Cameroun - Accident d’Eseka : Niat Njifenji demande des comptes
© Le Jour : Assongmo Necdem | 11 Nov 2016 08:27:50 | 5223A l’ouverture de la session parlementaire, le président du Sénat a dénoncé le mauvais état général des infrastructures.
Passé les formules protocolaires et de politesse à l’endroit du gouvernement, passé la minute de silence en hommage aux morts, Marcel Niat Njifenji n’est guère passé par quatre chemins pour demander des comptes au lendemain de l’accident ferroviaire d’Eseka du 21 octobre 2016. A l’ouverture de la session ordinaire du Sénat hier, 10 novembre 2016, le président de cette Chambre a saisi toute la solennité du moment pour demander que les responsabilités soient établies.
Pour Marcel Niat Njifenji, la douleur, la tristesse et la compassion ne doivent pas occulter les problèmes de fond. Il affirme alors : « Ce déraillement qui intervient après la rupture d’un drain sur la route nationale qui relie les deux principales villes de notre pays amène à s’interroger sur la responsabilité des uns et des autres dans la gestion, l’entretien, le suivi et la maintenance de certaines infrastructures essentielles pour le développement de notre pays. »
Même s’il ne désigne aucun responsable, le président du Senat souligne qu’il y a eu des « manquements divers et autres dysfonctionnements dans la chaîne de décision ». Marcel Niat Njifenji semble épargner le gouvernement, et dit attendre les conclusions de la Commission d’enquête créée par le chef de l’Etat et placée sous la présidence du Premier ministre, Philemon Yang. Une commission où ne siège pas le ministre des Transports, Edgard Alain Mebe Ngo’o, et celui des Travaux publics, Emmanuel Nganou Djoumessi.
Sans indexer personne une fois encore, Marcel Niat Njifenji pose le problème du mauvais état général des infrastructures au Cameroun. « Il en est ainsi de la situation de certains axes routiers majeurs pour l’économie de notre pays, notamment les routes nationales Yaoundé-Bafoussam, Babadjou-Bamenda, voire d’autres encore. » Pour le président du Sénat, il y a bien un problème dans le rapport que le gouvernement entretient avec les entreprises concessionnaires des services publics vitaux pour l’économie nationale et la vie des populations.
Il relève alors « l’incurie dans l’entretien des réseaux de transport et de distribution de l’énergie électrique et de l’eau dont l’état de dégradation avancée nécessite une réhabilitation immédiate ». Dans tous les cas, prévient Marcel Niat, le Cameroun n’est pas à l’abri d’autres catastrophes. Il recommande donc au gouvernement « d’être plus exigeant, plus vigilant et plus regardant » envers les entreprises et les organismes chargés de veiller au respect des cahiers de charges. Chacun doit respecter ses engagements.
A l’ouverture de la session ordinaire du Sénat hier, le sujet à l’ordre du jour était moins le budget de l’Etat, même si la loi des Finances 2017 est bel et bien le principal texte à voter au Parlement. Le texte est toujours attendu alors qu’il aurait dû être déposé au plus tard 15 jours avant l’ouverture de la session parlementaire, conformément à l’article article 39, alinéa 1, de la loi n°2207/006 du 26 décembre 2007 portant régime financier de l’Etat. Le président de la République, qui envoie les projets de loi au Parlement, a d’ores et déjà violé la procédure, comme les années antérieures.
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