Cameroun: une plateforme web pour dénoncer les injustices liées au Droit foncier
© Source : CRTV | 01 Jun 2017 16:00:45 | 4615Lancée par le Centre pour l’environnement et le développement (CED) basé à Yaoundé, le site www.atlas.bd-obster.org permet aux populations autochtones et rurales d’informer les pouvoirs publics sur les abus d’autorité dont elles sont victimes
Selon le promoteur, secrétaire général du CED, Samuel Nguiffo, L’objectif de cette plateforme est d’inciter à garantir les droits, ainsi que la sécurité, aux personnes possédant les terres par le seul fait coutumier. Elle donne la possibilité aux populations victimes d’abus de leurs droits fonciers coutumiers, de les signaler et les dénoncer en toute liberté afin que les autorités puissent être informées. « Seulement 0,1% des terres au Cameroun sont contrôlées par les communautés, et plus de 98% par l’Etat. Il y a donc un gros effort à faire à ce niveau » regrette Samuel Nguiffo. L’équation est d’autant plus épineuse que le Droit foncier camerounais n’a pas encore prévu des dispositions explicites sur ce qui relève du volet « coutumier » ou « traditionnel ».
La loi foncière de 1974 reconnait par exemple la légitimité d’un terrain seulement à un citoyen qui possède des documents attestant l’immatriculation ou le titre foncier. Or selon les études récentes, 90% des terres ne sont pas immatriculées en Afrique dans les zones rurales. Ce qui expose les populations qui y vivent aux problèmes d’accaparements des terres, elles qui ne savent pas toujours à quelle porte frapper. Pour ces populations qui ont une longue histoire à la terre léguée de génération en génération, il est inconcevable de les déguerpir du jour au lendemain.
Dans leur plaidoyer à travers la plateforme www.atlas.bd-obster.org, Samuel Nguiffo et quelques chefs traditionnels font l'état des lieux tout en proposent des solutions qui considèrent les droits fonciers coutumiers au même titre que le droit positif, moderne qui ne jure que par des documents formels.
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