Cameroun - CURIOSITE : Un militaire vole la moto d’un «benskineur»
© Kalara : Louis Nga Abena | 26 Mar 2019 02:00:00 | 5867Le soldat est accusé d’avoir fait usage d’un poignard pour dépouiller un mototaximan de son engin et de l’avoir revendu par la suite. Il a plaidé coupable.
Le soldat Bell Henri Emmanuel, matelot de 1ère classe, est dans l’expectative. Ce 5 mars est une date décisive dans sa vie. Et pour cause, c’est ce jour que le Tribunal militaire de Yaoundé qui examine le litige qui l’oppose au ministère public au sujet d’un supposé vol d’une moto appartenant à M. Oumarou Issah a prévu de prononcer le verdict. Le militaire, visiblement dans la quarantaine, est en effet traduit devant la juridiction d’exception pour répondre des faits de vol aggravé et de violation de consignes présumés. M. Bell plaide coupable mais justifie le forfait par un «état de nécessité » disant que son acte visait à porter secours à sa fille gravement malade. Un temps placé en détention, l’accusé a bénéficié d’une liberté conditionnelle. Le 5 février dernier, chaque partie a présenté ses derniers arguments pour convaincre le tribunal de faire pencher la balance de son côté.
Prenant ses réquisitions finales, le ministère public a profité de la tribune offerte pour revenir sur le fond de l’affaire. Il indique que dans la nuit du 8 au 9 février 2016, l’accusé a sollicité M. Oumarou Issah, conducteur de mototaxi à Mbalmayo, pour une course vers la localité de Mengueme au prix de 5 mille francs. Au cours du trajet, le militaire va violemment s’emparer de la moto en tenant le conducteur en respect avec un poignard. M. Bell une fois en possession de la moto s’est rendu dans la localité de Campo où il était en service au moment des faits. Puis va vendre la moto querellée à un de ses camarades en fonction au Bataillon des fusiliers marins de Kribi au prix de 150 mille francs.
Dénégations
Toutefois, c’est à travers l’exploitation du téléphone portable de l’accusé oublié sur le lieu du crime que la sécurité militaire (Semil) va interpeller l’épouse de M. Bell. Et cette dernière va conduire les enquêteurs vers la cachette de son mari. Pour se tirer d’affaires, le militaire incriminé va justifier son supposé forfait en racontant qu’il avait urgemment besoin d’argent pour soigner sa fille très souffrante à Campo. Il indique avoir lui-aussi été victime d’un abus de sa hiérarchie qui a, sans raison valable, bloquer ses bons de caisses pendant des mois. Le privant de son salaire.
Le ministère public a signalé que l’accusé n’a jamais restitué la moto litigieuse. Et d’ajouter que lorsqu’on a présenté le poignard scellé à l’accusé pendant son audition, il s’est défendu en disant qu’il ne l’a pas utilisé pour opérer son coup. «Le fait pour un militaire de voler constitue une violation de consignes caractéristique d’un comportement amoral», a conclu le ministère public souhaitant que l’accusé soit déclaré coupable pour toutes les charges. Dans sa plaidoirie, Me Ayuk, l’avocat du soldat Bell, a opposé que les infractions imputées à son client ne sont pas constituées. Camer.be. Il déclare que M. Oumarou Issah, la victime, qui n’a pas comparu, est en réalité l’ami de son client qui a gracieusement donné sa moto afin que l’accusé se rende au chevet de sa fille à Campo. D’où l’état de nécessité soulevé par la défense. Il soutient que l’engin litigieux a plutôt été placé en gage contre 200 mille suffisant pour payer les soins… Pour lui, cette action ne saurait être qualifiée de vol : «reconvertir un bien d’autrui n’est aucunement un vol» . Les parties seront départagées ce 5 mars 2019. Sauf report.
Pour plus d'informations sur l'actualité, abonnez vous sur : notre chaîne WhatsApp
Lire aussi
- Douala 5e : une femme enceinte meurt électrocutée à Bonabo
- SYNIES : « Pas de mandat », Bamenda et Buea recadrés
- Douala : le calvaire des familles face aux frais de morgue
- Inondations Douala 5e : Sable et Bonamoussadi sous les eaux
- 25 ans après, New York commémore le 11 septembre 2001 au Pentagone
LE DéBAT
- Afrique -Débat: Pourquoi la crise anglophone persiste au Cameroun?
- Divorces dans la diaspora camerounaise en Europe : explications ?
- Quand est-ce les Camerounais prendront enfin leurs responsabilités pour la gestion de leur équipe?
- Afrique : Quel droit à l'image pour les défunts au Cameroun ?
- Canada - Cameroun, Liberté de manifestation partisane au Cameroun : Encore une incurie liberticide de Biya Paul ?
POINT DU DROIT
- La problématique du changement de nom en droit comparé
- Les étapes et les frais de procédure du morcellement d'un terrain au Cameroun
- L'obtention d'un titre foncier au Cameroun à l'issue d'une vente de terrain
- Le jugement supplétif de rectification d'acte de naissance au Cameroun
- La procédure d'achat d'un terrain titré dans la ville de Yaoundé
partenaire
Vidéo de la semaine
Nadine de Liège: Retour triomphal à Lille Août 2026
Flore de Lille prépare son 06 Novembre 2026 à Sarcelles près de Paris
TEETY TEZANO à STRASBOURG Juillet 2026
AZIZ MOUNDE: HOMMAGE A ALAIN LE MIGNON
GASTON KELMAN décrypte NDAP BIKOKOO à Paris
Vidéo
Jeunesse engagée : retour sur la finale du Challenge PDF à Bruxelles
WILFRIED EKANGA À BRUXELLES : Il explique les objectifs du PDF, du MRC et les défis à venir
Charlotte Dipanda en concert à Bruxelles : une soirée qui restera dans les mémoires
Charlotte Dipanda au Cirque Royal : une première historique pour la musique camerounaise
Assassinat d'Anicet Ekanè : les révélations de sa sœur
il y a une semaine
Afrique - Sahel : Moscou accuse Paris et Kiev de soutenir les djihadistes
Cameroun - Douala : 2 bandits tués par la foule après un braquage
Cameroun - Drame à Balessing : une mère de 28 ans assassinée ?
Succession dynastique au Cameroun : le scénario secret
Cameroun - Affaire Martinez : la guerre des vérités éclate
il y a un mois
Maroc - LIONNES INDOMPTABLES : ELLES ONT BRISÉ LE SIGNE INDIEN EN BATTANT LE NIGERIA
Iran : les 6 conditions qui font trembler Washington
États-Unis - Trump a fui la Turquie caché dans un camion de restauration
Cameroun - Général Beko'o Abondo : l'arbitre de la guerre des clans
Cameroun - Johann Sitchom : de l'Église à la prison de Kondengui
il y a un an