Cameroun - Coup de force électoral : Maurice Kamto sur la voie d'un recours aux instances internationales
© Source : Cameroonvoice | 20 Oct 2018 10:44:00 | 41555Cumulé au rejet des recours introduits par les candidats Cabral Libii et Maurice Kamto, le rejet dans la nuit de jeudi à vendredi de la requête en annulation totale de l'élection présidentielle du 7 octobre introduite par le candidat du Sdf, Joshua Osih, a consacré l'annihilation des espoirs des Camerounais épris de changement, de voir Paul Biya débarrasser enfin le plancher après 36 ans de règne clanique et chaotique sur fond de développement exponentiel de la corruption à toutes les strates de la société camerounaise et de désagrégation -à dessein criminel- du tissu social par l'exacerbation du sentiment tribal(iste). Mais la partie n'est pas pour autant terminée, et les cartes peuvent toujours être redistribuées.
Il n'en demeure pas moins que les citoyens de ce pays déjà ravagé par la guerre dans sa partie septentrionale qui est agressé par les terroristes de la secte islamiste Boko Haram, et dans sa partie occidentale par la guerre de sécession à laquelle se livrent forces séparatistes de l'Ambazonie et forces gouvernementales ont à cœur de préserver autant que faire se peut, ce qu'il reste de semblant de stabilité, en évitant l'implosion totale du pays dont les nuages menaçants se dessinent à l'horizon, d'une part, tout en gérant conséquemment avec sagesse la frustration née du coup de force électoral d'inspiration juridico-politico-gouvernemental dont ils sont en train de faire l'objet, d'autre part.
Cela suppose deux choses :
1. Utiliser toutes les ressources morales et intellectuelles dont ils disposent pour empêcher que les "hémophages"(1) et cannibales qui se pourlèchent déjà les babines à l'idée qu'ils vont pouvoir se ressourcer suffisamment en sang humain et en vies humaines anéanties, dans la perspective d'une déferlante contestataire qui leur donneraient l'occasion de faire valoir la force de frappe de leur armée –actuellement massivement déployée et sur les dents- sur des civils désarmés. En d'autres termes, l'armée devra être obligée de rentrer dans les domiciles des Camerounais pour les tuer si tant est qu'elle veut continuer de servir fidèlement le maître qu'elle s'est choisi, mais ne devra pas prétexter de la préservation de l'ordre public induite par des actes de vandalisme. Pour tout dire, à défaut d'éteindre le brasier de l'Ambazonie, il faudra éviter d'embraser de rééditer ce qui se passe dans le reste du Cameroun ;
2. Prendre cependant toutes ses responsabilités pour arracher définitivement sa liberté confisquée par celui qui voudrait que la postérité retienne de lui le souvenir de celui qui « a apporté la démocratie et la prospérité au Cameroun », en ne laissant pas le moindre répit à la junte militairo-policière à direction civile installée au pouvoir à Yaoundé.
C'est dans ce sens que l'on pourrait inscrire la perspective évoquée par Me Fidèle Djoumbissié, avocat et conseiller municipal MRC de la commune de Douala 1er, que Maurice Kamto porte l'affaire de la troublante élection présidentielle camerounaise de 2018 devant les instances juridictionnelles internationales (régionales ou onusiennes).
En effet, après avoir marqué sa déception suite à la décision du Conseil Constitutionnel de rejeter la requête en annulation partielle de l'élection dans certaines villes du Cameroun réparties sur 7 régions introduite par Maurice Kamto, Me Djoumbissié qui a relevé à juste titre que le système électoral est « fait pour le maintien de Paul Biya au pouvoir », a évoqué la possibilité que l'affaire ne s'arrête pas là où le Conseil Constitutionnel croit l'avoir laissée, fort de ce qu'aux termes des lois camerounaises, ses décisions sont insusceptibles de recours : « Nous allons aux instances internationales, ce sera pour indiquer qu'il y a quelque chose qui ne se passe pas bien au Cameroun, et que la volonté populaire soit respectée », a déclaré Me Djoumbissié, cité par camerounweb.com (Cf. Victoire de Kamto: Me Fidèle Djoumbissie montre la voie à suivre).
En effet, pour ne pas sortir du registre de la métaphore sportive impulsée par le véritable vainqueur de l'élection présidentielle du 7 octobre avec son fameux penalty tiré et à coup sur marqué, mais invalidé par l'arbitre qui a refusé de tenir compte des alertes données par les arbitres assistants vidéo –(VAR), pour son acronyme anglais plus connu référant à Video Assistant Referees-, l'équipe lésée peut, après épuisement des voies de recours internes, en référer au Tribunal Arbitral du Sport (TAS).
Faut-il alors rappeler que les chartes et traités internationaux – beaucoup plus lucides, en tout cas moins injustes - signés et/ou ratifiés par le pays du président Paul Biya, ont prééminence sur les lois iniques du Cameroun taillées sur mesure pour ses dirigeants à vie ?
Ce sera l'occasion de vérifier par exemple que lorsque l'Article 5, alinéa 1 de la Loi n°2004/005 du 21 avril 2004 fixant le statut des membres du conseil constitutionnel stipule que « Les membres du Conseil Constitutionnel doivent s'abstenir :
– d'occuper au sein d'un parti ou d'une formation politique, d'une association partisane ou syndicale, tout poste de responsabilité ou de direction et, de façon plus générale, de faire apparaître de quelque manière que ce soit leur appartenance politique ou syndicale », il n'est pas besoin, pour refuser de faire droit à la demande du requérant,. de convoquer partiellement (et partialement) le lointain article 18 de la loi évoquée supra, stipulant quant à lui que « le Conseil Constitutionnel, statuant à la majorité des deux tiers de ses membres, peut d'office ou à la demande de l'autorité de désignation, mettre fin, au terme d'une procédure contradictoire, aux fonctions d'un membre qui aurait méconnu ses obligations, enfreint le régime, des incompatibilités ou perdu la jouissance de ses droits civils et politiques, conformément aux modalités fixées par son règlement intérieur », quand le Conseil Constitutionnel est saisi d'une requête en récusation de ses membres dont les fonctions au sein d'un parti politique sont avérées, ou de ceux dont les prises de position font apparaitre leur appartenance politique, sous prétexte que seule l'autorité de désignation peut régler la question, alors que le Conseil sait pertinemment que pour le cas d'espèce, ladite autorité de désignation a intérêt à ce que la composition de son Conseil Constitutionnel reste en l'état.
Et partant de là, la composition du Conseil Constitutionnel devant indubitablement être remise en cause, les décisions de celui-ci -relatives au dernier contentieux électoral- se révéleront - en toute conséquence - nulles et non avenues ; le contentieux électoral devra repartir de zéro… et… et….
Pour plus d'informations sur l'actualité, abonnez vous sur : notre chaîne WhatsApp
Lire aussi
- Législatives 2027 : le scénario d'un nouveau report se précise
- MRC : après la victoire, la procédure de dédommagement
- Willy Mengue perd la bataille du mandataire ad hoc
- Cameroun-Suisse : après Page à Yaoundé, Datouo à Berne
- MRC : Willy Mengue et ses co-demandeurs désertent le tribunal pour la 2e fois
LE DéBAT
- Afrique -Débat: Pourquoi la crise anglophone persiste au Cameroun?
- Divorces dans la diaspora camerounaise en Europe : explications ?
- Quand est-ce les Camerounais prendront enfin leurs responsabilités pour la gestion de leur équipe?
- Afrique : Quel droit à l'image pour les défunts au Cameroun ?
- Canada - Cameroun, Liberté de manifestation partisane au Cameroun : Encore une incurie liberticide de Biya Paul ?
POINT DU DROIT
- La problématique du changement de nom en droit comparé
- Les étapes et les frais de procédure du morcellement d'un terrain au Cameroun
- L'obtention d'un titre foncier au Cameroun à l'issue d'une vente de terrain
- Le jugement supplétif de rectification d'acte de naissance au Cameroun
- La procédure d'achat d'un terrain titré dans la ville de Yaoundé
partenaire
Vidéo de la semaine
Nadine de Liège: Retour triomphal à Lille Août 2026
Flore de Lille prépare son 06 Novembre 2026 à Sarcelles près de Paris
TEETY TEZANO à STRASBOURG Juillet 2026
AZIZ MOUNDE: HOMMAGE A ALAIN LE MIGNON
GASTON KELMAN décrypte NDAP BIKOKOO à Paris
Vidéo
Jeunesse engagée : retour sur la finale du Challenge PDF à Bruxelles
WILFRIED EKANGA À BRUXELLES : Il explique les objectifs du PDF, du MRC et les défis à venir
Charlotte Dipanda en concert à Bruxelles : une soirée qui restera dans les mémoires
Charlotte Dipanda au Cirque Royal : une première historique pour la musique camerounaise
Assassinat d'Anicet Ekanè : les révélations de sa sœur
il y a une semaine
Russie - Lavrov à l’Europe : « La guerre sera très courte »
Ukraine : Zelensky réclame 27 milliards, l'Europe s'interroge
Villes intelligentes et économie mobile Comment l'Afrique Centrale accélère sa transition numérique
États-Unis - 25 ans après, New York commémore le 11 septembre 2001 au Pentagone
Cameroun - Inondations Douala 5e : Sable et Bonamoussadi sous les eaux
il y a un mois
Cameroun - Joël Émile Bamkouï : le retour de l’ex-patron du renseignement
Cameroun - Paul Biya de retour à Yaoundé jeudi 20 août, annonce RFI
Sénégal - Officiel : Patrick Vieira prend les commandes des Lions de la Teranga
Crise des droits TV, Afrique subsaharienne : Les supporters se tournent vers les solutions mobiles
Cameroun - Matricide à Yaoundé : Landry Batek Yebel condamné à mort
il y a un an