Cameroun - Bernard Fokou : Un amour pour la ferraille
© Le Jour : Franklin Kamtche | 06 Jul 2016 11:19:30 | 26565Parfois victime de tracasseries administratives, l’homme d’affaires originaire de Bansoa dans la Menoua, a étendu son business au-delà des frontières nationales.
Ceux qui ont connu la première quincaillerie Fokou, au quartier Mini-ferme, à Yaoundé, dans les années 80-90, savent que l’homme n’était pas milliardaire mais un commerçant déjà attrayant. Devant le modeste R+1 d’alors, il y avait toujours une file de clients. Et il avait dû utiliser le plein air à côté de l’église catholique de Djong Melen, pour stocker des matériaux, très sollicités par les adeptes de l’immobilier. Assez curieusement, le boom de ses affaires est allé de pair avec la crise économique.
Alors que l’argent était devenu rare, des magasins tentaculaires sont nés et son activité s’est diversifiée. Ceux qui croyaient y comprendre quelque chose expliquaient alors que dans une situation de rareté de l’argent, il avait accumulé des dettes de plusieurs milliards envers l’Etat, qu’un célèbre ministre des finances avait débloqué, moyennant la pratique des ... 30%.
D’autres ajoutaient que Bernard Fokou Foberd, n’était que le prête-nom des pontes du régime, dont un général de gendarmerie originaire de l’Ouest et sédentarisé à la direction centrale de la coordination. N’empêche, la croissance de son chiffre d’affaires n’a pas eu besoin de démonstrations savantes. Vu de sa résidence de Bansoa-Mbri, cet homme discret, presque secret, a accumulé de l’argent. Ses premiers pas dans les affaires remontent au début des années 80.
Selon des sources dignes de foi, il obtient l’exclusivité de la fourniture des restaurants universitaires en vivres frais. Les étudiants de l’Université de Yaoundé se souviennent certainement encore de « Ben le boucher », l’estampille de ces fourgonnettes qui venaient livrer les cuisses de dindon au « Resto U ». Il devient derechef un important fournisseur de l’Etat camerounais et dans les conditions de l’époque, un créancier patient. Selon le magazine Jeune Afrique, il parvient à faire transformer sa dette en Obligations du Trésor à coupon zéro, qu’il place ensuite auprès des banques. La somme récupérée serait très importante et facilitera la mise sur pied de cet empire spécialisé dans l’agroalimentaire et la construction.
Ben le boucher
Bernard Fokou est aujourd’hui propriétaire de plus d’une dizaine de sociétés spécialisées dans divers secteurs (agroalimentaire, métaux, construction…), notamment dans les segments de la fabrication et de la distribution. A titre illustratif, Foberd fait dans les Btp, Sofamac dans la plasturgie, Smalto dans la fabrication des peintures, Bocam la gestion des déchets,Oac dans le courtage, Sotrascam dans le transit, New Foods pour l’agroalimentaire, la Sctb dans la transformation du bois, Sofavinc et Emif dans la fabrication des boissons et spiritueux.
Le groupe Fokou, patrimoine du milliardaire Bernard Fokou, est implanté dans de nombreux pays africains. Notamment l’Angola, le Gabon, la République Centrafricaine et le Tchad. Outre New Foods et Sofavinc, le groupe possède d’autres entreprises à l’instar de Codeco (Cosmétique et détergent du Congo), Sogem (Société générale des minerais), Sofapral (Société congolaise de fabrication de produits alimentaires) ainsi que Sfpal, une unité de production des matériaux de construction.
Après l’expérience des Acieries du Cameroun, cet homme aux multiples casquettes envisageait il y a peu de mobiliser 30 milliards Fcfa pour le lancement prochain au Cameroun, d’une usine de transformation du fer à Kribi au sud du pays. La nouvelle société sera spécialisée dans la fabrication du fer à béton et d’autres produits dérivés du minerai. Une combinaison qui fera de lui un pilier sur le marché métallurgique africain.
Si Joseph Kadji Defosso a éloigné ses fils Gilbert et Patrice de certaines affaires et qu’Yves Michel Fotso est en prison, Bernard Fokou compte sur sa progéniture pour assurer la relève. Ses enfants Trésor et Anicet gèrent d’importantes entreprises de son portefeuille. Il y a peu, le magazine panafricain Jeune Afrique faisait savoir que le groupe ne publie pas ses chiffres. Mais des chiffres indiquaient une récente augmentation du capital social de certaines entités, de l’ordre de 1,396 milliard.
L’acte notarié publié dans Cameroon Tribune il y a un an par Me Colette Tibagna Nyaabia indiquait que le capital des Aciéries passait de 2 à 2,5 milliards Fcfa, soit une hausse de 500 millions de Fcfa. Ceux de l’agroalimentaire New Foods et Sofavinc, spécialisée dans les boissons et spiritueux, ont respectivement été portés de 9 à 655 millions Fcfa, soit une hausse de 646 millions et de 750 millions à 1 milliard Fcfa, soit 250 millions Fcfa. Plus important, les propriétaires ont procédé au changement du « montant du nominal de la part sociale pour le porter de 10 000 Fcfa à 100 000 Fcfa ».
Un réinvestissement qui devait permettre à New Foods, Sofavinc et les Aciéries du Cameroun de conquérir davantage les marchés de la sous-région. Il n’y a pas meilleure preuve que les affaires marchent.
Pour plus d'informations sur l'actualité, abonnez vous sur : notre chaîne WhatsApp
Lire aussi
- Sonamines : échec des appels pour les gisements stratégiques
- Camair-Co : Ethiopian Airlines réussit, pas nous
- Audit SNH : quand la première entreprise du Cameroun déraille
- ECO ou franc guinéen ? La Guinée a choisi sa souveraineté
- Ecobank Cameroun : 25 ans dejà, des milliards mobilisés, un développement partagé.
LE DéBAT
- Afrique -Débat: Pourquoi la crise anglophone persiste au Cameroun?
- Divorces dans la diaspora camerounaise en Europe : explications ?
- Quand est-ce les Camerounais prendront enfin leurs responsabilités pour la gestion de leur équipe?
- Afrique : Quel droit à l'image pour les défunts au Cameroun ?
- Canada - Cameroun, Liberté de manifestation partisane au Cameroun : Encore une incurie liberticide de Biya Paul ?
POINT DU DROIT
- La problématique du changement de nom en droit comparé
- Les étapes et les frais de procédure du morcellement d'un terrain au Cameroun
- L'obtention d'un titre foncier au Cameroun à l'issue d'une vente de terrain
- Le jugement supplétif de rectification d'acte de naissance au Cameroun
- La procédure d'achat d'un terrain titré dans la ville de Yaoundé
partenaire
Vidéo de la semaine
Nadine de Liège: Retour triomphal à Lille Août 2026
Flore de Lille prépare son 06 Novembre 2026 à Sarcelles près de Paris
TEETY TEZANO à STRASBOURG Juillet 2026
AZIZ MOUNDE: HOMMAGE A ALAIN LE MIGNON
GASTON KELMAN décrypte NDAP BIKOKOO à Paris
Vidéo
Jeunesse engagée : retour sur la finale du Challenge PDF à Bruxelles
WILFRIED EKANGA À BRUXELLES : Il explique les objectifs du PDF, du MRC et les défis à venir
Charlotte Dipanda en concert à Bruxelles : une soirée qui restera dans les mémoires
Charlotte Dipanda au Cirque Royal : une première historique pour la musique camerounaise
Assassinat d'Anicet Ekanè : les révélations de sa sœur
il y a une semaine
Cameroun - Bus Mangwa Boy : 4h du matin, le drame de Ndikiniméki
France - CRISE DE LA SOIXANTAINE OU TRISTE RÉALITÉ ?
Turquie - Onana victime d'un accident : plus de peur que de mal
Cameroun - Ntimbane Bomo : l'article du Figaro est un message subliminal
Cameroun - Cédric Ketchanga : entre réussite entrepreneuriale et tempête médiatique
il y a un mois
Rd Congo - Archives minières de la RDC : la guerre des cartes avec la Belgique
France - Michael Olise accusé d'abandonner sa fille
France - Raïssa Zemoniako : l'ascension d'une femme qui s'impose dans le showbiz africain
France - Jacky M. du micro de journaliste au micro de chanteur
France - Festival Oumba 2026 : Teety Tezano illumine la scène avec une prestation magistrale
il y a un an