Cameroun, Can 2019: Paul Biya invite le président de la CAF à Yaoundé
© Quotidien Le Jour : Hiondi Nkam IV | 28 Jul 2017 18:04:50 | 6953Incertitudes sur la Can 2019. Le président de la République rentre en jeu et veut rassurer l’instance faitière sur la capacité de son pays à organiser la nouvelle formule de la Coupe d’Afrique des Nations.
Dans un tweet publié le 25 juillet, le journaliste algérien Hafid Derradji (BeInsport) assurait que la Confédération africaine de football (CAF) était sur le point d'annoncer que la Can 2019, prévue au Cameroun, aurait finalement lieu au Maroc.
Une rumeur vite démentie par la Caf qui laisse tout de même planer de lourds nuages sur le lieu où se tiendra la toute nouvelle formule de la Can décidée par le Comité exécutif de l’instance faitière le 20 juillet 2017.
Ce climat délétère n’est plus supportable pour le pouvoir de Yaoundé qui n’était déjà pas à jour pour tenir une Can à 16 équipes et qui se voit à présent acculé par la Caf à organiser une compétition à 24 dans des délais sensiblement semblables. « Je serai intransigeant sur le standard de la Can. Soit le pays y répond, soit il ne l’organise pas », a prévenu, sentencieux, Ahmad Ahmad, le président de la Caf, à l’annonce de cette nouvelle résolution faisant passer la Caf à 24 équipe dès 2019.
Le Cameroun a, par la voix du président de la Fécafoot, répondu que le pays serait prêt même dans cette nouvelle configuration. Mais la Can engage tout une nation et cette sortie de Tombi A Roko pourrait compter pour des prunes sans une implication du sommet de l’Etat. Paul Biya en est conscient et le président de la république vient selon des sources crédibles de convier Ahmad Ahmad à effectuer une visite au Cameroun.
Nos sources précisent que la rencontre devrait avoir lieu à la mi-août, juste après le pèlerinage que le dirigeant de la puissante organisation de football effectue actuellement à la Mecque. Paul Biya veut sans doute normaliser les rapports avec une institution sur laquelle pèsent de lourds soupçons de «vendetta » contre son pays.
En effet, suite à l’éviction du camerounais Issa Hayatou à la tête de la Caf au terme d’un interminable règne de 29 ans, Ahmad Ahmad veut, selon certaines informations, nettoyer les écuries d’Augias et recadrer le pays de Roger Milla qui aurait été « gâté » par l’ancien président.
Déjà, des cadres camerounais recrutés à la pelle par Issa Hayatou sont mis au placard par Ahmad et ce dernier surveille la candidature camerounaise pour la Can 2019 comme du lait sur le feu. « A la moindre défaillance il retirera la Can au Cameroun », nous indique une source en service au siège de la Caf au Caire.
Le Maroc et l’Algérie se tiennent prêts
Le timing de la visite probable d’Ahmad à Yaoundé est donc loin d’être fortuit. La Caf a déjà annoncé que sa prochaine inspection des sites de la compétition se tiendra en septembre de cette année. Conscient du retard pris par son pays et compte tenu de la nouvelle donne, le président Biya veut sans doute donner des gages de la capacité du Cameroun à relever ce défi. Depuis le 20 juillet et l’annonce d’un élargissement du tournoi de seize à vingt-quatre équipes dès 2019, la rumeur d’une délocalisation est récurrente.
En coulisses, l’Algérie et surtout le Maroc jouent des coudes pour se positionner.
Le Maroc, qui vise (surtout) l’organisation de la Coupe du Monde (2026 ou 2030) ne fait d’ailleurs rien pour dissiper les rumeurs. Fouzi Lekjaa, l’influent président de la Fédération royale marocaine de Football (FRMF), a même affirmé que son pays était prêt à suppléer le Cameroun.
Kheireddine Zetchi, qui dirige la Fédération algérienne de football (FAF), a lui aussi proposé ses services. La Caf voulait mettre le Cameroun sous pression. C’est gagné.
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