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L'extradition de Ayaba Cho vers le Cameroun sera très compliqué.

La Norvège, encore moins quelque pays civilisé que ce soit de part le monde, n'extradera aucun leader de la crise anglophone vers le Cameroun sans violer effrontément les textes internationaux. 

Trois raisons seront utilement avancées pour justifier un tel propos. 

D'une part, en supposant qu'il ait commis des infractions au Cameroun ou contre les intérêts du Cameroun, elles seraient de nature politique. Selon la plupart des conventions internationales, personne ne peut être extradé si l'infraction qui lui est reprochée est de nature objectivement ou subjectivement politique. (Lire convention de Genève sur le droit des refugiés)

D'autre part, le Cameroun n'a pas une bonne réputation sur le respect des droits de l'Homme et l'abolition de la torture sous toutes ses formes. Aucun Etat moderne ne peut extrader un civil vers un pays où on est certain qu'il sera traduit devant un tribunal militaire, une cour martiale où aura droit à la torture et à un jugement inique. Au Cameroun c'est sûr que c'est au tribunal militaire qu'il sera traduit après avoir été torturé. 

S'il a la nationalité norvégienne, ça se complique une fois de plus car, rien ne prouve qu'il est Camerounais, même s'il est né et grandi là bas. Le Cameroun ne reconnaît pas la double nationalité.

Ces trois raisons seront toujours suffisantes devant les juridictions de tous les pays modernes.

Sachons que dès qu'une juridiction donne un avis défavorable sur une demande d'extraction active, le pouvoir politique est bloqué et ne peut passer outre.

Le Cameroun sachant cela, ne s'accommode pas des procédures chicaneuses d'extraction lorsque le présumé coupable se trouve sur le territoire d'un Etat aussi sauvage que le nôtre. On s'arrange entre barbares dictateurs, on kidnappe les personnes en catimini et on les amène au Cameroun, sans que les autorités judiciaires soient informées. Cas de Ayuk Tambe et ses copains, cas de Ramon Cotta.

Mais Ayaba Cho est dans un pays civilisé où le droit sera dit. Il le sait. Vous comprenez pourquoi lui-même annonce son arrestation avec une sérénité déconcertante

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