Cameroun - PAUL BIYA L’ETERNEL RETOUR DU NKUKUMA
© AFRIKSURSEINE : Ecrivain;Romancier Calvin DJOUARI | 17 Jul 2025 01:46:38 | 3095C’est un dimanche que le silence a été rompu. Non pas par un discours solennel à la nation, mais par une image, un geste, un texte devenu déclaration : Paul Biya est candidat. Encore une fois. Pour sept ans de plus. Et avec cette annonce, un flot de passions, de convictions, de doutes, de ferveur militante et de scepticisme lucide s’est immédiatement déversé sur la scène publique. Quarante-trois ans de règne : une longévité qui, pour certains, force le respect et, pour d’autres, nourrit la lassitude. Les partisans saluent en lui le gardien de la paix, le stratège institutionnel, le dernier bouclier contre les vents du désordre. Pour eux, son retour n’est pas une répétition, c’est une nécessité historique, presque divine. Ils disent : « Donnez vos ordres, mon Général ». Ils affirment que sans lui, c’est le chaos. Ce culte du sauveur révèle une vision de la politique comme dépendance affective et réconfort dans la permanence.En parallèle, une jeunesse vibrante, instruite et pleinement consciente de son potentiel se lève avec assurance. Elle ne réclame ni miracle ni rupture, mais simplement qu’on lui accorde confiance. Son engagement témoigne d’une volonté sincère de contribuer au présent tout en construisant l’avenir, avec l’énergie et l’intelligence nécessaires pour relever les défis de notre temps. Elle ne fuit pas l’héritage du passé, mais aspire à en faire un socle pour aller plus loin.
La visite du nonce apostolique est interprétée tantôt comme un acte de diplomatie, tantôt comme une tentative d’intervention spirituelle dans le temporel. Que venait-il dire ? Que suggérait-il au Président ? L’échange entre les deux hommes est décrit comme tendu, stratégique. Mais surtout révélateur d’un malaise latent entre le pouvoir politique et le pouvoir spirituel, entre la souveraineté de l’État et les prétentions morales de l’Église. Paul Biya, nous dit-on, aurait recadré l’ambassadeur du Vatican, rappelant que le Cameroun est un État souverain, et que les affaires religieuses ne doivent pas se substituer au débat démocratique. Il est pour le moins préoccupant de constater que certains hommes d’Église, censés prêcher la neutralité et l’unité, se permettent aujourd’hui d’intervenir dans les arènes politiques du Cameroun. Sous couvert de conseils spirituels, ils s’arrogent un droit de regard sur les affaires de l’État, oubliant que le Cameroun est une République laïque, souveraine et indépendante. Le fait que le nonce apostolique ait été reçu en audience par le Président Biya ne donne aucun droit au Vatican d’influencer nos choix démocratiques.
L’Église, qui devrait se tenir au-dessus des querelles politiques, semble parfois agir en coulisses avec des visées idéologiques. Mais le Cameroun n’est pas une paroisse, et notre destin ne se décide pas dans les sacristies. Le Président Paul Biya, avec sa sagesse légendaire et son attachement aux institutions, lui aurait rappelé avec fermeté que les affaires de la nation ne sauraient être soumises aux humeurs d’un clergé étranger, aussi prestigieux soit-il. L’ingérence spirituelle dans les débats civiques n’est pas une mission divine, mais une dérive. Les évêques, prêtres ou représentants pontificaux doivent comprendre que leur rôle est de guider les consciences, non de désigner les dirigeants. Paul Biya reste, malgré les critiques, un pilier de stabilité, et son silence n’est pas un vide mais une stratégie d’écoute et de maîtrise. Dans un monde où les mots sont souvent plus dangereux que les actes, le silence d’un chef expérimenté vaut parfois mieux que les sermons politiques de ceux qui prétendent détenir la vérité sans jamais avoir assumé la charge du pouvoir.
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