
- Effoudou, le premier d'une génération qui ne se tait plus
- Pr. Pierre MILA ASSOUTE: "Un Cameroun demain sans chaos : l’exigence d’un État stratégique"
- Communication sur l’absence du Chef de l’Etat: LA GROSSE FAUTE
LE DéBAT
- Afrique -Débat: Pourquoi la crise anglophone persiste au Cameroun?
- Divorces dans la diaspora camerounaise en Europe : explications ?
- Quand est-ce les Camerounais prendront enfin leurs responsabilités pour la gestion de leur équipe?
- Afrique : Quel droit à l'image pour les défunts au Cameroun ?
- Canada - Cameroun, Liberté de manifestation partisane au Cameroun : Encore une incurie liberticide de Biya Paul ?
POINT DU DROIT
- La problématique du changement de nom en droit comparé
- Les étapes et les frais de procédure du morcellement d'un terrain au Cameroun
- L'obtention d'un titre foncier au Cameroun à l'issue d'une vente de terrain
- Le jugement supplétif de rectification d'acte de naissance au Cameroun
- La procédure d'achat d'un terrain titré dans la ville de Yaoundé
partenaire
Vidéo de la semaine
Flore de Lille prépare son 06 Novembre 2026 à Sarcelles près de Paris
TEETY TEZANO à STRASBOURG Juillet 2026
AZIZ MOUNDE: HOMMAGE A ALAIN LE MIGNON
GASTON KELMAN décrypte NDAP BIKOKOO à Paris
HERVE MATHOUX SON REGARD SUR LE FOOT AFRICAIN SES 10 DERNIRERE ANNEES
Vidéo
Jeunesse engagée : retour sur la finale du Challenge PDF à Bruxelles
WILFRIED EKANGA À BRUXELLES : Il explique les objectifs du PDF, du MRC et les défis à venir
Charlotte Dipanda en concert à Bruxelles : une soirée qui restera dans les mémoires
Charlotte Dipanda au Cirque Royal : une première historique pour la musique camerounaise
Assassinat d'Anicet Ekanè : les révélations de sa sœur
il y a une semaine
Afrique - Visa US à 20 000 $ : 30 pays africains sur la liste
Monde Entier - ONU : Macky Sall déjà distancé par deux femmes
Espagne - Ceuta : quand la migration devient arme géopolitique
France - AICHA SOL, LE VISAGE D’UNE ICONE ET DE LA CULTURE AFRICAINE
Cameroun - Rivalité présumée : Ngoh Ngoh et Baboke s’affichent unis
il y a un mois
Maroc : « Nous ne représentons pas l'Afrique », déclare le ministre des Sports
Cameroun - Baccalauréat 2026 : Le taux de réussite dégringole de 5 points
Cameroun - Faux décret : Oswald Baboke auditionné par la DSP, une tentative de coup d'État ?
« Match truqué » : Hossam Hassan accuse la FIFA après Égypte-Argentine
Maroc-Afrique : La rumeur qui a enflammé les réseaux sociaux
il y a un an