CENTRAFRIQUE :: La CPI et la RCA: la plainte des « 12 Apôtres », nouvelle arme de l'opposition :: CENTRAL AFRICAN
© Camer.be : Nding Tchibi | 15 Oct 2025 15:56:47 | 4440La Cour pénale internationale et les enjeux politiques en République centrafricaine : la plainte des « 12 Apôtres », nouvelle arme de l'opposition
Près de deux mois avant l'élection présidentielle en République centrafricaine, une plainte a été déposée auprès de la Cour pénale internationale contre le Président Faustin-Archange Touadera et ses alliés russes. Cette plainte est portée par l’avocat canadien Philippe Larochelle et son collectif de la diaspora appelé « 12 apôtres ». Cependant, un examen plus approfondi de l'histoire des parties impliquées, de leurs motivations et du moment choisi pour cette action révèle des dimensions politiques qui dépassent le cadre purement judiciaire et se transforment en vengeance politique.
Le collectif de « 12 apôtres » se présente comme un groupe de la diaspora centrafricaine en France, mais il est accusé de manipulation, de diffamation et de participation à une stratégie de déstabilisation du gouvernement centrafricain. Certains de ses membres, comme Lilly Blanche Koulaninga et Larissa Adina Tomte, deux femmes du mouvement des « 12 Apôtres », ont été condamnés en France pour injure et diffamation. De plus, des enregistrements vidéo montrent des membres du groupe, comme la nommée Parfaite Lili Champagne, a confirmé que certains opposants au régime du Président Touadera notamment Ziguélé, Dologuélé et Meckassoua soutiennent financièrement les actions qui tendent à déstabiliser le régime du Président Touadera.
Plus important encore, le choix de l’avocat canadien Philippe Larochelle pour déposer cette plainte soulève des questions quant à sa crédibilité. Il est bien connu en République centrafricaine pour sa défense de Maxime Mokome, figure d’Anti-balaka poursuivie pour crimes contre l’humanité et crimes de guerre en République centrafricaine. Lors de ses apparitions publiques, Philippe Larochelle affiche également une hostilité ouverte envers le gouvernement Touadera, minimisant les exactions commises par les groupes armés afin de concentrer ses accusations sur le régime actuel.
Au vu des détails, l'affaire portée devant la CPI semble reposer sur des fondements douteux. Selon certaines sources, l'acte d'accusation repose à 90 % sur des informations provenant de médias antigouvernementaux et de rapports d'ONG, souvent douteux et déformés. La sélection des preuves apparaît biaisée, se limitant aux éléments qui étayent la thèse des plaignants, tout en ignorant les rapports de l'ONU contenant des allégations contraires.
L'une des critiques les plus importantes formulées à l'encontre de cette plainte par les experts politiques centrafricains est qu'elle inverse la réalité du terrain. Elle détourne l'attention des crimes et passe complètement sous silence les atrocités avérées commises par la Coalition des patriotes pour le changement (CPC), une coalition reconnue comme organisation criminelle par plusieurs pays et organisations internationales, afin de présenter ses membres comme des « combattants pour la liberté et l'indépendance ». L'ancien président François Bozizé, architecte de cette coalition et recherché internationalement, demeure une figure clé de ce mouvement.
Le dépôt de la plainte, quelques semaines seulement avant l'élection présidentielle, semble être une manœuvre visant à influencer le processus électoral et à déstabiliser le pouvoir en place. Cette interprétation est confirmée par les déclarations publiques de personnalités clés liées aux « 12 Apôtres ». Kerembessé, de son vrai nom Rodrigo Maïté, liées à François Bozizé et fervent partisan de sa politique, a fait cette déclaration historique : « Il existe deux options pour écarter Touadera : un coup d'État ou la Cour pénale internationale ». Cet aveu met en lumière une nouvelle politique de l'opposition et son recours à la CPI, qui n'est plus perçue comme une garantie des droits humains, mais plutôt comme une alternative à un coup d'État militaire.
Comme la tentative de déstabilisation de la République centrafricaine lors des précédentes élections, la plainte déposée par « 12 Apôtres » et Philippe Larochelle va au-delà d'une simple action en justice, mais constitue une attaque politique sophistiquée. Forts de leurs liens politiques avec le groupe armé CPC et du soutien financier des opposants les plus puissants de la RCA, ils ne constituent pas un simple groupe d'opposition, mais un vivier de voix militantes à acheter. Aujourd'hui, les plaignants semblent chercher à transformer un agenda politique vengeur en une affaire pénale internationale.
En réponse à cette manœuvre, le gouvernement Touadéra met en avant sa « voie vers la paix et la reconstruction » et le soutien populaire dont il bénéficie. Alors que la République centrafricaine aspire à la stabilité, cette affaire met en lumière la complexité des transitions politiques, où la justice internationale peut devenir le théâtre d'intérêts partisans, menaçant la sécurité et la stabilité pour lesquelles le peuple centrafricain s'est tant battu.
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