Rwanda - AFFAIRE FÉLICIEN KABUGA: COLIS EXPRESS POUR ARUSHA
© L'Observateur Paalga : H. Marie Ouédraogo | 02 Oct 2020 09:03:00 | 2221« La piste tanzanienne se précise », avions-nous titré lorsque, le 3 juin dernier, la Cour d’appel de Paris avait donné son accord pour le transfert de l’ancien homme d’affaires rwandais Félicien Kabuga devant les juridictions internationales pour génocide et crimes contre l’humanité. Depuis hier 30 septembre, elle s’est précisée davantage, car après un quart de siècle de cavale, l’ancien génocidaire est désormais fixé sur son sort : la Cour de cassation a tranché, confirmant la décision prise en appel. Ce ne sera donc ni à Paris ni à Kigali que sera jugé Félicien Kabuga, mais bel et bien devant un tribunal du Mécanisme pour les tribunaux pénaux internationaux (MTPI) à Arusha ou éventuellement à La Haye si la covid 19 l’impose.
Fin de course pour celui qu’on accuse d’avoir été l’un des financiers, voire même l’architecte, du génocide qui a fait au moins 800000 morts entre avril et juillet 1994 au Rwanda. On le soupçonne notamment d’avoir financé la tristement célèbre « Radio des mille collines ». Recherché par la justice internationale, sa tête avait même été mise à prix par le Département américain (5 millions de dollars), il avait toujours su échapper à ses poursuivants, s’offrant le luxe d’une des plus longues cavales de l’histoire de la justice internationale. 25 ans, un quart de siècle de cavale qui l’avait mené dans plusieurs pays africains et européens. Usant d’une dizaine d’identités, le fugitif aux mille visages avait finalement été arrêté à Asnières en France le 16 mai dernier.
Enfin rattrapé par son passé, Félicien Kabuga et ses conseils se sont battus bec et ongles en première instance comme en appel pour que la procédure se poursuive dans l’Hexagone, pendant qu’Ibuka, l’association des victimes du génocide, ne souhaitait que son retour au pays. Finalement, la solution tanzanienne est apparue comme la plus logique et la plus équitable, et les arguments de la défense n’y ont rien changé, elle qui n’a cessé de plaider la sénilité de son client perclus de maux et croulant sous le poids de l’âge. Il souffre de diabète et d’hypertension mais aussi de leucoaraiose, une maladie qui affecterait ses fonctions motrices et cognitive.
Sur le papier, la France a un mois pour organiser la remise du prisonnier à ses juges. Mais la manœuvre pourrait prendre plus de temps que prévu, car avant de juger le criminel présumé, il faut actualiser l’acte d’accusation émis au lendemain du génocide, rassembler les preuves anciennes et nouvelles, retrouver des témoins encore en vie, bref remettre les pendules à l’heure pour un dossier qui n’a que trop attendu. Et il attendra encore, car les avocats du vieil homme ne s’avouent toujours pas vaincus et continuent de lutter pour lui éviter un procès, plaidant la sénilité de leur client qui ne serait même pas « en état de comprendre les faits qui lui sont reprochés ». Le temps joue donc contre la justice internationale qui devra presser le pas si elle veut un jour entendre la déposition de l’un des présumés architectes du génocide de 1994.
Pour plus d'informations sur l'actualité, abonnez vous sur : notre chaîne WhatsApp
Lire aussi
- Douala 5e : une femme enceinte meurt électrocutée à Bonabo
- SYNIES : « Pas de mandat », Bamenda et Buea recadrés
- Douala : le calvaire des familles face aux frais de morgue
- Inondations Douala 5e : Sable et Bonamoussadi sous les eaux
- 25 ans après, New York commémore le 11 septembre 2001 au Pentagone
LE DéBAT
- Afrique -Débat: Pourquoi la crise anglophone persiste au Cameroun?
- Divorces dans la diaspora camerounaise en Europe : explications ?
- Quand est-ce les Camerounais prendront enfin leurs responsabilités pour la gestion de leur équipe?
- Afrique : Quel droit à l'image pour les défunts au Cameroun ?
- Canada - Cameroun, Liberté de manifestation partisane au Cameroun : Encore une incurie liberticide de Biya Paul ?
POINT DU DROIT
- La problématique du changement de nom en droit comparé
- Les étapes et les frais de procédure du morcellement d'un terrain au Cameroun
- L'obtention d'un titre foncier au Cameroun à l'issue d'une vente de terrain
- Le jugement supplétif de rectification d'acte de naissance au Cameroun
- La procédure d'achat d'un terrain titré dans la ville de Yaoundé
partenaire
Vidéo de la semaine
Nadine de Liège: Retour triomphal à Lille Août 2026
Flore de Lille prépare son 06 Novembre 2026 à Sarcelles près de Paris
TEETY TEZANO à STRASBOURG Juillet 2026
AZIZ MOUNDE: HOMMAGE A ALAIN LE MIGNON
GASTON KELMAN décrypte NDAP BIKOKOO à Paris
Vidéo
Jeunesse engagée : retour sur la finale du Challenge PDF à Bruxelles
WILFRIED EKANGA À BRUXELLES : Il explique les objectifs du PDF, du MRC et les défis à venir
Charlotte Dipanda en concert à Bruxelles : une soirée qui restera dans les mémoires
Charlotte Dipanda au Cirque Royal : une première historique pour la musique camerounaise
Assassinat d'Anicet Ekanè : les révélations de sa sœur
il y a une semaine
Afrique - Sahel : Moscou accuse Paris et Kiev de soutenir les djihadistes
Cameroun - Douala : 2 bandits tués par la foule après un braquage
Cameroun - Drame à Balessing : une mère de 28 ans assassinée ?
Succession dynastique au Cameroun : le scénario secret
Cameroun - Affaire Martinez : la guerre des vérités éclate
il y a un mois
Maroc - LIONNES INDOMPTABLES : ELLES ONT BRISÉ LE SIGNE INDIEN EN BATTANT LE NIGERIA
Iran : les 6 conditions qui font trembler Washington
États-Unis - Trump a fui la Turquie caché dans un camion de restauration
Cameroun - Général Beko'o Abondo : l'arbitre de la guerre des clans
Cameroun - Johann Sitchom : de l'Église à la prison de Kondengui
il y a un an