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Comment la fille du président défie la loi anti-homosexualité au Cameroun :: CAMEROON

28 ans. C'est l'âge de Brenda Biya, fille du chef de l'État camerounais, apparue aux côtés de sa mère Chantal Biya lors du défilé officiel du 8 mars 2026. Une présence qui pose question : comment une figure ouvertement lesbienne peut-elle occuper la tribune présidentielle dans un pays où l'homosexualité est criminalisée ?

Une présence qui défie le code pénal camerounais

Le 8 mars 2026, la traditionnelle journée internationale de la femme a été marquée par un événement inattendu à Yaoundé. Sur le boulevard du 20 mai, la First Lady Chantal Biya a présidé le défilé officiel entourée de sa fille Brenda Eyinga, âgée de 28 ans. La jeune femme, star des réseaux sociaux, assume ouvertement son homosexualité depuis 2024. Son coming-out avait été médiatisé sur Instagram, où elle dévoilait sa relation avec le mannequin brésilien Layyons Valença.

Le Cameroun applique une loi criminalisant l'homosexualité. L'article 347-1 du code pénal prévoit une peine de six mois à cinq ans d'emprisonnement pour toute personne ayant des relations avec une personne de même sexe. Cette législation s'inscrit dans une tradition juridique héritée de la période post-coloniale, conçue comme un mécanisme de protection contre certaines pratiques imposées durant la colonisation.

Historique de la législation anti-homosexualité

La criminalisation de l'homosexualité au Cameroun trouve son origine dans une volonté de rupture avec l'époque coloniale. Selon plusieurs analyses historiques, l'administration coloniale française imposait aux populations locales des pratiques humiliantes, dont des violences sexuelles systématiques. Le code pénal camerounais a donc été pensé comme un instrument de résistance et de préservation des valeurs sociales.

Cette tradition juridique constante explique pourquoi la question homosexuelle reste extrêmement sensible dans le pays. Le symbole de voir une personnalité ouvertement homosexuelle à la tribune officielle dépasse le simple cadre médiatique. Il touche à des mécanismes profonds de défense identitaire et de protection de la postérité, comme le rappellent les observateurs de la société camerounaise.

Les zones d'ombre autour de la décision présidentielle

Deux hypothèses principales circulent pour expliquer cette présence controversée. La première évoque une possible légèreté du cabinet civil, qui n'aurait pas mesuré les conséquences symboliques de cette apparition. La seconde, plus crédible, suggère que Chantal Biya aurait personnellement imposé la présence de sa fille à ses côtés, passant outre les recommandations protocolaires.

Dans cette seconde hypothèse, la direction de la sécurité présidentielle porte une part de responsabilité. Elle aurait pu intervenir pour éviter cette mise en avant de la culture LGBTQ+ au sommet de l'État. Le fait que cela n'ait pas été fait interroge sur les circuits de décision et les éventuels conflits internes à la présidence.

Le parcours européen des enfants Biya en question

La scolarisation des enfants du couple présidentiel en Europe est régulièrement pointée du doigt. Brenda Biya a été interne au Collège du Léman à Genève, une institution huppée fréquentée par les élites internationales. Ce parcours, financé par les deniers publics, est aujourd'hui au cœur des critiques.

Les détracteurs du régime y voient la source d'une acculturation problématique. Ils estiment que l'exposition aux normes sociales européennes a éloigné les enfants Biya des réalités et des sensibilités camerounaises. Cette déconnexion expliquerait en partie l'incompréhension manifeste des enjeux locaux par la première famille.

Les conséquences juridiques et politiques à venir

À court terme, cette affaire crée un précédent dangereux. Elle installe l'idée que la loi ne s'applique pas également à tous, et que le sommet de l'État peut impunément afficher ce qu'il réprime par ailleurs. Le parquet devra-t-il ouvrir une enquête ? La question est sur toutes les lèvres des juristes camerounais.

À long terme, cet épisode risque de marquer les annales judiciaires. Des voix s'élèvent déjà pour demander que Chantal Biya et sa fille répondent de leurs actes devant un tribunal le moment venu. Le régime de Paul Biya, au pouvoir depuis 1982, n'étant pas éternel, ses opposants préparent déjà l'après en rassemblant les éléments qui pourraient être utilisés lors d'éventuelles poursuites.

Une provocation qui interroge l'avenir du modèle familial imposé

La First Lady peut-elle réellement imposer sa vision de la modernité sans risquer de heurter les valeurs fondamentales de la société camerounaise ? La référence à la "modernité Epstein" utilisée par les détracteurs du régime montre à quel point le rejet de cette influence occidentale est profond. Les Camerounais accepteront-ils que leurs enfants soient exposés à des modèles venus d'Europe, financés sur leurs impôts, quand ces mêmes modèles sont criminalisés par la loi nationale ?

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