Cameroun - Filière porcine : Les éleveurs aux bords de l’implosion
© Le Jour : Adolarc Lamissia | 17 Jun 2016 10:06:56 | 11744Ils dénoncent le refus du Minepia leur refusant l’accès sur les marchés du Sud trois ans après l’épidémie de grippe porcine.
Les éleveurs et revendeurs de porcs des régions de l’Adamaoua, Extrême-Nord et Nord sont en colère. A l’origine l’incinération d’un camion de porcs à destination de Yaoundé et la fermeture du marché de porcs ainsi que la vente de la viande dans les marchés de l’Adamaoua. Et que dire de l’interdiction de transit même du porc à destination des régions méridionales. Selon les éleveurs de porcs ainsi que les revendeurs cette interdiction de la vente du porc venant du Nord dans les régions méridionales du pays vise a tué la filière mais surtout les pousser à l’abandon au profit des éleveurs du centre.
Plus de 100.000.000 F.Cfa de perte en six mois
A la délégation régionale de l’élevage des pêches et industries animales pour la région de l’Adamaoua, on est peu disert sur le sujet. « Ce que nous savons ce qu’il y a interdiction de vente de la viande de porc et surtout de son abattage. Nous ne faisons qu’appliquer la mesure de notre hiérarchie. Un arrêté du Minepia interdit dans ce sens. Les poste de contrôle vétérinaires sont là pour faire respecter la règlementation en vigueur » explique le délégué départemental du Minepia pour la Vina. Selon lui, il s’agit de la protection des consommateurs mais aussi d’éleveurs et des opérateurs du secteur. Ce que ne veut pas croire les acteurs de la filière porcine.
« On nous interdit la vente des porcs vers le sud du Cameroun. Nos collègues de Yaoundé eux ne sont pas inquiétés. Entre décembre 2015 et juin 2016 nous avons perdu plus de 500 porcs » s’alarme Justin Kamdem, un revendeur de porc de la ville de Ngaoundéré. Pour lui, les éleveurs et les revendeurs sont aux chômages. Et la mort de la filière porcine dans les régions septentrionales n’est qu’une question de temps. Ce que refuse de croire quelques éleveurs. « Nous allons continuer à nous battre pour notre secteur d’activité. Regardé comment est devenu notre marché. C’est vide parce que les vétérinaires viennent chaque fois abattre les porcs ici. Nous avons foi même si nous sommes au chômage » s’indigne Hamidou Jonas, un autre éleveur de Ngaoundéré Bibakla.
Les revendeurs et éleveurs de porcs des régions septentrionales sont clairs. Les pertes dans la filière porcine en l’espace de 6 mois se cahiffrent en plusieurs dizaines de millions de francs. Pour survivre ils sont obligés de faire dans la clandestinité. La filière ne s’est pas encore relevée de la peste porcine de 2012 et 2013 où les pertes se chiffraient déjà selon eux à plus de 2 .000.000.000 F.Cfa.
« Nous n’avons toujours pas reçu l’indemnisation promis après la peste porcine de 2012 et 2013. On dirait que le gouvernement veut tuer la filière. C’est notre vie l’élevage du porc » confie Jean Marc Maralossou, un éleveur de Yagoua.
Argument soutenu par Justin Kamdem un autre éleveur de Ngaoundéré et porte-parole de la fédération des éleveurs de porcs du Cameroun. Selon lui, en l’espace de six mois, les pertes subis par les éleveurs et les revendeurs se chiffrent à plus de 100.000.000 F.Cfa. Cette somme selon les entrepreneurs du secteur perdu dans les charges diverses.
Trois ans après l’épidémie de grippe porcine qui décimé près de 10.000 porcs pour la plupart abattu par les équipes de techniciens du ministère de l’élevage des pêches et industries animales. Aujourd’hui la filière porcine vie-elle ses derniers instants dans son basin de production des régions de l’Extrême-Nord et de l’Adamaoua ? Tel est la question au bout des lèvres des éleveurs et revendeurs des régions septentrionales.
Pour plus d'informations sur l'actualité, abonnez vous sur : notre chaîne WhatsApp
Lire aussi
- Pierre Njanka Beaka : du but légendaire aux bulles de l'excellence
- C2D : le Cameroun a remboursé 98% de sa dette envers la France
- Cacao : le Cameroun, la Côte d’Ivoire, le Ghana et le Nigeria s’allient
- Or fantôme : comment le Cameroun se fait piller
- Qui est Claude Owona Ekoto, la nouvelle Directrice régionale de la SFI ?
LE DéBAT
- Afrique -Débat: Pourquoi la crise anglophone persiste au Cameroun?
- Divorces dans la diaspora camerounaise en Europe : explications ?
- Quand est-ce les Camerounais prendront enfin leurs responsabilités pour la gestion de leur équipe?
- Afrique : Quel droit à l'image pour les défunts au Cameroun ?
- Canada - Cameroun, Liberté de manifestation partisane au Cameroun : Encore une incurie liberticide de Biya Paul ?
POINT DU DROIT
- La problématique du changement de nom en droit comparé
- Les étapes et les frais de procédure du morcellement d'un terrain au Cameroun
- L'obtention d'un titre foncier au Cameroun à l'issue d'une vente de terrain
- Le jugement supplétif de rectification d'acte de naissance au Cameroun
- La procédure d'achat d'un terrain titré dans la ville de Yaoundé
partenaire
Vidéo de la semaine
Flore de Lille prépare son 06 Novembre 2026 à Sarcelles près de Paris
TEETY TEZANO à STRASBOURG Juillet 2026
AZIZ MOUNDE: HOMMAGE A ALAIN LE MIGNON
GASTON KELMAN décrypte NDAP BIKOKOO à Paris
HERVE MATHOUX SON REGARD SUR LE FOOT AFRICAIN SES 10 DERNIRERE ANNEES
Vidéo
Jeunesse engagée : retour sur la finale du Challenge PDF à Bruxelles
WILFRIED EKANGA À BRUXELLES : Il explique les objectifs du PDF, du MRC et les défis à venir
Charlotte Dipanda en concert à Bruxelles : une soirée qui restera dans les mémoires
Charlotte Dipanda au Cirque Royal : une première historique pour la musique camerounaise
Assassinat d'Anicet Ekanè : les révélations de sa sœur
il y a une semaine
il y a un mois
États-Unis - Texas : Prison à vie pour un prêtre nigérian coupable d’agressions sexuelles sur ses paroissiennes
France - Le Dr Eric Tientcheu brille à l’Université Paris Panthéon Assas avec le prix de sa thèse
France - CAEN : KRISTHIA LOVE embrase la Fête de la Musique et s'impose comme la nouvelle voix du Bikutsi
Biya en Suisse : le pouvoir camerounais en suspens
SNK Foundation: Deux bourses de formation lancées à l'intention des jeunes étudiants camerounais
il y a un an