Cameroun - Crise anglophone : Au Sud-Ouest comme au Far West
© Mutations : Blaise Djouokep | 26 Sep 2017 07:50:03 | 4924Des populations ont envahi les rues par milliers, détruisant le drapeau du Cameroun et des édifices publics. Leurs principales revendications, la libération des personnes interpellées depuis le début de la crise sociopolitique dans les deux régions anglophones du Cameroun et la création d’un Etat.
Réveil difficile dans la région du Sud-Ouest ce samedi, 23 septembre 2017. A Buea, Limbé, Kumba et les principales villes de cette région, tout est calme. Les rues sont désertes. Seules quelques boutiques sont ouvertes. Dans les marchés, très peu de commerçants ont fait le déplacement. Les clients se font rares.
La vie reprend difficilement son train-train quotidien. Une ambiance qui tranche radicalement avec l’atmosphère surchauffée de la veille, vendredi 22 septembre, où les populations des villes et quartiers du Sud-Ouest sont massivement descendues dans les rues pour exiger la libération des personnes encore emprisonnées dans le cadre de la crise dite anglophone. Les manifestants ont également revendiqué leur appartenance à « l’Ambazonie ».
Tout a commencé tôt vendredi matin, avec des parents qui, alertés par des messages annonçant des troubles, se sont rués vers les écoles pour récupérer leurs enfants. Ils seront dissuadés et rassurés par les forces de l’ordre et des responsables des établissements scolaires. Seulement, quelques minutes après leur départ, la situation va se dégrader. Aux environs de 9h, enfants, jeunes, hommes, femmes et vieillards vont descendre dans la rue. En provenance des différents coins et recoins de la ville, ils vont converger vers les services du gouverneur du Sud-Ouest. Certains sont partis de Kumba, Limbé, Ekona, Muyuka… pour rejoindre le chef-lieu de la région.
Vandalisme
Parmi eux, on a identifié des femmes âgées, tissus blancs noués autour de la poitrine, des foulards de couleur rouge sur la tête et des tiges d’arbre de paix à la main. Sur certaines pancartes brandies, on a pu lire : « L’Ambazonie doit être libre, doit avoir la paix » ; « Nous voulons la libération totale des personnes arrêtées », « Nous voulons la paix et non la guerre ». Ils ont aussi brandi un drapeau bleu-blanc qu’ils présentaient comme étant celui d’une République imaginaire appelée « l’Ambazonie ».
Sur leur corps, certains ont reproduit les couleurs dudit drapeau. « Nous voulons que tous les anglophones encore en prison soient libérés. Et ce n’est qu’après leur libération que nous passerons à la négociation », clame une frange de la foule. Les manifestants sont interceptés à Buea par les forces de l’ordre, alors qu’ils se dirigent vers les services du gouverneur. Contraints de battre en retraite, certains manifestants vont s’en prendre au domicile de Patrick Ekema, le maire de la ville. Ils y détruisent cinq véhicules à coups de cailloux, tout en vandalisant sa maison. De Great Soppo à Molyko, les dégâts sont visibles sur les principales artères de la ville de Buea.
Pneus, voitures et autres objets sont brûlés. Des colonnes de fumée noire s’élèvent vers le ciel. Postés à plusieurs carrefours, policiers et gendarmes vont se contenter d’assurer la sécurité des édifices publics. Ils ont reçu l’ordre, apprend- on, de ne pas s’en prendre aux manifestants ; sauf s’ils sont attaqués par ces derniers. Cependant, ces manifestants se servent de projectiles pour détruire plusieurs édifices publics et privés. La manifestation va durer jusque dans l’après-midi. Et ce n’est qu’autour de 16h que ces populations surchauffées vont peu à peu disparaître dans les quartiers, laissant traverser un vent de calme.
Pour plus d'informations sur l'actualité, abonnez vous sur : notre chaîne WhatsApp
Lire aussi
LE DéBAT
- Afrique -Débat: Pourquoi la crise anglophone persiste au Cameroun?
- Divorces dans la diaspora camerounaise en Europe : explications ?
- Quand est-ce les Camerounais prendront enfin leurs responsabilités pour la gestion de leur équipe?
- Afrique : Quel droit à l'image pour les défunts au Cameroun ?
- Canada - Cameroun, Liberté de manifestation partisane au Cameroun : Encore une incurie liberticide de Biya Paul ?
POINT DU DROIT
- La problématique du changement de nom en droit comparé
- Les étapes et les frais de procédure du morcellement d'un terrain au Cameroun
- L'obtention d'un titre foncier au Cameroun à l'issue d'une vente de terrain
- Le jugement supplétif de rectification d'acte de naissance au Cameroun
- La procédure d'achat d'un terrain titré dans la ville de Yaoundé
partenaire
Vidéo de la semaine
Flore de Lille prépare son 06 Novembre 2026 à Sarcelles près de Paris
TEETY TEZANO à STRASBOURG Juillet 2026
AZIZ MOUNDE: HOMMAGE A ALAIN LE MIGNON
GASTON KELMAN décrypte NDAP BIKOKOO à Paris
HERVE MATHOUX SON REGARD SUR LE FOOT AFRICAIN SES 10 DERNIRERE ANNEES
Vidéo
Jeunesse engagée : retour sur la finale du Challenge PDF à Bruxelles
WILFRIED EKANGA À BRUXELLES : Il explique les objectifs du PDF, du MRC et les défis à venir
Charlotte Dipanda en concert à Bruxelles : une soirée qui restera dans les mémoires
Charlotte Dipanda au Cirque Royal : une première historique pour la musique camerounaise
Assassinat d'Anicet Ekanè : les révélations de sa sœur
il y a une semaine
Rd Congo - Archives minières de la RDC : la guerre des cartes avec la Belgique
France - Raïssa Zemoniako : l'ascension d'une femme qui s'impose dans le showbiz africain
France - Michael Olise accusé d'abandonner sa fille
France - Jacky M. du micro de journaliste au micro de chanteur
France - Festival Oumba 2026 : Teety Tezano illumine la scène avec une prestation magistrale
il y a un mois
Cameroun - Bafia : plusieurs morts dans un accident, le pays pleure encore
Cameroun - Garoua : un incendie électrique détruit 16 batteries, les pompiers sauvent le quartier
Cameroun - Claude Assira : « Le procès Zogo fait du surplace, une stratégie pour durer »
Monde Entier - Réalité virtuelle dans online casino vue par les experts
il y a un an