FRANCE :: QU’EST-CE QUI JUSTIFIE LE FAIT QUE LES CAMEROUNAIS SOIENT PARMI LES PLUS SOUVENT EXPULSES ?
© AFRIKSURSEINE : Ecrivain;Romancier: Calvin DJOUARI | 30 Apr 2025 16:29:28 | 3756Le comportement de certains Camerounais à l’étranger : une image à reconstruire
Lorsque l’on vit à l’étranger, il est essentiel de respecter non seulement les lois du pays d’accueil, mais également ses réalités sociales et culturelles. Or, force est de constater que certains compatriotes camerounais nuisent à l’image collective par des comportements inadaptés, souvent liés à un manque d’éducation civique ou à des parcours chaotiques.
Beaucoup de ceux qui s’aventurent à l’extérieur sont d’anciens détenus ou des personnes marginalisées, parties en quête d’un avenir meilleur sans réelle préparation. D’autres, ayant quitté prématurément le système scolaire, s’improvisent musiciens ou footballeurs. Une fois confrontés aux difficultés de la vie à l’étranger, certains sombrent dans des pratiques douteuses comme la mendicité ou les escroqueries dites « Feyman ». Bien qu’il existe de nombreux Camerounais intègres et bien intégrés dans leurs sociétés d’accueil, une minorité bruyante ternit leur réputation. On observe souvent un mépris flagrant des règles élémentaires de la vie en communauté.
Dans certains foyers collectifs, ils vivent à plusieurs, imposent leur musique à haute voix, organisent des fêtes nocturnes, se livrent à des disputes violentes, et finissent parfois par créer des tensions avec le voisinage. Il n’est pas rare de les voir bagarrer dans le quartier avec les nationaux se croyant au Cameroun. Pire encore, il n’est pas rare d’entendre des plaintes concernant des comportements déplacés à l’égard des femmes ou les filles des voisins, ce qui accentue les conflits. J’ai vu tout cela à l’étranger.
Ce genre d’attitude suscite l’exaspération des populations locales, surtout lorsque ces actes sont répétés dans le temps. Par contraste, d’autres communautés africaines comme les Sénégalais, Maliens, Congolais ou Guinéens, bien que présentes au Cameroun, font preuve de discrétion et de respect des lois locales. Il serait donc juste de s’interroger sur les raisons de cette différence de comportement. Il ne s’agit pas de stigmatiser, mais de reconnaître qu’un effort collectif de sensibilisation et d’éducation est nécessaire.
Le Camerounais à l’étranger gagnerait à se montrer humble, respectueux et à l’écoute des normes du pays qui l’accueille, car l’intégration ne se décrète pas : elle se construit par le comportement, la discipline et le respect des autres. À l’étranger, chaque pays a son propre système juridique et ses règles de conduite, qu’il s’agisse des comportements sociaux, des pratiques professionnelles ou encore des droits et devoirs des citoyens. Ignorer ces lois au nom de principes théoriques ou de référentiels académiques est une erreur.
En tant qu’étranger, respecter la législation locale n’est pas une option, mais une obligation absolue pour garantir sa sécurité, préserver son intégrité et éviter des sanctions pouvant aller de l’amende à l’expulsion. Ce respect n’est pas seulement une question de conformité, mais aussi de dignité et de coexistence pacifique avec les autres habitants. Dans certains pays, j’ai vu des Camerounais s’impliquer corps et âme dans la politique locale.
Quelle que soit leur expertise, c’est une démarche à éviter, surtout en Afrique où la culture politique fait encore défaut. Les théories apprises à l’université sont souvent générales ou issues d’un cadre académique précis, mais les réalités sociales et culturelles d’un pays peuvent être radicalement différentes. Par exemple, un principe universel comme la justice ou la démocratie ne s’applique pas toujours de la même manière selon les contextes.
Répéter ces idéaux sans en mesurer les implications culturelles peut provoquer des incompréhensions, voire des tensions avec les populations locales. Une approche pragmatique, ancrée dans le respect des coutumes, est donc essentielle. Chaque pays possède sa propre vision du monde, ses valeurs, ses repères et ses codes sociaux, parfois très éloignés de ceux que nous connaissons.
À l’étranger, il est fondamental de s’adapter aux pratiques locales et de bien comprendre la réalité du terrain avant d’agir ou de donner son avis. Cela suppose d’observer, d’apprendre et d’interagir avec humilité. Malheureusement, certains compatriotes créent de véritables désordres sur leur lieu de travail ou de vie, négligeant les règles élémentaires de discipline et de respect.
Le respect des pratiques sociales et professionnelles locales est indispensable. Dans de nombreux pays, les rapports humains, les structures hiérarchiques et les règles de travail sont très différents de ceux du Cameroun. Appliquer avec négligence des concepts théoriques peut alors être perçu comme une forme d’arrogance ou de déconnexion, compromettant ainsi vos relations sociales et professionnelles.
Lorsqu’on vit à l’étranger, l’humilité et l’écoute active sont essentielles. Or, chez certains Camerounais, cette humilité fait défaut. Beaucoup se perçoivent comme les meilleurs, convaincus de représenter à eux seuls le continent. Pourtant, même avec un bagage théorique solide, il est impératif de comprendre les réalités vécues par les habitants du pays hôte.
Dialoguer, observer et apprendre des autres est bien plus pertinent que de réciter des théories. L’objectif n’est pas d’avoir raison à tout prix, mais de construire un vivre-ensemble harmonieux, en tenant compte des spécificités locales et des expériences des autres.
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