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Cameroun: Et si le Sdf voulait raviver la crise anglophone ? :: CAMEROON

Que cache la décision du Sdf de ne pas prendre part à cette édition de la commémoration de l’unité nationale? Pourtant par le passé, le défilé du 20 mai était perçu au-delà du symbole qu’il représente,comme la tribune d’affirmation et de propagande de tout parti politique, fier de participer à l’émulation de la vie politique de la nation. 

La décision du chairman intervient dans un contexte politique atypique, marqué par des revendications séparatistes qui mettent à mal la cohésion sociale au Cameroun depuis quelques mois. On croyait pourtant que dans un élan de solidarité nationale, les partis politiques, toutes tendances confondues, s’étaient montrés solidaires du gouvernement pour trouver des réponses appropriés à ce qu’il convient d’appeler la crise anglophone. Les mesures prises par les pouvoirs publics avaient jusque-là conduit à une certaine accalmie de la tension sociale qui a ébranlé les régions anglophones du pays du fait de cette crise, avec la décrispation remarquée sur le terrain depuis quelques mois, à la faveur des solutions décidées par le chef de l’Etat. A savoir la création de la commission nationale de promotion du bilinguisme et du multiculturalisme, dont le secrétaire permanent est un digne fils du Nord-ouest, l’insertion des pratiques et coutumes du Common law dans le système judiciaire national tel que l’exigeaient les avocats anglophones, l’appel synergique à la reprise des cours dans les régions anglophones par les différents partenaires de la communauté éducative, et l’organisation depuis lundi dernier des examens pratiques du Gce. 

Des mesures saluées par l’ensemble de la communauté nationale, et qui ont contribué au retour à la normale dans les régions anglophones du pays, et à la concrétisation du vivre ensemble que les camerounais appellent de tous leurs vœux, à la suite du chef de l’Etat qui incarne les institutions républicaines.

Que peut bien cacher la décision du Sdf de ne pas prendre part au défilé dans ce contexte de retour progressif aux valeurs ré- publicaines dans le Nord-ouest et le Sud-ouest ? 

Les analystes les plus érudits ne manquent pas de lire en filigrane de ce boycott des calculs politiciens pernicieux dont le dessein inavoué serait de remettre du l’huile sur le feu de la crise dite anglophone, afin peut-être de faire sombrer l’Etat dans une gouvernabilité chaotique. Et pour cause, il y’a fort à craindre que cet appel au boycott de la fête de l’unité nationale sorte des bois les vandales qui avaient plongé les régions anglophones dans les troubles sociaux de ces derniers mois. Autant dire une surenchère irresponsable d’un parti qui se veut républicain (en siégeant au sein des institutions de la république), mais qui voudrait se cacher derrière des revendications saugrenues pour redorer un blason depuis longtemps terni par le chantage permanent de son leader.

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