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CAMEROUN :: La version glaçante de Dagobert Nwafo dans l’affaire du bébé Mathis :: CAMEROON

Le silence s’est fait plus lourd que les mots, ce mercredi 14 janvier 2026, dans la salle d’audience du tribunal de Yaoundé. Pour la première fois, Dagobert Nwafo a livré sa version des événements ayant conduit à la mort du petit Mathis, six ans, survenue en mai 2025 dans le quartier Ngoa-Ékellé. Un récit qui tente d’expliquer l’inexplicable, entre altercation banale, ivresse et effondrement.

Selon l’accusé, tout aurait commencé par une bière offerte, puis une humiliation. Traité de « mendiant de bière » par le père de l’enfant, une première bagarre éclate. Après une brève accalmie, une seconde altercation près des toilettes du bar tourne à la violence : Dagobert Nwafo affirme avoir été agressé avec des bouteilles et un couteau de table. Blessé et humilié, il avoue être rentré chez lui prendre une arme blanche, animé par un désir de vengeance.

De la colère à l’irréparable  

Son récit devient encore plus troublant lorsqu’il décrit la scène du drame. Il aurait suivi son agresseur jusqu’à son domicile. « Je n’ai distingué que des voix », a-t-il déclaré à la barre, expliquant avoir frappé dans le salon sans identifier clairement les personnes présentes. Ce n’est qu’aux cris des voisins qu’il aurait réalisé l’horreur : le bébé Mathis avait été mortellement touché. Submergé par l’émotion, l’accusé s’est effondré en larmes, contraignant la présidente du tribunal à suspendre l’audience.

Un débat national sur la justice  

Cette audience intervient dans un contexte judiciaire tendu. En décembre 2025, le ministère public a requis la peine de mort contre Dagobert Nwafo pour meurtre avec préméditation, s’appuyant sur l’article 374 du Code pénal. La défense, quant à elle, invoque l’état d’ébriété et une amnésie partielle de l’accusé au moment des faits, un argument qui suscite l’indignation dans l’opinion publique. L’affaire a été renvoyée au 3 février 2026 pour les plaidoiries finales de la défense, laissant une nation entière se demander quelle sentence pourrait rendre justice à un enfant et apaiser une famille détruite.

Pour une société qui protège ses enfants, la justice doit-elle se limiter à punir, ou peut-elle aussi chercher à comprendre les racines de la violence ?

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