CAMEROUN :: AFFAIRE LYDOL : QUAND LA GLOIRE VACILLE SOUS LE POIDS DU SANG D’UN ENFANT :: CAMEROON
© AFRIKSURSEINE : Ecrivain; Romancier: Calvin DJOUARI | 13 May 2025 09:37:37 | 5000Un enfant de six ans a été poignardé à mort. C’est par là qu’il faut commencer. Pas par des noms, des statuts, ou des carrières. Mais par l’innocence fauchée, par la vie d’un petit garçon éteinte trop tôt, à cause d’un drame incompréhensible et insoutenable. L’affaire qui bouleverse aujourd’hui le Cameroun ne devrait pas tourner autour d’une star, mais autour d’un crime. Un crime odieux, dont la justice doit désormais s’emparer avec rigueur et transparence. Car, oui, le père de la chanteuse Lydol est accusé d’avoir ôté la vie à un enfant. Et c’est là que débute le vertige.
Une artiste au bord du précipice
Lydol, figure emblématique de la scène artistique camerounaise, se retrouve malgré elle au cœur de la tourmente. Non pas pour un acte qu’elle aurait commis, mais parce que le nom du présumé meurtrier est aussi le sien : son père. Il est vrai qu’une artiste ne choisit pas ses parents. Il est vrai aussi qu’elle n’est pas responsable des actes de ceux-ci. Mais ce n’est pas là le cœur du débat. Le vrai drame, c’est que le silence, parfois, peut être plus lourd que les mots. Plus lourd qu’un cri de douleur. Plus assourdissant qu’un aveu de culpabilité. On ne demande pas à Lydol de renier son père, mais de condamner clairement l’acte. De se désolidariser d’un crime qui dépasse les liens du sang. De choisir l’humanité avant la notoriété. De dire, à voix haute : « ce n’est pas en mon nom, ni au nom de ma famille, que cela s’est produit. »
L’enfant qui n’aura plus jamais de demain
Mathys, ce petit garçon, ne pourra plus jamais rire, jouer, rêver. Il ne dira plus jamais « Papa ». C’est lui que nous devons pleurer. Ce sont ses parents que nous devons soutenir, en premier lieu. Il n’avait rien demandé, rien fait. Il était innocent. Alors pourquoi ce renversement moral, qui cherche à protéger la carrière de Lydol avant même de faire justice à un enfant assassiné ? Ceux qui défendent bec et ongles la chanteuse oublient trop vite que le véritable centre de gravité de cette affaire, c’est la tombe d’un enfant, pas une tournée musicale.
Quand l’émotion rencontre la vérité
Nous vivons dans une société où l’on protège les puissants, où la célébrité semble parfois laver les fautes. Ce système doit être interrogé. Le peuple, lui, a encore une conscience. Et il demande des réponses. La douleur n’annule pas le talent de Lydol. Elle n’efface pas non plus sa contribution artistique. Mais aujourd’hui, elle appelle à une posture éthique : celle de la transparence, de la compassion, du retrait temporaire, peut-être. Non pas pour s’auto-flageller, mais pour respecter le deuil. Un concert peut attendre. Une carrière peut faire une pause. Mais un enfant ne reviendra jamais.
La morale dans tout ça
Ce drame nous enseigne une chose essentielle : les enfants ne doivent jamais payer les fautes de leurs parents. Mais les parents doivent toujours assumer les conséquences de leurs actes. Et ceux qui gravitent autour – famille, artistes, figures publiques – ont une responsabilité morale : rappeler que l’humanité doit primer sur la célébrité. Que la justice doit primer sur le silence. Que la vérité ne peut être enterrée avec les innocents. Le Cameroun ne doit pas choisir entre justice et compassion. Il doit honorer les deux. Que lumière soit faite, que justice soit rendue, et que l’enfant repose en paix.
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