Cameroun - Marché Congo : Le grand méli-mélo
© La Nouvelle Expression : Alphonse Jènè | 07 Jan 2017 06:07:05 | 5294C’est du moins le constat fait ce jeudi 05 décembre 2017 au lieu-dit Avenue triomphale, plus précisé à l’espace investit par les menuisiers et les décorateurs de maisons.
Une fois donc que le taxi nous dépose devant l’entrée principale de l’école Publique Camp Bertaut, le décor est saisissant, meubles de toute sorte, des tas de matelas exposés pour la vente, des boutiques exposent des tissus de décoration très varié, tout le long de l’allée qui débouche de l’autre côté de l’ancien 3è. Pas de possibilité de circuler ici, en voiture, au risque de renverser les marchandises ou même d’écraser le pied d’un individu. L’endroit est devenu trop étroit pour allier business et circulation des engins.
Difficile en tout cas de comprendre l’occupation très anarchique de cet espace au vu et au su des autorités en charge de la gestion de la cité. Même la construction d’un imposant Centre commercial sur ce site a pris un sacré coup. «Faire un entrer un camion pour verser du sable et livrer le matériau pour faire avancer le chantier est une équation difficile. Les menuisiers surtout ont envahi tous les espaces. Il faut envisager les heures tardives pour faire facilement les manœuvres», nous explique un technicien rencontré sur les lieux.
Le jeu de la Communauté urbaine de Douala ?
A en croire quelques fabricants de meubles, «c’est depuis 2008 que cela dure. Après le premier incendie, nous avons demandé aux autorités de nous trouver de l’espace pour nos activités, on nous a montré le lieu-dit pont Blanchisseur mais tout le monde ne peut pas trouver un emplacement, l’espace étant petit», nous relate Petit Paul, menuisier.
Pour le chef de bloc menuiserie ; « nous sommes en train de nous préparer pour quitter ces lieux. On continue avec les cotisations pour aller construire au petit endroit que la Communauté urbaine nous a donné au pont Blanchisseur. L’espace en plus est à notre charge. Pour l’instant on ne peut pas vous dire quand est–ce qu’on va quitter ici. On n’a pas d’autres moyens que la cotisation des membres pour financer. C’est pour cela que nous occupons cet espace pour avoir de l’argent. Quand on va finir les premiers bâtiments, on verra si les premières personnes vont s’y installer », dit Michel Tonfack.
Il est donc clair que le départ n’est pas pour demain, encore que les commerçants continuent d’alimenter les caisses de l’Etat, en payant chacun, leurs impôts et taxes diverses. Une situation de désordre qui crée un précédent, le Centre commercial qui est presque prêt, va être moins visible ainsi que son impact décoratif noyé dans une insalubrité bien entretenue par ces ateliers de fabrication des meubles et ces taudis servant de magasin de stockage des produits de menuiserie.
Un contraste incroyable qui absorbe l’embellissement de la ville. «On est dans un discours plein de contrariétés. Le premier magistrat de la ville de Douala parle d’une ville propre et développée, mais aucune promotion n’est faite dans ce sens-là. On ne peut pas noyer un décor comme celui-là dans cette sorte de porcherie, privant ainsi à un coin déjà moins développé, de sortir au moins du lot et vivre un peu d’éclat en entretenant un tel cafouillage. C’est chaque fois les descentes des agents de la Communauté urbaine, mais qui s’accommodent visiblement bien de cette saleté», soutient Emile K.
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