VOICI COMMENT PAUL BIYA A SAUVE LE CAMEROUN D’UNE RECOLONISATION :: CAMEROON
© AFRIKSURSEINE : Ecrivain;Romancier Calvin DJOUARI | 05 Jun 2025 20:52:04 | 9585Dans l’histoire contemporaine de l’Afrique, les figures les plus bruyantes ne sont pas toujours les plus reconnues. Il en est dont les discours enflamment les foules, dont les gestes spectaculaires remplissent les chroniques, et dont l’image occupe le devant de la scène. Et puis, il y a ceux dont l’action, loin des projecteurs, s’inscrit dans la durée, dans la retenue, dans la stratégie silencieuse. Paul Biya appartient à cette seconde lignée : celle des révolutionnaires calmes, des architectes discrets d’une souveraineté patiemment défendue. Formé dans les grandes écoles, pétri d’une éducation qui valorise la mesure, la nuance et le recul, il n’a jamais cédé à la tentation du vacarme. Là où d’autres gouvernants ont voulu s’imposer par la force de leurs éclats, il a choisi de s’affirmer par la profondeur de sa constance.
Sa révolution n’a pas été celle des slogans, mais celle des actes muets et tenaces ; elle ne s’est pas proclamée, elle s’est incarnée dans une fidélité sans tapage à l’indépendance de son pays. Dans un monde politique dominé par le spectacle, Paul Biya a préféré le lent travail de la préservation à la frénésie des ruptures. Et c’est peut-être là, dans cette discrétion obstinée, que réside le cœur même de sa grandeur. Car il faut une force rare pour résister sans bruit, pour protéger sans clamer, pour affronter sans parade. Sa révolution, imperceptible aux esprits pressés, est pourtant l’une des plus durables que l’Afrique ait connues.
Allons droit à l’essentiel :
au sein de notre diaspora, certains s’agitent dans le vacarme, tandis que d’autres s’appliquent à comprendre, à sonder les profondeurs d’un monde aux mécanismes obscurs. La politique internationale échappe au regard du citoyen ordinaire, tant elle est tissée de stratégies souterraines et de rapports de force opaques. C’est pourquoi tant d’Africains peinent à saisir ce qui se joue réellement. Contrairement à ce que l’on nous a fait croire, la démocratie n’a jamais été conçue pour libérer l’Afrique. Elle y est arrivée dans les années 1990, non pas comme une promesse, mais comme une ruse déguisée. Les accords coloniaux arrivaient à expiration, et les anciennes puissances, anticipant la perte de leur emprise sur les pays riches en ressources, en particulier ceux d’Afrique centrale, ont réagi rapidement.
Avec l’appui du FMI et de la Banque mondiale, elles ont mis en place un mécanisme de contrôle indirect, en maintenant au pouvoir des leaders manipulables, ou en fabriquant de toutes pièces de nouveaux visages politiques dans l’ombre de leurs officines idéologiques. Ce scénario s’est déroulé dans plusieurs pays, comme la Côte d’Ivoire, mais il a échoué au Cameroun. Le premier objectif de ces institutions était clair : contraindre les États à brader leurs entreprises nationales, démanteler les secteurs stratégiques, et imposer une privatisation radicale de l’économie. L’éducation et la santé, autrefois quasi gratuites, sont devenues inaccessibles pour une large partie de la population. Face à cette pression, Paul Biya a longtemps résisté. Il a refusé d’engager son pays dans cette voie précipitée, conscient que l’enjeu allait bien au-delà de simples réformes économiques. Même lorsqu’il a finalement été contraint de céder partiellement, ce fut après avoir épuisé toutes les voies de contournement. Cette résistance silencieuse, peu spectaculaire mais déterminée, a permis au Cameroun de conserver une part significative de son autonomie économique, là où d’autres États perdaient pied.
Contrairement à ses homologues d’autres régions, Paul Biya a su déjouer les tentatives d’imposition de figures politiques issues de l’extérieur. Alors que des « leaders de laboratoire », formés, financés et promus par des puissances étrangères, ont été installés ailleurs comme pions de la recolonisation par procuration, le Cameroun a résisté à cette logique. Sa gouvernance, bien que critiquée, a empêché que le pays ne tombe dans les filets d’une démocratie de façade, où les urnes servent de couverture à des logiques étrangères. Il n’a pas accepté que l’alternance politique soit dictée de l’extérieur. Ce choix, difficile, l’a parfois isolé, mais il a sauvegardé une forme d’indépendance politique rare sur le continent. Pourtant, cette position courageuse n’a pas été comprise par tous. Paul Biya a subi l’ingratitude d’un peuple souvent mal informé des enjeux géopolitiques véritables. Dans une société où la méfiance populaire est alimentée par la frustration quotidienne, le président est devenu, à tort ou à raison, le réceptacle de toutes les critiques.
Peu nombreux sont ceux qui perçoivent qu’il porte aussi les échecs d’un système dont la responsabilité est collective. La légèreté de certains citoyens, l’irresponsabilité de certaines élites et l’inconsistance d’une opposition parfois téléguidée ont pesé sur lui. Et pourtant, il est resté. Il a tenu, dans le silence, face à des tempêtes visibles et invisibles, endossant le poids d’un pays qu’il n’a jamais vendu, même au prix de sa réputation. Ce qui caractérise le plus Paul Biya, c’est sa philosophie du temps long. Il a adopté une posture politique fondée sur la patience, la discrétion et la profondeur stratégique. Dans un monde politique dominé par le bruit et l’instantané, il a préféré le silence au spectacle, la diplomatie feutrée aux déclarations tonitruantes. Cette retenue, souvent interprétée comme de l’immobilisme, révèle en réalité une vision claire : celle de préserver la stabilité du Cameroun face aux tentatives de recolonisation qui ne disent pas leur nom. Il a misé sur la continuité plutôt que sur les ruptures, sur l’équilibre prudent plutôt que sur les aventures hasardeuses. Grâce à cette posture, le Cameroun reste l’un des rares pays d’Afrique centrale à avoir conservé sa structure étatique, sans sombrer dans la dépendance totale ou dans le chaos des transitions imposées.
Aujourd’hui encore, dans ce monde où les apparences trompent et où les véritables batailles se jouent loin des regards, le Cameroun demeure debout, intact dans ses fondements, préservé de l’effondrement qui a emporté tant d’autres. Cela, nous le devons à un homme qui a su écouter le bruit du monde sans jamais s’y noyer, qui a choisi de répondre à la fureur par la patience, à l’ingérence par la stratégie, au tumulte par le silence. Paul Biya a veillé sur notre pays et sur nos richesses. Telle une sentinelle discrète, il a gardé les portes de la nation closes face à la tempête. Il n’a pas toujours été acclamé, souvent incompris, parfois injustement jugé, mais il est resté fidèle à l’essentiel : l’indépendance du Cameroun. Et cela, dans notre époque troublée, est un acte révolutionnaire. À l’heure où les voix s’élèvent, parfois trop vite, parfois trop fort, pour appeler au changement sans vision, nous disons : restez. Restez encore, comme le général qui ne quitte pas le champ de bataille avant d’avoir transmis son flambeau en toute conscience. Car votre présence, au-delà des critiques, demeure un repère. Non comme un attachement à la personne, mais comme une fidélité à la trajectoire. Restez, Monsieur le Président, non par ambition, mais par nécessité. Comme l’ultime garant d’un héritage en péril, comme le dernier rempart avant l’inconnu. Car dans l’histoire des peuples, il est parfois des hommes qui, sans bruit, tiennent tout un monde en équilibre. Et vous êtes de ceux-là.
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