«Vous êtes vu comme un démon», raconte un étudiant africain en Inde
© Source : Slateafrique.com | 27 Jun 2016 18:01:29 | 11013Les nombreux étudiants africains qui font un séjour en Inde souffrent du racisme.
Zaharaddeen Muhammed, un étudiant nigérian, rêvait de faire ses études en Inde. Non pas parce que le deuxième pays le plus peuplé de la planète compte de très bonnes universités, mais plutôt pour découvrir une culture qui le fascinait depuis des années.
«Je suis un grand fan de Bollywood. Je ne suis pas venu pour mes études car il y a assez de très bonnes universités au Nigeria. Mais je voulais en apprendre plus sur la culture indienne et je voulais interagir avec des gens ici», raconte-t-il au média qatari Al-Jazeera. Mais son rêve est vite tombé à l'eau, et pire il s'est heurté à un racisme endémique.
«Les gens me regardent comme si j'étais différent et c'est très difficile d'avoir leur confiance. J'essaye d'être amical. Je parle l'hindi couramment et je rigole tout le temps. Mais quand j'offre des biscuits aux enfants de mes voisins, ils ne les acceptent pas», poursuit-il
Pour le business c'est différent
Un cas malheureusement loin d'être rare en Inde, où de nombreux expatriés africains viennent pourtant travailler ou suivre leurs études. Comme nous le racontions sur Slate Afrique en 2015, près de 30.000 étudiants du continent africain viennent y passer une partie de leurs études. «Dans la seule ville de Kirkee, où j'ai travaillé durant la dernière décennie, j'ai rencontré des gens venus de Côte d'Ivoire, de République démocratique du Congo, du Nigeria, de Somalie, d'Ouganda. Mais malgré leur grand nombre, l'Inde n'est pas un pays accueillant pour eux», rapportait sur place un journaliste du site Quartz.
Le 29 mai 2016, une foule prenait violemment à partie des immigrés africains dans le village de Rajpur Khurd dans la région de Chhatarpur et blessait sept personnes. Le site The Indian Express a rapporté que les agresseurs, armés de battes de cricket, avaient crié des insultes racistes, comme «retournez en Afrique».
Au plus haut niveau de l'Etat, l'Inde ouvre pourtant volontiers ses bras aux dirigeants africains. Du 26 au 29 octobre 2015, 26 au 29 octobre, New Delhi accueillait le troisième sommet Inde-Afrique. «La diplomatie indienne a mis le paquet» pour cet évènement, affirmait à l'époque l'hebdomadaire Jeune Afrique.
La faute au système de castes?
Une facette de l'Inde que Zaharaddeen Muhammed ne verra sans doute jamais. Comme lui, Ibrahim Djiji Adam un étudiant libyen en commerce, écrit la difficulté pour s'intégrer sur place. «Nous sommes souvent vus comme des démons, comme des vendeurs de drogue ou des prostitués», témoigne-t-il.
Pour un ancien professeur en relations internationales à l'université de New Delhi, qui a observé le racisme envers les étudiants africains sur les bancs de l'université, «le système de castes rend plus facile pour les gens d'accepter d'autres formes d'expulsions».
#India has a thriving caste system, #racism against African students will grow. The govt must do more to protect #Africa-n students
— Dorcas Gwata (@zambezi40) 3 juin 2016
«L'Inde a un système de caste bien ancré. Le racisme contre les étudiants africains va continuer à croître. Le gouvernement doit faire plus pour protéger les étudiants africains», écrit sur le réseau social Twitter une internaute africaine.
Pour plus d'informations sur l'actualité, abonnez vous sur : notre chaîne WhatsApp
Lire aussi
- Drame à Douala : trois ouvriers chutent du 8e étage
- Cameroun : Joseph Fouda accusé d'escroquerie et d'espionnage
- Drame à Dschang : trois corps découverts à Mingmeto
- Diplomatie culturelle : Jean-Marc Châtaigner, plus loin, plus proche de Bangoulap
- Ebebda : une fille de 14 ans violée à la gendarmerie ?
LE DéBAT
- Afrique -Débat: Pourquoi la crise anglophone persiste au Cameroun?
- Divorces dans la diaspora camerounaise en Europe : explications ?
- Quand est-ce les Camerounais prendront enfin leurs responsabilités pour la gestion de leur équipe?
- Afrique : Quel droit à l'image pour les défunts au Cameroun ?
- Canada - Cameroun, Liberté de manifestation partisane au Cameroun : Encore une incurie liberticide de Biya Paul ?
POINT DU DROIT
- La problématique du changement de nom en droit comparé
- Les étapes et les frais de procédure du morcellement d'un terrain au Cameroun
- L'obtention d'un titre foncier au Cameroun à l'issue d'une vente de terrain
- Le jugement supplétif de rectification d'acte de naissance au Cameroun
- La procédure d'achat d'un terrain titré dans la ville de Yaoundé
partenaire
Vidéo de la semaine
Nadine de Liège: Retour triomphal à Lille Août 2026
Flore de Lille prépare son 06 Novembre 2026 à Sarcelles près de Paris
TEETY TEZANO à STRASBOURG Juillet 2026
AZIZ MOUNDE: HOMMAGE A ALAIN LE MIGNON
GASTON KELMAN décrypte NDAP BIKOKOO à Paris
Vidéo
Jeunesse engagée : retour sur la finale du Challenge PDF à Bruxelles
WILFRIED EKANGA À BRUXELLES : Il explique les objectifs du PDF, du MRC et les défis à venir
Charlotte Dipanda en concert à Bruxelles : une soirée qui restera dans les mémoires
Charlotte Dipanda au Cirque Royal : une première historique pour la musique camerounaise
Assassinat d'Anicet Ekanè : les révélations de sa sœur
il y a une semaine
Cameroun - Bus Mangwa Boy : 4h du matin, le drame de Ndikiniméki
France - CRISE DE LA SOIXANTAINE OU TRISTE RÉALITÉ ?
Turquie - Onana victime d'un accident : plus de peur que de mal
Cameroun - Ntimbane Bomo : l'article du Figaro est un message subliminal
Cameroun - Cédric Ketchanga : entre réussite entrepreneuriale et tempête médiatique
il y a un mois
Rd Congo - Archives minières de la RDC : la guerre des cartes avec la Belgique
France - Michael Olise accusé d'abandonner sa fille
France - Raïssa Zemoniako : l'ascension d'une femme qui s'impose dans le showbiz africain
France - Jacky M. du micro de journaliste au micro de chanteur
France - Festival Oumba 2026 : Teety Tezano illumine la scène avec une prestation magistrale
il y a un an